Sécurisation de l'emploi : les syndicats abordent les négociations désunis

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Vendredi 14 septembre, patronat et syndicat vont entamer la difficile négociation sur la réforme du marché du travail et la sécurisation de l'emploi, souhaitée par le gouvernement. Les organisations syndicales se divisent sur le fait de savoir s'il convient d'accepter, ou non, de négocier sur davantage de flexibilité comme le souhaite le Medef. Des bisbilles aggravées par la tenue, pour la première fois en France, d'une élection sur la représentativité syndicale dans les très petites entreprises qui exacerbe la concurrence entre les organisations.

Cette fois, c?est parti. Vendredi 14 septembre, les représentants des organisations patronales et syndicales se retrouveront au siège du Medef pour entamer la grande négociation sur le fonctionnement du marché du travail et la sécurisation de l'emploi, souhaitée par le gouvernement. Comme souvent dans ces circonstances, cette première réunion consistera surtout à fixer le calendrier et la méthode de travail. Car, en réalité, ce n?est pas une négociation mais au moins trois que doivent ouvrir les partenaires sociaux : outre le marché du travail, ils doivent aussi se pencher sur le contrat de génération et les institutions représentatives du personnel (IRP). Aux négociateus donc de trouver le moyen d?articuler au mieux ces différentes discussions.

Les syndicats divisés sur la flexibilité

Sur le fond, il est très loin d?être certain que les cinq organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC) et les trois organisations patronales (Medef, CGPME et UPA) parviennent à un accord sur la sécurisation de l?emploi et le fonctionnement du marché du travail. A ce stade, les hiatus semblent en effet nombreux, non seulement entre patronat et syndicats mais, surtout, entre les organisations syndicales elles mêmes. Ainsi, à ce stade, la CGT et FO ne veulent pas entendre parler de flexibilité supplémentaire. Peu importe pour ces deux organisations que la nouvelle majorité aient renoncé à reprendre l?expression de Nicolas Sarkozy qui parlait "d?accord compétitivité-emploi". Pour Bernard Thibault et Jean-Claude Mailly, les leaders respectifs de la CGT et de FO, même s?il y a eu un effort sur la sémantique employée, en réalité, sur le fond, ils considèrent que les intentions du nouveau gouvernement sont les mêmes : parvenir à une plus grande souplesse pour les entreprises. Ceci dit, dans un entretien au quotidien "Le Monde" (daté du 13 septembre), Bernard Thibault ne ferme pas complètement la porte à la négociation d?un système de "flexisécurité". Dès lors qu?il s?agit "d?une Sécurité sociale professionnelle négociée au niveau interprofessionnel et dans les branches, alors que le Medef ne conçoit le droit que entreprise par entreprise"? François Chérèque (CFDT), lui, se dit d?accord pour négocier sur la flexibilité. Mais avec plusieurs idées en tête. D?abord, en contrepartie, en diminuant les recours aux emplois précaires (CDD et intérim) ; ensuite en construisant un modèle à trouver de "flexisécurité" qui permettrait à un salarié victime d?une restructuration de conserver un revenu et une protection sociale, tout en suivant une formation. Un dispositif qui pourrait passer dans un premier temps par une simplification et une amplification du mécanisme du chômage partiel. De son côté, le président de la CFE-CGC, Bernard Van Craeynest, qui tenait ce mercredi 12 septembre sa conférence de rentrée, s?est dit d?accord pour négocier des mesures d?adapation dans les entreprises. "Chez Sevelnord, à Air-France, nous avons prouvé que nous savions prendre nos responsabilités". Mais pas question, selon lui, qu?un salarié se fasse ainsi imposer une modification susbstantielle de son contrat de travail. Il faut que ce type d?accord soit approuvé par au moins 50% des salariés, qu?il soit à durée déterminée de deux ans maximum et qu?il y ait des clauses de revoyure". Surtout, insiste t-il, pour éviter de se retrouver dans de telles situations, "il faut que les représentants du personnel soient associés très en amont à toutes les décisions de l?entreprise".

