Comment Moscovici et Copé font «parler» Moody's

Selon Jean-François Copé, Moody's sanctionne l'absence de réformes engagées par François Hollande. Pour le ministre de l'Économie, c'est l'ancienne majorité qui est au contraire à l'origine de la "dégradation" de la note de la France. Moody's donne en fait raison aux deux...

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Copyright Reuters (Crédits : <small>Reuters / BFM TV</small>)

C'est pas moi, c'est l'autre... comme dans une cour de récréation, Pierre Moscovici impute la «dégradation» de la note française par Moody's au vilain petit camarade qui était aux commandes jusqu'au mois de mai, et n'aurait pas bien fait son travail. D'une phrase, le ministre de l'Economie résume le message de l'exécutif, concernant cette décision de l'agence de notation: «elle sanctionne avant tout la situation dont nous avons hérité». C'est la «sanction des errements du passé» renchérit un proche de François Hollande.
Jean-François Copé ne voit pas les choses sous cet angle, évidemment : c'est parce que «le gouvernement n'a pas engagé les réformes nécessaires» que la France est aujourd'hui sanctionnée, affirme-t-il. Moody's aurait observé l'action de François Hollande pendant six mois, avant d'en tirer un avis négatif.

Moody's ne fait pas oeuvre d'historien
En fait, comme souvent, chacun a à la fois tort et raison. Bien évidemment, Moody's ne s'appesantit pas sur le passé. Une agence de notation se préoccupe des risques à venir, elle ne fait pas ?uvre d'historien. Quand elle évoque les perspectives de croissance à long terme, qui lui apparaissent assez faibles, le redressement plus qu'incertain des finances publiques -en liaison avec une économie peu dynamique-, la résistance de l'économie française aux chocs externes de plus en plus ténue, soit les trois principaux arguments avancés par l'agence, celle-ci ne cherche manifestement pas à sanctionner l'action de précédente majorité. Elle s'appuie sur la politique actuellement menée pour fonder son jugement. Les financiers donneraient donc raison au nouveau président de l'UMP.
Mais Pierre Moscovici est fondé à dire que si la croissance se redressera difficilement, si la compétitivité française apparaît faiblarde, aux yeux de Moody's, cette situation ne peut être imputée entièrement au gouvernement en place depuis le mois de mai. La perte de compétitivité, mesurée par la dégradation de la balance commerciale n'a fait son apparition que récemment que ces dernières années dans le débat public. Mais elle a commencé, en réalité, en 2002. S'agissant des comptes publics, Nicolas Sarkozy a commencé par baisser les impôts à hauteur d'une quinzaine de milliards d'euros. Avant de faire machine arrière, certes, mais la dette publique s'en est trouvée notablement accrue.


 

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Commentaires 41
à écrit le 20/11/2012 à 20:37
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Il est difficile à la droite de se porter en parti du progrès après le coup fatal qu'ils ont porté aux salariés pour la question des retraites. La société française... 75% de la population peut faire entendre sa voix. Voila qui reste à faire. N'oubli...

à écrit le 20/11/2012 à 20:24
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Parlons peu mais parlons clair... pour l'électeur archéo, qui avait démissionné selon ce qu'on dit, 3 mois après l'élection de Sarkozi suite aux espoirs déçus, cf les TVA assassines, reste la question des engagements et de la démocratie. Ou bien, je ...

le 20/11/2012 à 20:43
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Et pourquoi pas némo... 20 000 lieues sous les mers!

à écrit le 20/11/2012 à 20:18
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Notez comme la médecine est merveilleuse, combien de dépenses déjà? Les vieilles vont chez le médecin comme elles vont chez le coiffeur. Et cela empêche les jeunes de travailler parce que cela plombe l'activité. Seulement voila pour gagner des électi...

à écrit le 20/11/2012 à 19:54
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A propos d'élections faisons un parti du progrès: ni riches ni parasites.

à écrit le 20/11/2012 à 19:52
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Pour mémoire aux dernières législatives 50% des électeurs ne se sont pas déplacés, alors la dictature, faudrait faire cesser ça. La représentativité est nulle!

