Cinq ans après la chute de Lehman, les Français n'ont pas retrouvé la richesse perdue

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Le PIB par habitant (en euros de 2005) / Source : Insee - Illustration : LaTribune.fr
Le PIB par habitant (en euros de 2005) / Source : Insee - Illustration : LaTribune.fr (Crédits : DR)
La chute du PIB de 2008-2009 n’a pas été suivie d'un rattrapage. Cinq après, la richesse produite par habitant est bloquée sous son niveau de 2006

Cinq après la faillite de Lehman Brothers, l'économie française est sortie de la crise, à entendre le gouvernement. Pourtant, les statistiques incitent à la prudence. Le PIB de la France sera cette année à peine au dessus de son niveau de 2007 (si l'on raisonne en euros constants). Il atteindra peut-être 1.815 milliards d'euros (de 2005), contre 1.801 milliards d'euros en 2007. Le bilan est encore moins flatteur si l'on raisonne en termes de PIB par habitant..

 Le PIB par habitant reculera encore en 2013.... sous le niveau de 2006

Certains économistes évoquent la chute de richesse des Grecs, dont le PIB par habitant est retombé à son niveau de 2001. La situation de la France est évidemment moins dramatique. Son économie n'a pas connu un boom constant durant les années 2000 survie de plusieurs années de forte récession.

Mais qu'en est-il en termes de richesse par habitant? En 2012, le PIB par habitant était, selon l'Insee de 27.644 euros (en euros constants de 2005). Soit un niveau inférieur à celui de 2006 ! Et la situation se détériorera encore cette année.

France, le PIB par habitant (en euros de 2005) / Source : Insee - Illustration : La Tribune

PIB par habitant France

 Un bond en arrière sans précédent

Compte tenu de l'augmentation de la population, et de la faible croissance économique en 2013, quoi qu'il arrive -l'activité a été plombée par la récession du début de l'année- le PIB par habitant reculera encore. Sous l'hypothèse d'une croissance globale du PIB de 0,3%, la richesse produite par habitant  serait proche de 27.500 euros pour 2013. Soit juste au dessus du niveau de 2005.

Autrement dit, la richesse du pays, après avoir progressé de 2005 à 2007, a chuté brutalement en 2009, puis s'est à peine redressée avant de stagner, sans jamais retrouver son niveau d'avant crise. Nous sommes ramenés au milieu des années 2000, comme scotchés entre 2005 et 2006.  Ce bond en arrière a de quoi impressionner : il n'a aucun précédent, depuis que des statistiques un tant soit peu fiables sont établies.

Une crise bien plus profonde que celle des années 70

Les années 70, qui ont vu apparaître l'expression  "crise économique" et que l'on caractérise habituellement comme une période de stagflation (stagnation économique et inflation) sont loin de correspondre à sombre ce diagnostic pourtant bien établi, si on les compare à la période actuelle. Elles ont tout d'une époque riante pour la croissance, en regard des dernières années : la richesse par habitant était, en 1980, de 35% supérieure à son niveau de 1970. Entre 1974 et 1980, pendant ces six années où l'on a commencé à parler de crise, le PIB par habitant a progressé de 14%. Sur les six années que nous venons de vivre, depuis le point haut de 2007, il a reculé de 2,6%...

Sortir rapidement de cette situation d'appauvrissement voudrait dire que la croissance française retrouve vite des couleurs. Mais avec quel moteur? 

 

 

 