La première élection de représentativité syndicale vient troubler le jeu

Bref, ce n?est pas gagné. D?autant plus qu?un élément conjoncturel va venir encore perturber des négociations déjà suffisamment ardues sur le fond. C?est en effet entre le 28 novembre et le 12 décembre que les 4,5 millions de salariés qui travaillent dans les entreprises de moins de onze salariés sont appelés, pour la premières fois, à participer à une "élection de représentativité" pour déterminer quels sont les syndicats les plus représentatifs. En fonction du résultat de cette élection, agrégé aux résultats des élections des délégués du personnel et des comités d?entreprise dans les plus grands établissements, en 2013, sera établie la liste des organisations syndicales jugées représentatives au niveau national. Les seules habilitées à conclure des accords interprofessionnels. Globalement, seuls  les syndicats ayant obtenu aux moins 8% des votes seront  les heureux élus. Si la CFDT et la CGT n?ont aucun souci à se faire, en revanche, les choses s?annoncent nettement moins confortables pour FO et la CFTC ? la CGC, syndicats catégoriel, devrait s?en sortir - qui jouent là, peut-être, leur survie comme organisation nationale. Un enjeu qui ne conduit pas forcément à accepter des compromis. Au contraire, il conduit plutôt à adopter une posture combative pour monter son utilité? Cette élection pousse ainsi à la concurrence entre syndicats. D?où la multiplication des petites phrases. Ainsi, Jean-Claude Mailly, dénonçant le "social libéralisme" de la CFDT ;où encore Bernard Thibault qualifiant de "nouveau duo de la rentrée, le Medef et la CFDT"?

Des bisbilles qui, paradoxalement, ne font pas vraiment la joie du Medef. En effet, l?organisation patronale préfèrerait encore parvenir à un compromis avec les syndicats plutôt que, en cas d?échec des négociations, se voir imposer par le gouvernement un texte de loi réformant le marché du travail.

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a écrit le 13/09/2012 à 16:19 :
En dictature d'Etat, la comptabilité est truquée: les vieux ont une retraite, mais les jeunes n'y ont pas droit, ni au travail, ni au salaire... c'est un système esclavagiste en perdition. Imaginez que l'Etat refuse de donner du travail aux thésards et masters qu'il a lui même formés, ce faisant il refuse même de leur payer les allocations sociales. C'est par volonté d'éliminer les gens. Qui veut vivre dans un tel système, à la mode du Sud, tenu par des bourreaux qui liquident tout le monde... Avant de parler emploi, il faut parler utilisation correcte des qualifications. Imaginez un peu que dans notre système tenu par des ânes, un master en agronomie est obligé de faire des programmes, choses à laquelle il n'y connait rien.
a écrit le 13/09/2012 à 9:59 :
c'est le privé qui embauche et dans le privé les syndicats c'est 3% alors ,négocier quoi ??,, surtout que ces syndicats pour préserver leur clientele de fonctionnaires n'hesite pas à aller contre le privé ex l'égalité au niveau des retraites
a écrit le 13/09/2012 à 9:28 :
J'ay crois autant qu'au Grenelle de l'Environnement, c'est pas peu dire ;-) Ils vont encore se palucher des commissions avec des effets de manche, des petites phrases des envolées lyriques et il en débouchera RIEN, NADA ni pour les petits patrons ni pour les salariés, ni pour les chomeurs, ni pour les jeunes et seniors sans emploi..... Si ce n'est que ces Messierus Dames auront monopolisé les medias sur leur nombril et consolidé leurs positions afin de préerver leurs sièges dans ces commissions, petits déjeuners, tours de table, conférences bidons et qu'on paiera avec nos impôts pour les voir faire..... Comme d'ab' passe ton chemin petit Peuple.
a écrit le 13/09/2012 à 9:23 :
Nous les demandeurs d'emplois en précarité ont veut juste : le respect du code du travail et un emploi. En réalité on est pas contre tous les patrons, "nuance" mais contre les investisseurs spéculatifs et les patrons voyous qui ne porte même pas d'amour à leurs entreprises et qui s'en servent que pour faire du fric sur le court terme. On veut du savoir-faire, de la qualité dans le travail, un salaire pour vivre raisonnablement. Côté flexibilité,ok mais a condition que le salarié et le droit comme l'employeur d'user de la même flexibilité à son avantage. Ex : il peut se séparer de nous plus facilement, mais nous aussi on peut plus facilement le quitter pour nous rendre plus compétitif et libre pour un meilleur emploi. Comme cela, l'employeur qui veut garder un bon travailleur devra tout faire pour le garder, de même pour le salarié = l'équilibre. Enfin côté formation, il faut juste permettre au gens de se former avec qualité dans toutes la France, donc fournir de bonne formation en nombres et des cours du soir, ce qui permet de cumuler emploi et formation !
Réponse de le 13/09/2012 à 10:27 :
Banco !! Il existe le modèle autrichien : "Aucun motif n'est nécessaire pour licencier, les entreprises doivent juste respecter un préavis variant, selon l'ancienneté, de six semaines à cinq mois. Depuis 2002, les indemnités de licenciement, déjà faibles, ont été encore allégées : chaque mois, l'employeur verse sur un compte une cotisation équivalente à 1,53 % de la rémunération brute, somme récupérée par le salarié à son départ, volontaire ou non, de l'entreprise. " ça se passe en Europe et c'est un pays qui atteint ...4,5 % de chômage !!! ... à méditer, non ???
a écrit le 13/09/2012 à 8:20 :
On tourne en rond.Rien de positif ne sortira de ces négociations. La mondialisation débridée, une finance toute puissante sont les cancers qui détruisent nos modes de vie. L'évolution est nécessaire, mais pas en flexibilisant, en précarisant et en abêtissant les peuples.
a écrit le 13/09/2012 à 8:20 :
On tourne en rond.Rien de positif ne sortira de ces négociations. La mondialisation débridée, une finance toute puissante sont les cancers qui détruisent nos modes de vie. L'évolution est nécessaire, mais pas en flexibilisant, en précarisant et en abêtissant les peuples.
a écrit le 13/09/2012 à 7:47 :
les syndicats ' sont contre' et ' vont tt casser'... maintenant il n'y a plus qu' a trouver une raison... on connait la musique !
a écrit le 12/09/2012 à 23:02 :
les syndicats feraient mieux de s'intéresser à tous ceux qu'ils n'ont jamais défendus, les petits salairés du privé et les polypensionnés et d'essayer de convaincre les agents d'EDF et de la SNCF , les contrôleurs aériens...... de partager leurs privilèges avec les autres salariés car c'est tout le monde qui payent pour eux .Vive le partage .
Réponse de le 13/09/2012 à 5:54 :
Eh POLY, t'es tu une fois syndiqué ?
Réponse de le 13/09/2012 à 9:52 :
juste analyse ....la revolte est enevitable avec tant d injustice
Réponse de le 13/09/2012 à 10:29 :
Poly = plusieurs ?? t'es un cumulard, toi !!!
Réponse de le 13/09/2012 à 11:29 :
Voici deux sites où vous pourrez postuler pour intégrer les paradis des salariés :
www.sncf.com
www.edf.com