à écrit le 20/11/2012 à 19:48
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Et si pour changer on parlait démocratie au lieu de parler économie. Qu'est ce qui fera que Copé gagnera aux municipales? On fait des études puis on nous jette à la rue, c'est ça le but de la société? Le maximum du chômage?

à écrit le 20/11/2012 à 16:38
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L'agence ne regarde pas derrière mais devant Ce qu'elle sanctionne c'est le manque de réformes structurelles ,d'ailleurs n'avait t'elle pas dit qu'elle attendrait de voir ce qui se mettrait en place Elle sanctionne le futur mis en place par Moscovici...

à écrit le 20/11/2012 à 16:26
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À mon avis, Moody's exprime le souci que ni M. Moscovici, ni M. Ayrault, ni M. Hollande croient réellement que le déficit sera ramené à 3 %. Réduire les dépenses de 60 milliards implique une réforme fondamentale des administrations et des services pu...

le 20/11/2012 à 20:01
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On parle bien d'une réduction de 60 milliards des dépenses. Rappelons les chiffres, 270 milliards de recettes et un trou de plus de 100 milliards cette année. Salaires et pensions du public 117 milliards en 2011. On s'achemine vers la FIN DES SALAIRE...

le 20/11/2012 à 20:03
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je partage cette analyse de la position française comme assez probable,et espère que les stratèges de l'europe du nord la prennent en compte

à écrit le 20/11/2012 à 15:59
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il y'en n'a assez de cette droite revancharde qui demande des reformes au P.S,alors qu'elle a eu 5 ans pour le faire. il est bien evident que si la france est retrogradée en terme de note depuis hier soir,c'est en tres grande partie a cause de l'inné...

le 20/11/2012 à 16:13
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17 ans pour le faire .

le 20/11/2012 à 16:48
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+1 Chirac 1 et Chirac 2 (la fracture sociale vous vous en souvenez ? ) Sarkozy 1 ça en fait du temps pour faire des reformes de fond A droite des gens ont voulu sonné le tocsin. Madellin, Seguin, Juppé depuis longtemps et plus récemment Fillon ont...

le 20/11/2012 à 19:45
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Des réformes à fond à droite? En voila des réformes: dans la décennie 90 les allemands ont absorbé l'Est et ont supprimé 3 millions de fonctionnaires, l'ensemble est quasiment au plein emploi. Certes, on y travaille peu et certainement 6% n'ont pas l...

à écrit le 20/11/2012 à 15:34
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Il y a le feux à la maison France. Allumé par des politicards de gauche comme de droite champion de l'immobilisme plus préoccupés de leur nombril. Nous recherchons un futur Mario MONTI français pour prendre la tête de notre pays. Faire parvenir en ur...

à écrit le 20/11/2012 à 15:19
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Vu la zizanie pour la présidence de l'UMP, on ne s'étonnera pas de la situation du pays. On a confié le pouvoir a des guignols incapables de faire une élection propre en faisant voter 200 000 militants. Bref c'est dire si on pouvait compter sur eux p...

à écrit le 20/11/2012 à 14:48
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Match nul la balle au centre !!!!! Les deux partis ont eu la perte d'un "A" par deux agences différentes. La première perte car la droite n'a pas su réformer et la deuxième car la gauche ne saura pas réformer (et ne veut pas le faire !). Mais où va t...

à écrit le 20/11/2012 à 13:56
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Mouais, bof... Facile aussi de critiquer les dirigeants, nouveaux ou anciens... Certes, ils ont des responsabilités dans tout ce qui se passe... Mais les premiers responsables, ce sont nous, les citoyens, qui d'une part se sommes enfermés dans un ind...

le 20/11/2012 à 14:58
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+1

le 20/11/2012 à 15:09
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c'est également l'analyse de moody's sur les rigidités et difficultés à reformer...malheureusement

le 20/11/2012 à 15:48
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Facile à dire, dans l'idée, le français arrive à donner des leçons de morale et à analyser le fond des problèmes, dans les faits, le regard bifurque systématiquement vers son propre nombril. Les forums n'y changent rien... le bla bla bon enfant démon...

