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J-2 : Hollande évoque l'après-campagne, Sarkozy prévoit un résultat "serré"

Marina Torre (avec agences)

Publié le 04 mai 2012 à 14:01

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Avant leurs derniers discours publics, François Hollande et Nicolas Sarkozy ont chacun donné leur analyse de cette fin de campagne à la radio. Le premier a évoqué l'après-élection, se refusant à imaginer le moindre "état de grâce s'il est élu". Le second, quant à lui, prévoit un scrutin au coude à coude.

Dernier jour de campagne. Les deux candidats participeront chacun à leurs dernières réunions publiques. Le président-candidat s'est rendu Sables d'Olonne en Vendée avant une dernière allocution sur France 3 ce soir. Son rival socialiste était attendu en Lorraine, haut lieu de la sidérurgie où Marine Le Pen a recueilli près de 24% des voix au premier tour. Après son discours à Forbach, François Hollande doit de se rendre à Périgueux en fin d'après-midi.

François Hollande n'attend pas de "délai de grâce" en cas de victoire

"Je représente ici la gauche, sans doute, mais déjà plus que la gauche. Je représente tous les républicains, les humanistes, ceux qui sont attachés à des valeurs et des principes", a déclaré le candidat PS lors d'une visite à Hombourg-Haut, en Moselle. Reprenant une posture de rassembleur, François Hollande s'est adressé aux électeurs qui ne voteraient pas pour lui dimanche en leur signifiant qu'ils sont "bienvenus pour le redressement de notre pays".

Ce vendredi matin, il avait déjà évoqué la perspective d'une victoire. "Je n'ai pas de délai de grâce, c'est à dire que tous les choix que je devrai faire devront être justes et cohérents", a-t-il ainsi prévenu au micro de RTL. A l'idée d'occuper la fonction de président, François Hollande a reconnu une certaine "appréhension". "Je sais ce qui m'attend", a-t-il précisé pour expliquer ce sentiment. Il a également jugé le quinquennat de son adversaire. Selon lui, Nicolas Sarkozy "a commis ses erreurs, ses fautes", notamment "le paquet fiscal voté dans l'été qu'il a traîné tout au long de son quinquennat" ainsi que "les injustices qui lui ont coûté fort cher, les erreurs de choix de personnes, d'attitude, de connivence" qu'"il a aussi assumées pendant les cinq ans de son mandat".

Sur un tout autre sujet, François Hollande a exprimé sa volonté de permettre aux automobilistes de récupérer plus rapidement leurs points sur leurs permis grâce à un "accompagnement". Sans faire de concession sur la sécurité, il a tenu à indiquer qu'il ne cherchait pas "quelques suffrages" supplémentaires avec une telle annonce.

Par ailleurs, interrogé sur des photographies publiées dans le magazine VSD le montrant en train de faire ses courses, le député de Corrèze s'est défendu de toute mise en scène. Il a raconté qu'un photographe l'avait surpris dans une épicerie et ajouté : "je fais mes courses et personne ne les fait à ma place", regrettant dans une certaine mesure l'aspect protocolaire de la fonction présidentielle.

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Pour Nicolas Sarkozy, l'élection "se jouera à très peu de choses"

De son côté, Nicolas Sarkozy s'exprimait ce vendredi au cours de l'émission matinale d'Europe 1. Il y a prédit une forte mobilisation des électeurs dimanche. "Je sens une mobilisation comme jamais je n'en ai connue depuis que je me suis engagé dans la vie politique", a-t-il confié. Pour le président-candidat, l'issue du scrutin "se jouera à très peu de choses" entre son adversaire et lui. Pour l'heure, si l'écart se ressert dans les derniers sondages, François Hollande en ressort encore gagnant avec entre 52,5% et 53,5% des voix. Lors de son déplacement aux Sables d'Olonne, Nicolas Sarkozy en a appelé à "la majorité silencieuse" dont il attend un sursaut. "Vous n'imaginez pas à quel point les choses vont se jouer sur le fil du rasoir", a-t-il insisté.

Au cours de ce déplacement en Vendée, le président-candidat a dénoncé une campagne de dénigrement dont il s'estime victime, parlant à cet égare d' "injures" de "calomnie" et de "torrents d'outrance". "J'ai été traité de Franco par (Michel) Piccoli, de Laval par l'aimable Mélenchon, de Pétain par le Parti communiste", s'est-il ému. Comme lors du débat de mercredi soir, Nicolas Sarkozy est aussi revenu sur la comparaison entre le rassemblement du Trocadéro le 1er mai avec les meetings hitlériens de Nuremberg, sans citer cette fois l'auteur de ce parallèle, le généticien Axel Kahn.

Devant près de 2.500 personnes, selon les organisateurs, le candidat de l'UMP a une fois de plus justifié son choix de s'adresser aux électeurs de Marine Le Pen. "Qui sont-ils, quels sont leurs titres de gloire (...) ceux qui veulent m'empêcher de parler à 6,5 millions d'électeurs de Marine Le Pen?" a-t-il demandé, ajoutant "Je ne l'accepte pas, ce n'est rien d'autre qu'une forme de racisme et d'intolérance".

Plus tôt dans la journée, alorsq u'il était interrogé par des auditeurs d'Europe 1 sur sa position vis-à-vis du Front national, le candidat de l'UMP avait taclé "la PME familiale Le Pen", estimant que la fille ne se démarquait pas de son père. "J'ai toujours été opposé, je continuerai à y être opposé",  a martelé Nicolas Sarkozy, dissociant le parti frontiste des électeurs auxquels il s'est clairement adressé entre les deux tours. Concernant Marine Le Pen et son père, il a précisé : "Je ne partage pas un certain nombre de leurs valeurs tenant sur la priorité nationale, l'immigration zéro ou les bonnes blagues de M. Le Pen qui, moi, ne m'ont jamais fait rire".

Incompréhension à droite après la décision de François Bayrou

Le choix, personnel, de François Bayrou de glisser dimanche un bulletin Hollande dans l'urne, a surpris le Premier ministre. Pour François Fillon, il est même "incompréhensible", a-t-il déclaré sur France Inter. Le chef du gouvernement a indiqué avoir discuté du scrutin avec le chef de file des centristes et évoqué avec lui "l'avenir du pays, la question de la dette, la question du programme économique de François Hollande". Selon François Fillon, cette décision du représentant du MoDem "est contraire à tout ce qu'il a dit pendant sa campagne".

De son côté, Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP a critiqué une "défection lamentable" qui représente à ses yeux une "nouvelle illustration qu'il n'y a pas de centre fort".

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La journée de ce vendredi était aussi marquée par la polémique après le lapsus de Gérard Longuet (UMP). Alors que le ministre de la Défense s'expliquait sur un entretien donné à l'hebdomadaire Minute, il a parlé de son parti en disant : "nous, au Front national", avant de se reprendre.

Marina Torre (avec agences)

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