Postulez pour faire parti des "nantis".

PS : vous pourriez être surpris une fois recruté, méfiez-vous.
Réponse de le 13/09/2012 à 16:25 :
Eh oui deux, poids deux mesures, la sécurité pour les uns, le chômage à vie pour les autres...
a écrit le 12/09/2012 à 22:16 :
les syndicats actuels sont les responsables de ces situations catastrophiques, trop de blocages, aucunes possibilité d'essayer autre chose, trop de politisation de la classe syndicale. Tout le monde veut conserver ses acquis, personne ne veut faire d'efforts. alors continuez,, quand il n'y aura plus le choix ils seront bien obligé de ceder au libéralisme. J'espère qu'ils feront preuve d'intelligence avant un désastre.
a écrit le 12/09/2012 à 21:12 :
Avis aux syndicats : le meilleur moyen de sécuriser l'emploi, c'est de faire en sorte que les chômeurs retrouvent vite du travail : pour cela une seule solution viable (parce que augmenter les effectifs de la fonction publique ou les emplois subventionnés, c'est pas viable ! ) : Donnez envie aux entrepreneurs (je parle des petits, pas du CAC40) de créer des emplois : pour cela, il faut un contrat unique (plus de CDD, interims, etc) que l'on peut interrompre librement moyennant préavis et indemnités proportionnels à l'ancienneté ! Rajoutez une dose de simplification administrative (code du travail, fiches de paie, ...), une dose de suppression des effets de seuil à 10/20/50 salariés (par exemple les 10e et 11e salariés sont exonérés à 100% de charges sociales, ce qui adoucit le "cap" du 10e salarié) et saupoudrez le tout d'une baisse des charges sur les salaires. Avec cette recette, je suis persuadé que vous obtiendrez la plus belle des croissances depuis les 30 glorieuses !!!.... on essaye ??!
Réponse de le 12/09/2012 à 21:22 :
235.000 chômeurs de plus cette année, ça pourrait peut-être vous motiver à y réfléchir, non ?? (je dis Vous - les syndicats-!)
Réponse de le 13/09/2012 à 8:53 :
Tout à fait juste, et si il y a des période de baisse de l'eloi c'est pour mieux le faire repartir après. C'est comme ça et pas autrement. Je dirais que la suppression de smic serait aussi pas mal et enfin l'obligation d'accepter un des 3 emplois ou formation proposée par pôle emploi serait aussi un bon levier
Réponse de le 13/09/2012 à 10:31 :
à noter que dans ma suggestion, il y a une contrepartie en faveur du salarié : il toucherait cette indemnité même en cas de démission ! et il y a une augmentation de la durée de préavis !
Réponse de le 13/09/2012 à 11:30 :
@Lyon69 : vous voyez juste. Mais nos dirigeants vont nous construire une superbe usine à gaz dont personne ne comprendra rien...

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