Les 10 mots (ou personnages) qu'il faut connaitre pour comprendre le psychodrame à l'UMP

 |  | 1526 mots
Lecture 8 min.
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : <small>Reuters / 20min</small>)
Pour différencier sans difficulté la Cocoe de Commission nationale des recours, le président de l'UMP de son secrétaire général, identifier Patrice Gélard, Yannick Paternotte, Isabelle Vasseur et débrouiller des enjeux-clés de l'élection à l'UMP, consultez ce "Petit dictionnaire du chaos à l'UMP".

"Absurde", "chaotique", "inextricable", "ubuesque", "kafkaïenne",... les adjectifs ne manquent pas pour qualifier la situation à l'UMP. Depuis dimanche, la principale formation politique de droite se cherche un président et les deux camps en compétition revendiquent le triomphe. La victoire de Jean-François Copé proclamée lundi est remise en question par le camp de François Fillon qui dénonce des irrégularités. Et les partisans du député-maire de Meaux reprennent les mêmes arguments pour justifier... leur propre victoire. Entre les deux, Alain Juppé tente de s'imposer comme le médiateur. D'autres tentent d'avancer leurs pions. Pour mieux s'y retrouver dans cette confusion, voici un dictionnaire express des 10 noms communs, noms propres et expressions de l'événement établi par La Tribune :

? Cocoe

Depuis dimanche, cette instance est devenue la coqueluche de Twitter. La Commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales est chargée d'organiser et de valider les organisations internes à l'UMP avant de proclamer la composition du Bureau politique du parti. Elue pour 3 ans par le Conseil National, le 11 décembre 2010, elle est composée de 9 membres et présidée par Patrice Gélard, sénateur réputé indépendant (voir plus bas : "Patrice Gélard"). Parmi ses membres figurent 4 proches de Jean-François Copé: Hamida Rezeg, adjointe au maire de Meaux, la ville dont il est le maire; Agnès Le Brun, maire de Morlaix et eurodéputée; Camille Bedin, secrétaire nationale aux banlieues et partisane de la "Droite forte", Isabelle Vasseur, maire de Ronchères dans l'Aisne. Y siège également Sébastien Leprêtre, maire de La Madeleine près de Lille et proche de François Fillon. Enfin, deux sont plus "neutres": Alain Pouchelon, avocat et ancien président de la conférence des bâtonniers, Boris Ravignon, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Pierre André, sénateur de l'Aisne longtemps proche de Xavier Bertrand.

Lundi 19 novembre, elle a déclaré la victoire de Jean-François Copé avec 98 voix d'avance, malgré de fortes réserves sur les résultats pour 24 départements et territoires. Problème: certains votes en Nouvelle-Calédonie, Mayotte, Wallis-et-Futuna n'ont pas été pris en compte. Une "erreur" qu'a reconnue la Cocoe ce jeudi. Dans un communiqué, elle indique ne pas pouvoir faire "autre chose que le constat présent" en vertu des statuts de l'UMP. "Elle ne peut pas publier de nouveaux résultats, et ce d'autant moins qu'elle ne dispose toujours pas des procès-verbaux litigieux. De même, elle n'a pas le pouvoir d'annuler les scrutins dont l'irrégularité était probable du fait qu'elle les a validés par la proclamation des résultats du 19 novembre. Une telle annulation apparaîtrait alors comme une man?uvre inacceptable", écrivent Patrice Gélard, Alain Pouchelin, Boris Ravignon et Isabelle Vasseur. Ainsi cette commission électorale de l'UMP a-t-elle perdu son statut de "juge de paix" au profit de la Commission nationale des recours.

