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ÉconomieFrance

Fillon a officiellement lancé la bataille pour le contrôle de l'UMP

latribune.fr

Publié le 01 juillet 2012 à 11:02 - Mis à jour le 01 juillet 2012 à 11:03

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La bataille pour la présidence de l'UMP est bien lancée: François Fillon est entré officiellement dans la danse, Jean-François Copé fait lui aussi déjà campagne mais refuse de bousculer son calendrier et Alain Juppé se tient prêt à jouer les recours pour éviter un duel fratricide.

Alors que les rumeurs faisaient état d'une déclaration d'ici à la mi-juillet, l'ex-Premier ministre, silencieux depuis les législatives, a mis fin à un vrai-faux suspense hier, samedi soir, par un simple "Je suis candidat à la présidence de l'UMP !" lancé sur Twitter, assorti d'un entretien au Journal du dimanche.

Après le ralliement de Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez, François Fillon appelle "tout le monde au rassemblement" et refuse de "(s)'enfermer dans les limites étroites d'un clan ou d'une sensibilité", une pique à son rival, souvent accusé par ses opposants d'être "clanique".

Il est le premier à se porter officiellement candidat à la présidence du parti, qui fera l'objet d'un vote des militants lors d'un congrès en novembre. En mai, en pleine campagne des législatives, Fillon, jugé parfois trop velléitaire par ses détracteurs, avait déjà lancé les hostilités en affirmant que, depuis le départ de Nicolas Sarkozy, il n'y avait "plus de leader naturel" à l'UMP.

Face à lui, le secrétaire général de l'UMP n'est pas encore en lice mais le match aura bien lieu. Prêt à offrir à son rival la "première vraie confrontation de sa vie", Jean-François Copé pourrait se lancer le 26 août à Maussane lors du rassemblement annuel de ses partisans dans les Alpilles. Se voulant imperturbable, il n'a pas immédiatement réagi à la déclaration de son rival. Il devait s'exprimer dimanche à l'occasion de la fête départementale de l'UMP de Seine-Saint-Denis puis au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. Mais ses proches ont déjà minimisé ce "non-événement" et évoqué une candidature à "contre-temps". "La surprise, ça aurait été que Fillon ne soit pas candidat", indique son entourage.

A la veille de "la déclaration de politique générale de Jean-Marc Ayrault, la priorité, c'est d'organiser l'opposition parlementaire et non pas la présidence de l'UMP", a asséné le patron des députés UMP Christian Jacob, dont la facile réélection il y a dix jours face à Xavier Bertrand, allié de François Fillon, avait permis au camp Copé de remporter une première manche.

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"Quelques signes sur Twitter... François Fillon ne laisse pas de m'étonner et plus de me choquer", a lâché Marie-Louise Fort, députée de l'Yonne. "Pourquoi tant de précipitation ? Cessons ce bal des égos (...) Quand on veut présider aux destinées d'un mouvement ou d'un pays, ça se mérite!" Cette entrée en lice était au contraire "rendue nécessaire par l'agenda politique national", leur a répondu Valérie Pécresse, car François Fillon est à la fois "le premier défenseur (du bilan), le premier opposant (au pouvoir) et le premier rassembleur de la droite".

Largement distancé dans les sondages auprès des sympathisants UMP -même si Fillon accuse une chute de 10 points auprès d'eux dans le dernier baromètre CSA- Copé temporise et mise sur les militants, beaucoup plus à droite et seuls à pouvoir voter en novembre, en faisant assidûment le tour des fédérations. En se lançant tôt, Fillon, fort d'une belle cote de popularité, veut imposer sa candidature comme une évidence et un atout majeur pour la droite dans la perspective de 2017 et faire apparaître Copé comme un diviseur.

Le camp Copé voit dans cette "précipitation" un "signe de fébrilité". "Fillon sait qu'il est en retard chez les militants et avait peur de se faire doubler par Alain Juppé", qui n'exclut pas se lancer dans la course prochainement, analyse un député "non aligné". Le maire de Bordeaux s'alarme du duel Fillon-Copé, "inutile et dangereux" et, promettant de ne pas viser 2017, se pose en recours. Un parfait président "de consensus", plaident déjà ses partisans.

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