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ÉconomieFrance

Fiscalité, immigration, Europe : Hollande tente de reprendre l'initiative

latribune.fr (avec AFP)

Publié le 15 mars 2012 à 21:49 - Mis à jour le 15 mars 2012 à 22:06

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Le candidat socialiste a réagi hier sur France 2 à sa baisse de forme dans les sondage, en précisant son projet fiscal et s'est montré ferme sur l'Europe. Il a affirmé que le Parlement français ne ratifiera pas le nouveau traité budgétaire en l'absence de mesures sur la croissance. Une façon de s'adresser à son tour à la France du "Non".

François Hollande a contre-attaqué jeudi soir sur France 2, en faisant plusieurs annonces sur la fiscalité et l'immigration, au moment où il stagne dans les sondages quand Nicolas Sarkozy remonte légèrement et que Jean-Luc Mélenchon enregistre une poussée.

Répliquant aux accusations de flottement dans ses mesures annoncées pour la taxation des hauts revenus, le candidat PS a annoncé, lors de l'émission "Des paroles et des actes", son intention de "rétablir", s'il était élu à l'Elysée, le "plafonnement" des impôts directs nationaux à 85% des revenus d'un contribuable.

Mais il a affirmé que ce "plafond" n'avait "rien à voir" avec le bouclier fiscal supprimé l'an dernier, ni avec l'introduction qu'il a promise d'une tranche d'impôt à 75% pour les revenus supérieurs à un million d'euros par an. "Il n'y aura pas de modulation, il n'y aura pas de plafonnement" de l'impôt à 75%. Il a également annoncé vouloir taxer les exilés fiscaux en Belgique, Luxembourg et Suisse, par le biais d'une renégociation des conventions fiscales avec ces pays. Une proposition qui s'apparente à celles de Nicolas Sarkozy et de Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche).

Taxé de mollesse par le camp du président-candidat sur l'immigration, il a annoncé la création s'il était élu le 6 mai, d'"une brigade spécialisée de lutte contre les filières clandestines" d'immigration et "les passeurs". Mais surtout, il a promis que chaque année, le Parlement aurait à fixer des quotas d'immigration économique.

M. Hollande a aussi voulu se montrer ferme sur l'Union européenne, où il peine à imposer sa stature. Assurant que "ce n'est pas Mme Merkel qui décide au nom de tous les Européens", il a réaffirmé sa volonté de mesures pour relancer la croissance. Faute de quoi le Parlement français ne ratifierera pas le Traité budgétaire, a-t-il dit. Une annonce destinée à séduire la France du "Non" et à l'électorat de Jean-Luc Mélenchon, qui fait campagne sur le refus de l'austérité européenne. Mis en difficulté sur la manière dont il réduirait les déficits, alors que 91% des mesures de redressement qu'il propose repose sur des hausses d'impôt, François Hollande a réitéré compter sur le retour de la croissance, sachant que l'augmentation de la dépense publique sera limitée à 1% par an.

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Sur la conduite de sa campagne, François Hollande a affirmé maintenir le cap. "Je travaille et je ne sors pas de la ligne dans laquelle je me suis orienté dès le départ: la cohérence, la constance et la confiance", a-t-il réaffirmé, invité pour la deuxième fois de cette émission, son dernier grand rendez-vous médiatique avant l'application de l'égalité de temps de parole entre candidats le 20 mars.

Il a relancé l'offensive contre le candidat UMP tombé selon lui "dans l'excès" et "la vulgarité", se posant de son côté en "rassembleur" qui veut faire primer "la morale et la cohésion". Brièvement, il s'est même mis dans la peau d'un "président". "Il y a eu pendant des décennies des guerres scolaires. je ne vais pas les rallumer. Je suis le président qui rassemble, je ne vais pas commencer à divisier", a-t-il dit.

"Je ne suis pas dans l'improvisation, je ne sors pas des mesures à chaque émission de télévision", a-t-il aussi lancé dans une pique récurrente contre "le candidat sortant". Son tassement dans les sondages, dont deux le donnent cette semaine devancé ou à égalité avec M. Sarkozy au premier tour? "Je n'ai jamais pensé que ce serait facile", a-t-il répondu.

M. Hollande a également relativisé la poussée de Jean-Luc Mélenchon dans les enquêtes d'opinion, au-dessus de 10%, soulignant que le candidat du Front de gauche avait "une fonction tribunicienne, au meilleur sens du terme" mais qu'il avait tout de même "plutôt plus de chances" que lui d'accéder à l'Elysée. Sans employer l'expression, il a de nouveau appelé au vote utile dès le premier tour, parlant d'"un vote essentiel", alors qu'avec 5 ou 6 candidats de gauche il y "aura des pertes en ligne".

À lire également

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Confronté à Jean-François Copé, M. Hollande s'est appliqué à enfermer le secrétaire général de l'UMP dans le registre de l'agressivité, tournant en dérision ses attaques tous azimuts, dans une certaine cacophonie.

AFP

latribune.fr (avec AFP)

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