"Le monde patronal doit remettre l'intérêt général au-dessus de tout"

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Chef d'entreprise, une première fois candidat à la présidence du MEDEF en 2010, Thibault Lanxade publie ce mercredi un ouvrage composé de dialogues sur le rôle économique et social du patronat. Articulé autour de quatorze points de vue d'experts - dont le sien - issus du monde politique, économique, patronal et syndical, « Un patronat, pour quoi faire » ouvre le débat à quelques semaines du lancement de la course à la présidence du MEDEF.

Quels sont les principaux enseignements de cet ouvrage ?

C'est une réflexion prospective, dans un contexte exceptionnel du à la crise économique, à un moment ou le paysage des corps intermédiaires est en train de muter. Il me semble que le moment est venu de poser un regard critique et constructif sur notre modèle paritaire qui n'a pas bougé depuis 1945.
Une idée fait consensus : la nécessité d'apporter des changements dans le fonctionnement du dialogue social et la représentativité des entreprises. Le patronat, dans son ensemble, n'est plus vraiment en phase avec une partie des attentes des entrepreneurs. Il gagnerait à être plus lisible et à centrer ses interventions sur des sujets qui relèvent de l'intérêt général des entreprises. Les questions qui sont posées dans ce livre sont déjà sur le bureau du prochain Président du MEDEF et des nouveaux acteurs syndicaux. Il faut maintenant poser le débat pour préparer l'avenir.

Comment expliquer cette situation ?

L'épisode dit des pigeons nous montre que les organisations patronales sont devenues des mille-feuilles complexes pour les chefs d'entreprise et entrepreneurs. Résultat : une perte de réactivité dans nos actions alors que l'urgence de la crise nous impose d'être efficace. En basant leur puissance, leur influence sur le principe du « je paye donc j'existe », elles ont donné la priorité aux grands. Résultat, elles se sont coupées de la base et se sont par conséquent éloignées de la réalité des entreprises. Il faut repenser nos organisations du patronat afin de remettre l'intérêt collectif au-dessus de tout.

Les organisations patronales ne se sont-elles pas trop dispersées ?

Je le pense. Le patronat doit aider les entreprises à être plus compétitive et ne pas se préoccuper de tous les sujets de sociétés ou environnementaux du moment. Qu'il se concentre, se recentre sur la priorité des entreprises : accroitre la compétitivité pour générer du profit. Ce n'est que si elle est rentable qu'une entreprise peut ensuite agir en faveur de la société civile !

L'Europe est un cap important à garder dans le viseur des organisations patronales, car nous pouvons y trouver un nouveau terrain de jeu pour l'exportation de notre production nationale. Les entreprises doivent aussi susciter les vocations en incitant les nouvelles générations à monter dans le train de l'entrepreneuriat. Pour le moment ceux sans le titre de transport du diplôme restent sur le quai.

Ces interrogations expliquent-elles la perte d'influence du patronat dans les entreprises, la chute du nombre d'adhérents ?

Evidemment. Mais c'est aussi le cas pour les syndicats. Dans ma société, il a fallu que j'explique et incite mes salariés à aller voter pour élire leurs représentants. Les plus jeunes ne voyaient pas l'intérêt de cette démarche. S'ils ont des questions à poser, des intérêts à défendre, il leur semble plus logique de venir directement me voir. Pourtant, le patronat mais aussi les syndicats sont essentiels pour le bon fonctionnement des entreprises car ils défendent l'intérêt général, celui de l'entreprise et des salariés.

En ouvrant ainsi le débat, êtes vous en train de vous positionner avant de vous porter une nouvelle fois candidat à la présidence du MEDEF ?

La question n'est absolument pas à l'ordre du jour et pour être très franc ce point n'intéresse pas les entrepreneurs. Nous attendons beaucoup des négociations actuelles et des mesures que va prendre le parlement dans les prochains jours pour mettre en ?uvre du pacte de compétitivité.

En cette fin d'année, nous devons concentrer nos efforts sur les négociations de la conférence sociale pour qu'elle puisse déboucher sur un accord historique. Quelques candidats sérieux se sont déjà déclarés. Pour l'heure, je propose d'ouvrir le débat. J'invite donc l'ensemble des chefs d'entreprise, entrepreneurs et acteurs de la cité à venir l'enrichir.