? Commission des recours

C'est désormais elle qui dispose de la clé de la présidence de l'UMP. En effet, ses décisions ne peuvent pas faire l'objet d'un appel. Elle est, elle aussi composée de 9 "sages" :
- Yanick Paternotte, président, soutien de Jean-François Copé pendant la campagne et qui fait l'objet d'une procédure judiciaire pour abus de faiblesse sur une femme âgée
- Fabienne Labrette-Ménager, ancienne députée de la Sarthe, proche de François Fillon
- Sébastien Lecornu, ancien conseiller de Bruno Le Maire
- Paul Midy, proche de Valérie Pecresse
- Josiane Philippon, plutôt dans le camp Fillon
- Isabelle Vasseur, qui siège aussi à la Cocoe et fait partie du camp Copé
- Monique Para, qui a rejoint le mouvement de la Droite Forte qui soutenait Jean-François Copé
- Monique Robineau, conseillère régionale de Provence-Alpes-Côte d'Azur
- Stéphan Rossignol, conseiller régional Languedoc-Roussillon, pro-Fillon

? Nice

 Parmi les fédérations où les soupçons de bourrages d'urnes sont les plus forts, celle de la préfecture des Alpes-Maritimes figure en haut de la liste. Les représentants des deux candidats y ont décelé des anomalies pour au moins 128 bulletins. Ce bastion du député Eric Ciotti, l'un des hérauts du camp Fillon, a voté majoritairement pour l'ancien Premier ministre. Quant à son maire, Christian Estrosi, il estime que la Cocoe a "reconnu la victoire de François Fillon".

 


? Wallis et Futuna

Deux îles du Pacifique, trois royaumes, un territoire d'outre-mer et 1.304 militants de l'UMP qui ont voté dimanche. Wallis et Futuna pourraient bien faire basculer le vote. En effet, comme l'a confirmé la Cocoe, leur vote n'a pas été pris en compte. Avec seulement 98 voix d'avance entre Jean-François Copé et François Fillon, selon les résultats proclamés lundi, les votes des militants wallisiens et futuniens comptent plus que jamais.

>> Quand Wallis et Futuna se rappellent au bon souvenir de la métropole

?  Présidence de l'UMP

Ce pourquoi Jean-François Copé et François Fillon rivalisent, la fonction de président de l'UMP est un poste clé dans la principale formation politique de droite. Son rôle: présider le Bureau national qui décide de l'orientation politique du parti, ainsi que les autres instances nationales, exécuter leurs décisions, et représenter le parti. Il est assisté d'un vice-président et d'un secrétaire général eux aussi élus par les adhérents.

Le poste n'a été occupé jusqu'à présent que par Alain Juppé de 2002 à 2004 puis Nicolas Sarkozy de 2004 à son élection en 2007. Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, a été par deux fois président de l'UMP par intérim. Le titre avait été gelé au cours de la présidence de Nicolas Sarkozy. Le parti comptait alors trois secrétaires nationaux: Jean-François Copé, Xavier Bertrand et Patrick Devedjian.

? Présidentielle 2017

Pour chaque candidat, l'enjeu de cette élection, c'est bien sûr l'élection présidentielle de 2017. Avant cela, l'UMP organisera des primaires pour désigner le candidat officiel. Avec une question centrale: seront-elles ouvertes aux sympathisants comme ce fut le cas pour les primaires socialistes, ou bien seront-elles réservées aux militants? La question est cruciale puisque les militants se rangent plutôt derrière les tendances les plus conservatrices. Xavier Bertrand s'est déjà porté candidat. Quel que soit le mode de scrutin finalement décidé, le fait de disposer du poste de président de l'UMP représente a priori un avantage majeur.

? UDI

Et si le grand vainqueur de cette élection à l'UMP, c'était lui? L'Union des démocrates indépendants, présidée par Jean-Louis Borloo, peut se réjouir de la confusion qui règle à l'UMP. La formation centriste née en septembre pourrait séduire les élus, les militants et les sympathisants de l'UMP en désaccord avec la ligne conservatrice de Jean-François Copé et agacés par la situation. Jean-Louis Borloo lui-même a affirmé ce jeudi que "la véritable force d'alternance, c'est l'UDI". Il assure que son parti a enregistré 1.200 adhésions cette nuit. Sur le flanc droit du parti, les défections pourraient également profiter au Front National.

