Polynésie : un paradis pour les touristes, un cauchemar pour les jeunes chômeurs

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A Bora-Bora, la perle du Pacifique, le taux de chômage est en forte hausse
A Bora-Bora, la perle du Pacifique, le taux de chômage est en forte hausse (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Selon l’Insee, le taux de chômage a presque doublé en cinq ans. Il est passé de 11,7 % en 2007 à 21,8 % en 2012. Les jeunes et les moins diplômés sont les plus touchés. L’économie polynésienne ne parvient pas à sortir de la crise.

Avec leurs plages de rêves, leurs lagons aux mille teintes, les îles de Tahiti, Bora-Bora, Huahine et Rangiroa invitent aux voyages inoubliables. Pour les jeunes Polynésiens, la réalité est tout autre. Selon l'Insee, ce sont eux les plus durement touchés par l'augmentation du taux de chômage. Celui-ci a presque doublé en cinq ans passant de 11,7 % en 2007 à 21,8 % en 2012, dernier chiffre connu. Selon l'Institut d'émission d'outre-mer (IEOM), le nombre de demandeurs d'emplois ne cesse de progresser de mois en mois. Il atteignait 12.997 en janvier 2014, 14.986 en février et 17.405 en mars.  

Les jeunes et les moins diplômés sont les plus touchés.

" Entre 2007 et 2012, la perte nette d'emplois salariés a été d'environ 2,5 % par an et la dynamique de créations d'entreprises est restée faible. En conséquence, on dénombre 25.000 chômeurs au sens du recensement contre 12.700 en 2007. Comme en 2007, le taux de chômage aux Marquises (30,7 %) et aux Australes (29,3 %) est plus élevé que sur le reste de la Polynésie française. Un chômeur sur deux a moins de 25 ans et 45 % des chômeurs déclarent n'avoir jamais travaillé ", précise l'Insee.

Mais c'est surtout le niveau de diplôme qui est discriminant. Selon l'Insee, 27,4 % des personnes ayant au plus le brevet des collèges sont au chômage contre 3,3 % des diplômés d'un second cycle universitaire. " Par ailleurs, les femmes étant de plus en plus diplômées, l'écart de taux de chômage entre hommes et femmes a légèrement diminué : il est de 1,5 point en 2012 contre 2 points en 2007 ", observe l'Insee. Résultat, 44 % des personnes âgées de 15 ans ou plus occupaient un emploi en 2012, contre 53 % cinq ans auparavant. A titre de comparaison, en France métropolitaine, le taux d'emploi s'élevait à 64 % en 2012.

Même le tourisme commence à souffrir

Cette explosion du taux de chômage s'explique assez simplement.

" Après trois années de dégradation ininterrompue, l'économie polynésienne n'est toujours pas parvenue à repartir de l'avant en 2012. La grande majorité des indicateurs économiques disponibles traduisent une année atone, sans reprise de la commande publique ou de la consommation des ménages " expliquait en mars l'Institut d'émission d'outre-mer (IEOM).

" La persistance de cette situation déprimée a eu pour conséquence d'alimenter la dégradation du marché du travail, effective tout au long de l'année, comme lors des années précédentes. Avec un repli de leur chiffre d'affaires pour la cinquième année consécutive et des difficultés de trésorerie croissantes, les chefs d'entreprises ne retrouvent pas la confiance nécessaire pour investir et continuent à ajuster leurs charges d'exploitation afin de faire face à la baisse de leur courant d'affaires. La faiblesse de l'activité persiste pour tous les secteurs, à l'exception notable du tourisme pour lequel la reprise entamée en 2011 s'est confirmée sur l'ensemble de l'année 2012 ",

poursuit l'Institut. Depuis cette date, la plupart des indicateurs macroéconomiques se sont dégradés, notamment l'investissement des entreprises et la consommation des ménages, impactée par les tensions inflationnistes subies par le franc pacifique. Heureusement, le tourisme redresse un peu la tête. Après avoir reculé en 2012 et 2013, le nombre de nuitées est reparti à la hausse depuis le début de l'année constatent les Comptes économiques rapide de l'Outre-mer de l'IEOM. Le trafic international de passagers retrouve des couleurs.

Un problème qui ne date pas de 2008

Ces difficultés ne trouvent pas leur origine dans la seule crise bancaire et financière de 2008-2009 et ses effets sur l'économie réelle. Avant la crise, entre 1999 et 2009, le taux de progression moyen annuel du PIB de la Polynésie française s'est élevé à 0,9% seulement quand il atteignait 1,4% dans la Métropole, 2,7% dans l'ensemble de l'outre-mer, 3,3% en Nouvelle-Calédonie ou 3,9% à La Réunion !

Une croissance molle de l'économie polynésienne, dont les services représentent les deux tiers de l'activité, qui s'explique en grande partie par l'instabilité politique chronique de la Polynésie française observée depuis 2004, dont les effets sur l'économie locale ont été ravageurs. Depuis cette date, la présidence de l'Assemblée territoriale a changé de main près d'une dizaine de fois, bloquant l'action publique dans le domaine économique au détriment de l'investissement public mais aussi privé. Celui-ci s'est maintenu à un niveau très faible entre 1998 et 2007, passant de 14% à 17% du PIB quand il bondissait dans la plupart des autres départements d'outre-mer.

