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ÉconomieFrance

Comment Nicolas Sarkozy descend vers la "France d'en bas"

Jean-Christophe Chanut

Publié le 13 mars 2012 à 14:12 - Mis à jour le 13 mars 2012 à 14:40

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Europe, fiscalité, social, toutes les propositions du candidat-président sont destinées à séduire la "France d'en bas", celle qui dit "non". Un positionnement assumé, dans la perspective du premier tour, pour faire oublier l'image du "président des riches".

Nicolas Sarkozy a de la suite dans les idées : tout faire pour se présenter comme le candidat du peuple de manière à faire oublier l'étiquette de "président des riches". Une attitude adoptée aussi bien quand il évoque les questions européennes que lorsqu'il aborde ses propositions économiques et sociale. Et, pour l'instant,  ce populisme parfaitement assumé semble fonctionner puisque, pour la première fois, un sondage (Ifop Fiducial pour Paris Match et Europe1) le donne devant François Hollande au premier tour, avec 28,5% des intentions de vote contre 27%. Il faut reconnaître que depuis son intervention sur France 2 en début de semaine dernière, le candidat-président bénéficie d'un très bonne séquence médiatique avec le meeting de Villepinte de dimanche et son passage sur TF1 lundi. Et ce n'est pas fini, car Nicolas Sarkozy va multiplier les déplacements cette semaine pour finir par un grand meeting à Lyon samedi. Autant d'occasions, pour le candidat-président de décliner son credo : " Une France forte pour défendre le peuple".

L'Europe de Schengen plutôt que que le pilotage de la BCE

Ainsi, sur l'Europe, alors qu'on l'attendait plutôt sur les questions de fédéralisme, du contrôle de la BCE et d'une meilleure intégration européenne, ce qui, somme toute, paraissait normal chez un homme qui a occupé durant un semestre la présidence de l'Union européenne et qui s'est confronté à la gestion de la crise grecque, Nicolas Sarkozy a pris son monde à contre-pied en menaçant de sortir la France de l'espace Schengen et en prônant une dose de protectionnisme européen. Une façon de s'adresser à la France du "non", celle, notamment, qui s'est opposée au projet de constitution européenne lors du referendum de 2005.

Le prisme est le même sur les questions économiques et sociales. Sur ces sujets, là aussi, c'est "la France d'en bas", comme disait Jean-Pierre Raffarin, qui est visée, afin de faire quelque peu oublier un bilan très critiqué. D'où ses propositions - nouvelles - d'impôt minimum sur les sociétés françaises qui réalisent la majorité de leur chiffre d'affaires à l'international ; d'où aussi l'idée de taxer les exilés fiscaux... proposition « empruntée » au PS ; d'où encore la volonté de choyer les artisans en répondant, enfin, positivement à l'une de leur vieille revendication : ne plus faire payer de cotisations sociales aux nouveaux artisans tant qu'ils n'ont pas réalisé de chiffres d'affaires, à l'instar de ce qui existe pour les auto-entrepreneurs. "C'est une bonne chose que nous demandions depuis longtemps. Il n'est pas normal de payer des charges avant de recevoir un premier paiement" rappelle Jean Lardin, le président de l'Union professionnelle artisanale (UPA).

"L'assistanat" en lieu et place de  la "solidarité"

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Même registre encore sur les problématiques sociales. Afin de séduire un électorat tenté par les sirènes lepénistes, Nicolas Sarkozy s'autorise un glissement sémantique très significatif en préférant parler "d'assistanat" et non de "solidarité" quand il évoque le RSA ou l'indemnisation du chômage... Sans parler de sa condamnation des "corps intermédiaires" et de son goût retrouvé pour le referendum. En revanche, pas un mot, ou presque, sur les déficits publics. Sujet qui fait davantage appelle à la raison qu'à l'émotion... "Nous ne voulons pas faire une campagne d'experts comptables" dit-on dans son entourage.
Une stratégie clivante peut-être payante au premier tour, même si Marine Le Pen - qui a obtenu ses 500 signatures - ne laissera pas le champ libre au candidat-président. Mais quid du second tour ? Le positionnement actuel de Nicolas Sarkozy rebute des franges entières de l'électorat centriste. Pour ne pas définitivement les perdre alors qu'il ne dispose de quasiment aucun réserve de voix, Il va bien falloir à Nicolas Sarkozy faire mouvement vers son centre.

Jean-Christophe Chanut

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