? Guillaume Peltier

Transfuge du FN, le jeune militant de 36 ans, qui n'a pas de mandat électif, a porté la motion victorieuse "Une Droite Forte", qui a obtenu 27% des suffrages dimanche contre 21,7% pour la Droite sociale de Laurent Wauquiez. Il est une nouvelle voie du clan Copé qui reconnaît l'éloquence du personnage tout en prenant ses distances. "On va le faire rentrer à la niche" a ainsi confié un proche de Jean-François Copé à La Tribune.

>> UMP: le programme économique très décompléxé de la droite forte

? Patrice Gélard

Avec la cacophonie à l'UMP, ce sénateur-maire de Sainte-Adresse, banlieue huppée du Havre en Seine-Maritine âgé de 74 ans s'est fait un nom au niveau national puisque c'est lui qui préside la fameuse Cocoe. Cet ancien doyen de l'université de Droit de Rouen est réputé pour sa neutralité, se tenant à l'écart de l'appareil du parti. "Il y a des traditions historiques dans certaines fédérations qui font que la fraude faisait partie des habitudes historiques", a-t-il reconnu mardi dans une interview à la chaîne Public Sénat.

? Nadine Morano (et Rachida Dati)

Copéiste, candidate déçue aux élections législatives du mois de juin, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy trouve l'occasion de faire entendre sa voix. Mardi, elle prenait ainsi la parole devant les caméras de BFM en tentant de d'affirmer "l'unité" du parti. "Nous prendrons le temps de réunir la famille. Il n'y a aucune fracture idéologique ou morale", affirmait-elle ainsi. Elle publie régulièrement des messages sur Twitter. L'un de ses derniers posts: une photo de famille de l'UMP où l'on peut voir côte à côte Jean-François Copé, François Fillon et Alain Juppé.

>> DIAPORAMA : Présidence de l'UMP : une élection... et deux vainqueurs autoproclamés

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/11/2012 à 8:38 :
je ne comprend pas que la Morano la ramène autant elle n'a aucune légitimitéà le faire Elle n'accepte pas comme beaucoup d'autres d'avoir subie le vote des Français !!!
a écrit le 23/11/2012 à 15:47 :
il faut un conseil de l'ordre citoyen et un conseil d'administration citoyen, contre pouvoir des politiques et du système administratif. résultat évident (qu'on fasse un sondage !), copé et fillon : démis d'office de tout mandat politique. 1700 milliards de dette et aucune mesure digne de ce nom pour réduire les 30% de dépenses inutiles qui étouffent les ménages et les entreprises et dont les gains permettraient de financer la relance, baisser les impôts, donner de l'oxygène aux entreprises : premier avertissement au gouvernement, prochaine fois : démission ad nutum d'office du président pour incompétence économique par le CA....
a écrit le 23/11/2012 à 15:40 :
je ne partage pas les procès d'intention gratuits, il y a des faits. Si les faits sont clairs, le résultat sera clair. S'il est possible de tricher, d'ajouter des bulletins... c'est que les procédures ne sont pas pro, et on ne s'en sortira jamais. A titre d'exemple, il y a des participants qui n'ont pas signé après avoir voté ; dans tout vote, c'est vu et corrigé de suite par ceux en place, ce qui se passe est invraisemblable et d'un ridicule achevé. Copé a tenté un putsch en se déclarant vainqueur avant la validation des résultats et il refuse le comptabilisation de ce qui manque ; c'est inqualifiable, il faut le virer d'office et définitivement de la vie politique parce qu'on ne peut plus du tout lui faire confiance.
Réponse de le 11/09/2014 à 12:49 :
On peut leur donner en contre partie la SG

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :