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ÉconomieFrance

Rencontre Hollande-Merkel : un coup de foudre?

latribune.fr (source AFP)

Publié le 16 mai 2012 à 05:04 - Mis à jour le 16 mai 2012 à 05:04

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Après que la foudre a frappé le Falcon présidentiel retardant son arrivée à Berlin, François Hollande a rencontré Angela Merkel pour la première fois en tant que chef de l'Etat. Ensemble, ils ont fait front commun pour afficher un soutien solide à la Grèce, mais n'ont pas caché leurs divergences sur la question de la croissance tout en affirmant une "volonté de dialogue" sur ce point.

Hormis la foudre, la rencontre entre François Hollande et Angela Merkel s'est déroulée comme prévu mardi en fin de journée. La chancelière Angela Merkel et le président François Hollande ont affiché mardi une solidarité sans faille pour la Grèce en pleine tourmente, tout en admettant leurs différends sur la politique de croissance à mener en Europe, lors de leur première rencontre. "Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro", a déclaré la chancelière. "Je souhaite comme Mme Merkel que la Grèce reste dans la zone euro", a renchéri le nouveau président Français, en visite à Berlin quelques heures après son investiture.

Tous deux se sont dits prêts à réfléchir à de nouvelles "mesures de croissance" pour aider le pays, en plein chaos politique et qui se prépare à de nouvelles élections. Athènes doit organiser de nouvelles élections législatives au mois de juin dans un contexte d'instabilité qui avive les craintes d'une sortie de la Grèce de la zone euro. Une éventualité à laquelle même le Fonds monétaire se prépare, comme l'a laissé entendre sa directrice générale Christine Lagarde hier. Par opposition, la chancelière allemande a affirmé que la France et l'Allemagne étaient "conscientes de la responsabilité qu'elles ont" pour l'Europe et que les deux pays avaient "le devoir" de travailler ensemble.

Une volonté de dialogue

Au delà de l'urgence grecque, les deux dirigeants n'ont pas essayé de masquer leurs divergences, mais ils ont insisté sur leur volonté de dialogue pour les surmonter. François Hollande, qui veut accorder plus d'importance à la croissance en Europe là où la chef du gouvernement allemand donne la priorité à la rigueur, s'est dit "prêt à tout mettre sur la table lors du conseil européen (du 23 mai), y compris les euro-bonds", des obligations communes européennes, jusqu'ici un tabou pour l'Allemagne.

François Hollande a aussi maintenu qu'il voulait rediscuter du pacte européen de discipline budgétaire pour y adjoindre un volet croissance. "La méthode à laquelle nous avons convenue consiste à mettre toutes les idées, toutes les propositions et voir ensuite quelles sont les traductions juridiques pour les mettre en oeuvre", a-t-il dit.

En début de soirée, le président français avait été reçu à Berlin avec les honneurs militaires, puis avait eu un entretien d'une heure avec la chancelière. Ils ont échangé poignées de main et sourires devant une foule de photographes. Le voyage du président avait été marqué par un incident, son avion ayant été touché par la foudre et contraint de faire demi-tour. ìl était finalement reparti vers sa destination à bord d'un autre appareil, entraînant un retard d'une heure sur le programme.

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Différend sur le volet croissance

Avant d'être élu, François Hollande avait annoncé vouloir rouvrir les négociations sur le traité budgétaire - adopté en mars dernier par 25 des 27 pays de l'UE et déjà ratifié par plusieurs d'entre eux - pour y ajouter des mesures de croissance, ce à quoi Angela Merkel s'oppose fermement. La chancelière avait refusé de rencontrer le candidat socialiste avant le scrutin français, soutenant ostensiblement son rival, Nicolas Sarkozy, conservateur comme elle. François Hollande avait quant à lui souhaité le changement à Berlin.

Angela Merkel et François Hollande ne parlent pas le même langage sur la croissance. La chancelière envisage des mesures structurelles, notamment des réformes du marché du travail, là où le président français plaide pour le financement de grands projets. Pourtant, la chancelière a assuré qu'il y avait "des points d'accord" avec François Hollande sur la croissance, reconnaissant qu'il s'agissait d'un "concept général" qui pouvait recouvrir différents types de mesures et admettant aussi "des signes de divergences".

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Revenant sur l'épisode de la foudre qui a touché l'avion présidentielle, elle a plaisanté en déclarant y voir un signe positif. "peut-être est-ce un bon présage pour la coopération" entre la France et l'Allemagne, a-t-elle dit. La nomination au poste de Premier ministre de Jean-Marc Ayrault, ancien professeur d'allemand et fin connaisseur de l'Allemagne, constituait aussi mardi un signal positif pour Berlin.

latribune.fr (source AFP)

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