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Commentaires
a écrit le 18/09/2013 à 10:23 :
C'est archi mal écrit. Avec des coquilles partout.
C'est vide aussi.
Certes, il est parfois agréable de perdre son temps, mais uniquement lorsqu'on prend du plaisir :-/
a écrit le 16/09/2013 à 16:34 :
Il est assez curieux de résumer la "richesse" de la France à son PIB..lequel n'est qu'une des composantes. Le PIB d'ailleurs est pour partie constitué de services qui ne rendent les français pas "riches", mais qui assurent à nos compatriotes un certain confort; Est-on riche parce que l'on est soigné? On ne peut pas non plus parler, évidemment, de la richesse de l'état, puisqu'avec les maigres actifs (quelques dizaines de millions dans des sociétés, et le chateau de Versailles, en face d'une dette faramineuse, qui ne comprend d'ailleurs même pas tout (les engagements pour les retraites), l'état a un patrimoine négatif. Les francais donc, ont eux des patrimoines, essentiellement dans la pierre, et un chouia d'actifs mobiliers (le CAC 40 pèse 800 milliards, et qui sont les propriétaires des sociétés françaises?), donc qui ne représentent pas grand chose à côté de la dette de l'état. La France, et les français, sont donc pauvres, et de plus en plus pauvres.. On se contente de jouer aux riches, et Brel en a déjà parlé..
Réponse de le 16/09/2013 à 17:25 :
@Bili Hari; le PIB est toujours un indicateur intéressant, même si un accident de voiture avec ) de nombreux blessées et beaucoup de dégats matériels l'augmente...L'article ne va pas assez loin, car il conviendrait de transformer le PIB / habitant en indice de volume du PIB par habitant en standards de pouvoir d'achat (SPA) Par rapport à l'Allemagne (l'économie la plus proche de la France), la France s'est appauvrie en quelques années indice 108 pour la France et 122 pour l'Allemagne, (100 est la moyenne des 28 pays membre) donc 14 points de d'écart. Il existe un indice de développement humain (IDH) plus "social" qui est un indice statistique composite, créé les Nations unies pour évaluer le niveau de développement humain des pays du monde. L'IDH se fonde sur trois critères majeurs : l'espérance de vie à la naissance, le niveau d'éducation, et le niveau de vie. L'Allemagne se positionne au plus haut à côté de petits pays "prospères) (Suisse / Norvège etc) à la 5eme position, la France est 20eme. Indice GINI qui mesure les inégalités; Là aussi, la France (un pays très égalitaire) est devenu moins égalitaire, donc avec des revenues moins élevés, les français subissent encore plus d'inégalités que ses voisins. Il y a aussi de nombreuses études sur la qualité de vie dans les différents pays, inutile que le bilan français est peu glorieux surtout en ce qui concerne la tendance... Le PIB n'est qu'une composante et les français auraient la possibilité de se placer dans la réalité, mais ils le refusent; les conséquences sont certaines!
a écrit le 16/09/2013 à 16:18 :
vivement que sarko revienne......ah merde c etait du temps de sarko pipot......lui qui devait aller chercher la croissance avec les dents il n a reussi qu a choper une chanteuse anorexique sans voix .....
a écrit le 16/09/2013 à 14:55 :
Et pourtant, d'après l'équipe dirigeante, la reprise est là depuis le début de l'année...
Réponse de le 16/09/2013 à 17:35 :
Cela ne veut nullement dire que la reprise n'est pas là. On a perdu 5% et on repart à +0,3 % par an. Il faut donc un certain temps à ce rythme pour rattraper le retard.
Réponse de le 16/09/2013 à 18:51 :
...et pire, la pente du PIB par habitant est négative sur le graphique...
a écrit le 16/09/2013 à 13:05 :
Merci à LT d'avoir publié des illustrations sur un sujet que j'ai déjà relevé dans des précédents commentaires. Ces illustrations ont été faites d'ailleurs "maison" à LT, car elles ne circulent peu dans la société. Par contre, j'ai évité de présenter la situation sous l'angle moins flatteur qui est celui de la régression du PIB en euro 2005 / habitants depuis 2007. Le déni démographique est porteur de graves problèmes voir troubles économiques auxquels les français ne s'attendent malheureusement pas assez.. Le nombre d'habitant en France progresse en priorité par le simple fait du viellissement de la population. C'est l'explosion des naissances depuis 1950 et sa chûte extrême depuis 1973 (division par 2) qui menace en priorité la France de sur-consommation de ses richesses les prochaines années. Il y a également l'endettement qui est une sur-consommation de richesse. A quoi s'attendre pour les prochaines années. Seul point positif: le chômage. Il va augmenté encore fortement en 2014 et stagné à un niveau record en 2015. Mais il est déjà presque certain qu' à partir des départs massifs en retraite (qui commencent maintenant = 1950 +63) que le chômage va repartir progressivement et durablement à la baisse (hormis scénario catastrophe éco =explosion de la bombe). Mais le PIB/habitant devra baisser encore fortement, car les retraités ne participeront plus à la création de la richesse. ils en consommeront de la richesse et ceci également sur le plan du système d'assurance santé déjà déficitaire comme celui des retraites. Avec les déficits budgétaires qui se succèdent, l'endettement de l'état contribuera fortement à l'appauvrissement généralisé de la population française. Ceci est inévitable; maintenant nous pouvons choisir des trajectoires différentes, la voie des réformes structurelles (je ne précise pas) et le pillage des générations futures ainsi des jeunes. La dernière , c'est la voie qui a été choisie par ce gouvernement et le président.
Réponse de le 16/09/2013 à 14:11 :