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Commentaires
a écrit le 05/12/2012 à 14:25 :
Le monde patronal doit défendre l'avenir de la nation contre l'excès de poids sur l'entreprise. On nous annonce dans la presse que la mécanique de la faillite est enclenchée... on nous que des taux au niveau de l'europe du sud conduirait à une hausse de près de 50 milliards de l'intérêt à payer. ON NOUS ANNONCE LA FAILLITE DE LA FRANCE...
Réponse de le 05/12/2012 à 14:35 :
C'est synonyme de la saisie de l'épargne. Le gouvernement compte saisir les livrets. Tous aux abris!
Réponse de le 05/12/2012 à 17:48 :
@Paul : arretez d'ecouter Radio Courtoisie, ça vous rendra moins parano.
Réponse de le 05/12/2012 à 17:48 :
Lisez donc ce que nous dit mr Baverez au point sur la déflation et la crise européenne... Alors allons-nous au rebut? On y parle entre autres de rembourser la dette. Notre niveau de vie va plonger. On y parle aussi des non réformes de la France en comparaison à nos voisins... On voit de nombreux gens qui critiquent le système, seulement il ne se passe rien. n'est ce pas un coup de Trafalgar? Le texte dit: La France reste le risque majeur qui pèse sur la zone euro. Les marchés la traitent comme une petite allemagne, alors qu'elle est une grosse italie. Elle provoque un exil massif des centres de décision, des managers, des entrepreneurs et des patrimoines en appliquant une fiscalité confiscatoire sur le capital et le travail. Dans ces conditions, un choc sur la dette française est hautement probable, qui aura pour conséquence de relancer la crise de la zone euro. Voilà pourquoi il serait vital de mettre à profit le sursis miraculeux offert par les marchés pour engager la conversion du modèle français, au lieu de pérenniser la préférence pour la dépense publique et l'impôt, qui est en passe de provoquer l'effondrement de l'appareil de production. l'agenda 2014 fixe un cap non pour le redressement économique mais pour une faillite annoncée qui mettra la France à la merci d'un ajustement dicté par le FMI et nos partenaires européens. NE SOMMES NOUS PAS EN PANIQUE?
a écrit le 05/12/2012 à 13:17 :
un patron doit mettre la bonne marche de son entreprise au dessus de l/intérêt de la nation !
Réponse de le 05/12/2012 à 14:32 :
la nation pense à ses entreprises avant de penser à elle, il serais temps de rendre à la nation ce qu'elle apporte aux entreprises.
a écrit le 05/12/2012 à 12:35 :
"accroitre la compétitivité pour générer du profit", ok, mais du profit pour quoi faire ? Quel sens cela a t-il quand 25% de la population européenne est exclue ? A quoi servira tout cet argent quand il n'y aura plus qu'une seule personne à en avoir ?
a écrit le 05/12/2012 à 11:38 :
La vision est juste ! le Medef s'est beaucoup trop institutionnalisée ? il est aussi véloce qu?un Ministère du Plan sous le IV République.
a écrit le 05/12/2012 à 11:00 :
L'intéret général .C'est quand l'entreprise a des commandes ,qu'elle embauche et investit ,le tout fait tourner l'économie : les salariés consomment et investissent à leur tour ,les investissements font travailler d'autres entreprises et salariés etc...au final tout le monde y trouve son compte !!!
Réponse de le 05/12/2012 à 17:46 :
C'est beau l'économie dans les livres hein ?
Réponse de le 06/12/2012 à 11:39 :
@Chich: c'est peut être parceque sous le joli mot de mondialisation, on a abandonné ces fondamentaux de base dont parle PRIV, que l'on est entrain de s'écrouler..... on se focalise sur la france, mais c'est le monde qui es entrain de s'essouffler.. il y a urgence à repenser le modèle unique de développement...... penser global est une chose, mais faire local une autre....;

