Présidence du Medef : un front "anti Gattaz" en passe de se constituer

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Le conseil exécutif du Medef votera lundi 3 juin pour désigner son candidat préféré pour succéder à Laurence Parisot à la présidence de l'organisation . C'est l'Assemblée générale qui aura toutefois le dernier mot le 3 juillet prochain. Le Conseil exécutif devrait placer en tête Pierre Gattaz, le PDG de Radiall que Thibaut Lanxade a finalement décidé de raillier, mais sans que son avance soit définitive. Aussi, les deux autres candidats de poids, Geoffroy Roux de Bézieux , PDG d'Omea Telecom, et Patrick Bernasconi, président de la FNTP, devraient annoncer leur intention de former un "ticket" dont le numéro un sera celui qui aura récolté le plus de voix au Conseil exécutif.

C?est une étape importante que vont devoir franchir lundi 3 juin les postulants à la présidence du Medef : le vote des 45 membres du Conseil exécutif de l?organisation patronale. Certes, ce suffrage n?est pas déterminant, puisque c?est l?Assemblée générale du Medef, avec ses 561 votants, qui élira formellement le successeur de Laurence Parisot le 3 juillet prochain. Mais, tout de même, la décision du Conseil exécutif aura une forte signification, même si l?Assemblée générale n?est absolument pas obligée de suivre la décision du Conseil exécutif. Etat des lieux des forces en présence.

Pierre Gattaz fait la course en tête?

Incontestablement, pour l?instant, c?est Pierre Gattaz qui tient la corde, il peut même compter depuis ce 31 mai sur l?appui de Thibault Lanxade, un candidat outsider qui a décidé de se retirer de la course et de le rallier. Avec le soutien de la Fédération de la métallurgie (UIMM), du Groupement des fédérations industrielles (dont il est le président), la Fédération bancaire française (FBF), la Fédération française des sociétés d?assurance (FFSA), il peut déjà compter sur plus de 150 voix à l?Assemblée générale sur les 380 attribuées aux représentants des organisations professionnelles. Les organisations territoriales, elles, bénéficient de 170 représentants et il y a aussi, outre le président, 10 personnalités qualifiées qui peuvent voter. Pour autant, le PDG de Radiall, n?a pas encore gagné la course.

? mais l?écart n?est pas encore insurmontable pour les autres

Geoffroy Roux de Bézieux, PDG d?Oméa et ancien président de l?Unedic, n?a pas dit son dernier mot. Il peut déjà compter sur environ cinquante voix émanant du Groupement des professions de services (GPS) et des douze de sa Fédération des télécoms. Certes, les défections de la FFSA et de la FBF ? adhérentes du GPS - , l?empêche de faire carton plein mais il a déjà un solide petit matelas. Jugé trop connoté « nouvelle économie » et « trop parisien », Geoffroy Roux de Bézieux a un peu de mal à « passer » dans les Medef territoriaux.

Ce qui n?est pas le cas du troisième homme, Patrick Bernasconi, patron de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP). Outre celles de sa fédération, il peut aussi compter sur les voix de la Fédération du bâtiment, soit un total de 34 voix. En outre, après des débuts laborieux, Patrick Bernasconi séduit de plus en plus dans les Medef territoriaux, où son coté entrepreneur de terrain (son entreprise est en Normandie) « prend » bien.

Vers un ticket Roux de Bézieux/Bernasconi

Normalement, Pierre Gattaz, devrait donc arriver en tête lundi 3 juin lors du vote du Conseil exécutif. Mais son avance risque de ne pas être très importante. Le scénario le plus probable est donc que ses deux challengers, Geoffroy Roux de Bézieux et Patrick Bernasconi forment un « ticket ». Les deux hommes évoquent cette possibilité depuis plusieurs jours. Ils auront encore l?occasion de le faire lundi 3 juin au matin puisqu?ils participent ensemble à un débat sur Radio Classique.

Mais, pour déterminer qui serait le numéro 1 sur ce ticket, il convient d?attendre le nombre de voix récoltées par chacun des deux hommes au Conseil exécutif.  Le premier serait donc candidat à la présidence du Medef, alors que le second hériterait du titre de vice-président délégué. Une fonction vacante depuis que Denis Kessler l'a abandonnée il y a dix ans. En outre, Patrick Bernasconi doit aussi avoir l?aval de ses pairs du BTP.

De fait, l?idée d?un ticket entre un entrepreneur de l?économie classique et adepte du dialogue social (Patrick Bernasconi) et un chef d?entreprise davantage représentant de la « nouvelle économie et plus « libéral » (Geoffroy Roux de Bézieux) pourrait séduire une bonne partie de l?Assemblé générale? Avec l?appui discret, de surcroît, de Laurence Parisot qui n?a pas oublié que c?est Pierre Gattaz, le premier à s'être opposé à sa tentative de modifier les statuts pour exécuter un troisième mandat.

 

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