enfin un commentaire lucide , la démographie nous tue a petit feu doux et d'endettement public , de plus les allemands , japonais et d'autres freinent de tout leur poids pour voir la natalité repartir de plus belle , avoir 20% d'habitants en plus pour quoi faire ? , le progrès technologique d'un coté ( on ne construit plus une voiture comme chez ford en 1909 ) de l'autre une population vieillissante et enfin les jeunes qui hériteront de quoi ? rien car tout risque de partir dans les maisons de geriatries et les maladies incurables , nous sommes arrivé a un point critique ou les jeunes resteront au chômage et vilipendés pour la paresse , pendant que des plus agés seront en retraite plus de 40 ans , les jeunes étant moins nombreux ne feront pas le poids ni socialement ni electoralement , a moins de suivre le modèle allemand sur la régression des naissances ? .. le problème est si complexe que la démographie est le premier problème mondial , une naissance c'est un consommateur de plus d'ou la pression avec les 3 a 4 générations qui se suivent bonjour le problème écologique aussi ..
Réponse de le 16/09/2013 à 14:13 :
S&P critique encore une fois fortement la France est son manque de volonté d'engager la voie des réformes; l'agence ne le dit pas, mais la perte du double "A" est également imminente. Selon la presse allemande, Hollande aurait dit que le chômage des jeunes serait dû à une arrivée forte de ces gens sur le marché du travail. Le contraire est correcte! La France bénéficie de l'inverse: Il existe qu'une seule certitude économique positive pour l'avenir de la France, la décrue progressive à moyen termes du chômage (si l'économie réelle survit) en raison de sa démographie. Nous devons avoir honte d'avoir un président si mal informé de la situation de son propre pays!
Réponse de le 16/09/2013 à 21:45 :
"Il existe qu'une seule certitude économique positive pour l'avenir de la France, la décrue progressive à moyen termes du chômage" : Très positive quand on sait que ça veut dire qu'on aura plus d'entrée pour les pensions de retraites indexés sur l'inflation que d'entrée pour des salaires tendent à s'effondrer pour se rapprocher de la concurrence (Calculer le coût horaire d'un contrat aidé qui bosse 50/60h payées 35 avec des réductions de charges pour bien comprendre)! "Nous devons avoir honte d'avoir un président si mal informé de la situation de son propre pays!" : Pensez vous qu'il puisse annoncer une vérité du style : Vos retraites ne peuvent tenir, vous ne pouvez demander à vos enfants qui sont pour 25% au chômage, pour beaucoup sur des contrats précaires et pour le reste à payer vos rentes immobilières et plus-values de cotiser plus! Car désolé, mais on se retrouve avec moins de chômeur en raison d'un plus grand nombre de départ en retraite que d'entrée dans le monde du travail sur des salaires plus faible, nous allons faire quoi? Creuser la dette? Vous pensez que les jeunes cotiseront pour des retraites qu'ils n'auront jamais, sans même pouvoir se loger correctement, en constatant qu'ils sont les seuls à payer un impôt sur chaque centime qui rentre (contrairement à nos bénéficiaires de PV immobilières et petits héritiers)? Vous faites preuve d'un optimisme sans faille! J'ai lâché le mien quand j'ai constaté que même les pensions de retraites élevés ne seraient pas fonction des cotisations effectives et que ces braves gens pourraient encaisser leurs PV immobilières sans lâcher le moindre rond avant de se barrer sur la côte! A défaut d'un bon krach immobilier dans les années à venir, nous prendrons des mesures... Autant dire que les années à venir vont être sportives car je doute qu'on échappe à une attaque des marchés!
a écrit le 16/09/2013 à 12:24 :
Le moteur est politique et non économique, il faut changer le dogme européen qui tourne autour de l'économie vers un but plus pragmatique centré sur l'Homme et son avenir car on oublie de dire que l?économique n'est qu'un moyen!
Réponse de le 16/09/2013 à 12:50 :
Le moteur est tout sauf politique que cela vous plaise ou non c'est l'économie qui mène le monde et ce n'est certainement pas flanby qui modifieras quelque chose
Réponse de le 16/09/2013 à 13:44 :
La politique aux beaux parleurs et l'économie aux vrais travailleurs. C'est bien l'activité humaine qui fait vivre le monde.
a écrit le 16/09/2013 à 12:16 :
Cinq années, cinq mois, cinq semaines ou peut être cinq jours?
a écrit le 16/09/2013 à 12:14 :
Ce qu'il faut retenir de cet article est que le PIB par habitant diminue d'année en année.
La faute à une démographie trop importante par rapport à la richesse produite par la France.
En bref il y a en France trop de natalité et trop d'immigration par rapport à nos capacités de production et de richesse.
Réponse de le 16/09/2013 à 13:01 :
faible immigration souffre encore plus que la France. Le Japon idem.
Réponse de le 16/09/2013 à 13:40 :
pas assez d'éducation, trop de conformisme, trop d'administration, trop de frein à l'activité humaine, trop d'impôt et de redistribution gratuite, trop de patrimoine protégé, etc.
Réponse de le 16/09/2013 à 14:22 :
+ 1 = trop de négativité, trop de fermeture à l'innovation (mettre à la porte du pays les généticiens, le gaz de schiste, l'exception culturelle...)
Réponse de le 16/09/2013 à 18:11 :
Moi je pense qu'on est trop râleur, trop conservateur, trop pressés, rythmés par le temps politique avec des élections trop fréquentes pour laisser les politiques travailler sans avoir à nous brosser sans arrêt dans le sens du poil, trop simpliste dans l'analyse des problèmes et en conséquence dans l'approche des solutions et enfin que nous nous regardons trop le nombril sans tenir compte du monde qui nous entoure.
Réponse de le 16/09/2013 à 21:26 :
"des élections trop fréquentes pour laisser les politiques travailler sans avoir à nous brosser sans arrêt dans le sens du poil" : +1000. Il faudrait presque que toutes les élections se suivent histoire qu'ils soient tranquilles pendant cinq ans. Un exemple caractéristique sur ce journal quand le logement paralyse l'économie illustre d'ailleurs bien vos propos : "Immobilier : les élections municipales vont ralentir les constructions"...

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