à écrit le 20/11/2012 à 13:40
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La droite a manqué d'ambition et de courage politique, la gauche fait des mesures anti entrepreneurs et pro-aides-sociales-à-tout-va. Un diagnostic qui donne la nausée à ceux qui aiment la France !

le 20/11/2012 à 14:30
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la droite a voulu se maintenir au pouvoir en courtisant le front national et en maintenant les avantages ce ses électeurs - pour garder pouvoir et avantages on se fout en effet des intérêts de la France... Copé attend la place depuis si longtemps qu'...

à écrit le 20/11/2012 à 13:13
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Les militants UMP ont répondu à la question.

à écrit le 20/11/2012 à 13:01
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Pas un pour rattraper l'autre!

à écrit le 20/11/2012 à 12:54
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Cette sanction est sans aucun doute a mettre sur le compte de l'ancienne equipe, toutefois la prochaine qui se dessine ne lui devra rien. Alors un bon conseil au boulot!

à écrit le 20/11/2012 à 12:47
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Malheureusement pour le socialiste, il ne sert à rien de mentir, Moody's a bien dégradé la note de la France le 20 novembre 2012 et pas en 2011, alors le nez de Moscovici s'allonge et s'allonge mais les rouges vous mènent en bateau depuis 30 ans, mai...

le 20/11/2012 à 13:05
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Ah bon les élections présidentielles ont eu lieu en 2011 ,pour moi c'était en 2012 (donc depuis 6 mois)

à écrit le 20/11/2012 à 12:46
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C'est un petit marrant le Coppé ,son parti à dépensé sans compter pendant 12 ans avec Chirac et 5 ans avec Sarkosy et veut faire porter le chapeau à la gauche pour 6 mois de présidence,c'est l'hôpital qui se fout de l'infirmerie

le 20/11/2012 à 14:26
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méfions nous de Copé , ambitieux et arrogant ; cette élection sent la triche - Fillon dindon de la farce commandée par copé et ceux qui le soutiennent .....

le 20/11/2012 à 15:52
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Il faut se réjouir de l'élection de Copé, cela laisse la place pour l'émergence d'un vrai parti de centre où je verrais bien Fillon présider et attirer les déçu de l'UMPFN

à écrit le 20/11/2012 à 12:37
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Effectivement :comme dans la cour de récréation des gamins. Quand serez vous honnêtes messieurs les politiques et travaillerez de conserve sans vous enfermer dans vos boites partisanes. Supprimer des commissions inutiles, des hauts fonctionnaires cac...

à écrit le 20/11/2012 à 12:12
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Parole d'ENARche (de gauche ou de droite) n'est pas parole d'évangile.

à écrit le 20/11/2012 à 12:09
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Heureusement que sarko etait laz

à écrit le 20/11/2012 à 12:08
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oui, au lieu d'agir, on préfère des débats de chapelle. C'est un signe (s'il en fallait un de plus) de l'incapacité flagrante de nos énarques. Lamentable. A en hurler.

à écrit le 20/11/2012 à 12:04
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Perte de compétitivité à partir de 2002... soit le moment où les 35 heures ont été pleinement appliquées. Merci la gauche.

le 20/11/2012 à 12:12
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tout à fait, voilà une bien belle déduction qui est bien malheureusement exact

le 20/11/2012 à 14:27
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ma question est la suivante : qui a critiqué et maintenu les 35 heures ?? fallait réformer quand la droite était au pouvoir au lieu de critiquer ...

le 20/11/2012 à 14:39
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réponse à mimosa. mais la droite a réformé:réforme des régimes spéciaux ,ça coute plus cher qu'avant;heures sup aux fonctionnaires(il n'y a que Copé qui veut leur faire faire 37,5 heures,il est fou)...etc

le 20/11/2012 à 14:58
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certains régimes spéciaux : EDF et SNCF ont conservé partie de leurs avantages du moins pour quelque temps ! pour avoir la paix sociale ( pas de grèves comme en 1995 ) ; ce n'est pas une vrai réforme, des arrangements seulement.... les heures sup n'o...

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