ce ne sont pas les services à l personnes, subventionnés à 50%, qui nous sortirons du pétrin....
a écrit le 05/12/2012 à 10:30 :
Le socialisme c 'est comme Attila partout où il passe rien ne repousse
Réponse de le 05/12/2012 à 11:26 :
Le libéralisme c'est comme Attila, partout où il passe, il pollue, déforeste, empoisonne et plus rien ne repousse !
Réponse de le 05/12/2012 à 12:06 :
A vous deux, vous démontrez que l'idéologie, quelle qu'elle soit, est une forme de bétise universelle ... Seul le pragmatisme et la stratégie sont efficace.
Réponse de le 05/12/2012 à 13:16 :
Merci pour cet avis intelligent qu'y s'écarte du dogmatisme économique et relativise la position de chacun de nos commentateurs endoctrinés.
Réponse de le 05/12/2012 à 14:36 :
On pourrait imaginer aussi Néron ou bien Godzilla.
a écrit le 05/12/2012 à 10:24 :
aucune proposition concrete. Un discours creux qui ne froisse personne, mais vide. Presqu'un langage de politicien: on espere mieux d'un chef d'entreprise.
Réponse de le 05/12/2012 à 10:49 :
Presque. Mais c'est le but de la manoeuvre, aussi... Remarquez bien qu'il insiste néanmoins pour un renforcement de son syndicat... "Serrons-nous les coudes, Camarades Patrons..."
a écrit le 05/12/2012 à 9:39 :
l'intéret général ,c'est quand les investisseurs trouvent un intéret a placer leur argent:pas de toujours abonder des caisses sociales dont l'utilisation est douteuse
Réponse de le 05/12/2012 à 13:18 :
Caisses qui paieront votre retraite et vos congés maladie le temps venu.
Réponse de le 05/12/2012 à 15:35 :
non,caisses qui payent le restau et les vacances de ceux qui "fluidifient "les relations sociales
a écrit le 05/12/2012 à 9:16 :
Le MEDEF ne joue plus son rôle. Parisot n'est plus audible, ni constructive. C'est bien beau d'être attiré par la sphère médiatique, de pavaner ici et là, de parler de la souffrance des firmes et groupes, de se positionner sur des thématiques sociétales, de se mettre en avant. Reste que Parisot n'a pas été élu pour cela. Elle a oublié en cours de route, ses missions. Elle est de plus en plus, en décalage avec les réalités du terrain, des difficultés rencontrées par une grande majorité d'entreprises. Elle vit dans sa bulle, satisfaite de son aura médiatique, attirée par les lumières des plateaux. Bref, Parisot n'est plus la femme de la situation !
Réponse de le 05/12/2012 à 13:21 :
Mme.Parisot est la meilleure présidente du MEDEF !
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a écrit le 05/12/2012 à 8:46 :
L'intérêt général des associes, j'espère, car point de salut sans entreprises profitables, captant les capitaux, et embauchant. La France ira mieux quand on arrêtera de faire croire que des gens vont risquer leurs avoirs pour faire de la redistribution.
Réponse de le 05/12/2012 à 9:07 :
les politiques et l'administration depuis 30 ans denigrent les entrepreneurs ont voit le resultat ...........
Réponse de le 05/12/2012 à 11:23 :
Certes, l'entreprise est là pour faire des marges afin de subsister mais quand des industriels visent 10 à 15% de marges, on est plus dans le capitalisme industriel mais dans le capitalisme financier et donc plus dans l'intérêt général.
a écrit le 05/12/2012 à 8:39 :
Le MEDEF est trop proche du CAC 40 et se fout royalement des TPE PME alors que la croissance et l'emploi sont dans les petites entreprises...
a écrit le 05/12/2012 à 6:54 :
Amen, Monsieur, Amen.
Si vous remettez à l'ordre du jour l'intérêt général et tout ce qui va avec, présentez vous aux prochaines présidentielles, et moi qui vais très très rarement voter (aller voter aujourd'hui est grotesque, pathétique, ou ce qu'on veut dans le genre) j'irai voter pour vous.
Vive l'intérêt général (la société, c'est l'opposé de ce qu'ont construit "spécialement pour nous" nos élites bienveillantes depuis des décennies, qui veulent de gentils individus très individualistes et très consuméristes à manipuler sans modération)

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