 En outre, " en Polynésie, la faible augmentation du PIB a été complètement absorbée par l'augmentation de la population, au point que le PIB par habitant a baissé sur l'ensemble de la période ", explique l'Insee, tout en soulignant. Une situation qui devrait se prolonger, la population progressant toujours, malgré un déficit migratoire inédit.

 

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Commentaires
a écrit le 07/06/2017 à 9:21 :
Il est étonnent cet article et complètement déconnecté des réalités de la vie Polynésienne.
Il n'y a pas d'indemnité chômage car le mode de vie, les valeurs y sont complètement différentes et ne peuvent pas être comparées à la métropole.
Les Polynésiens vivent depuis toujours très bien sans aucune aide ou assistance. Cela va de soit pour ceux qui ont conservées leur traditions et leur culture.
Seul les polynésiens qui veulent à tout pris adopter un mode de vie dit à l'occidental, qui cherche l'ultra consommation, qui refusent d'adopter leur propre culture ne s'en sortent pas.
a écrit le 16/12/2014 à 16:35 :
tahiti e paradis il y a 20 en arriere car maintenand ici iml faut etre riche pour y vivre t ellment que l vie est hyper cher
a écrit le 11/07/2014 à 16:26 :
"Polynésie : un paradis pour les touristes, un cauchemar pour les jeunes chômeurs" et La France : un paradis pour les touristes, un cauchemar pour les travailleurs...
a écrit le 11/07/2014 à 11:12 :
La Polynésie est un territoire, donc ,PAS DE RSA, PAS d"ALLOCATIONS CHOMAGE! juste pôle-emploi, mais il ne sert, là encore plus, à RIEN !!
a écrit le 11/07/2014 à 10:25 :
DE INCOMPÉTENCE NOTOIRE de nos politiciens depuis plus de 30 ans qui divisent pour mieux régner qui taxe pour mieux s'enrichir et qui ne s'occupe jamais sérieusement des vrais problèmes.
Un Homme d’État s'occupe de changer un pays pour les futures générations. Mais un "petit politicien de bas étage" tels que ceux qui sont censés nous gouverner depuis plus de trente ans ne se sont jamais occupé du pays (cf la dette abyssale de 2.000 milliards d'euros et la structure de l'état vieille de plus de 50 ans et des fonctionnaires qui en ont assez de ces gouvernants fantoches et des syndicats qui paralysent et ruinent notre économie.
a écrit le 11/07/2014 à 9:33 :
Encourager les gens à faire des enfants à coups d'allocations et prestations sociales de toutes sortes (en métropole ou ailleurs, cela ne vise pas spécialement l'outre-mer) et venir ensuite se plaindre du chômage des jeunes en feignant l'étonnement. Ajoutez à cela que oui, là comme partout ailleurs, quand on décide de ne pas faire d'études, on n'a pas de travail. Quelle surprise ! Ce chômage est facilement évitable. On ne va pas pleurer sur une situation voulue par ceux qui nous gouvernent, de droite comme de gauche, par ceux qui votent pour eux et par ceux qui décident d'abandonner l'école avant l'heure.
Réponse de le 14/07/2014 à 10:41 :
le problème est démographique , on a voulu encore plus de personnes car on pensait dans les années 70 que des millions de touristes a fric allait venir , finalement on a ce qu'on semé , le chômage de masse et le touriste qui ne veut plus venir de peur de se faire détrousser , ces lieux risquent d'être chaud dans les années a venir , les jeunes vont devenir moins jeunes et au bout de 20 ans de RSA et rien au bout que ce système , la colère montera fatalement , les politiciens doivent reprendre les rênes avant qu'on arrive au pire c'est leur devoir .. hors ils rasent les murs et font encore des promesses ineptes , le pire ce sera encore aux enfants de métropole de payer les factures des inepties des barons locaux et de leurs clientèles démagogiques
a écrit le 09/01/2014 à 17:27 :
Bien
a écrit le 23/12/2013 à 21:53 :
Y a t'il un pays qui soit un paradis pour les jeunes chômeurs ?
Réponse de le 11/07/2014 à 9:16 :
oui l'australie
a écrit le 10/12/2013 à 12:19 :
En même temps, des gens qui continuent à voter Gaston Flosse... il le cherche un peu leur chômage.
Réponse de le 11/07/2014 à 11:14 :
je suis tout à fait de votre avis, il a été traité" de voleur, il y a déjà bien longtemps, c'était écrit partout à Papeete, et puis, on revote pour lui! allez comprendre! un peu comme chez nous d'ailleurs........!
a écrit le 07/12/2013 à 12:11 :
Je connais très bien ces contrées du pacifique et croyez-moi nous avons dans ces iles une bombe a retardement. Que ce soit à la Réunio ou ailleurs, le taux de chomage des jeunes est une catastrophe. Nous n'arrivons pas à trouver les solutions qui conviennent pour absorber ce fléau. Des solutions? Oui il y en a à condition de revoir la formation de ces jeunes, et de faire une analyse des gisements d'emplois possible ailleurs que dans le tourisme. La mer est le premier capital a exploité, puis il faut aussi se tourner vers les pays riverains pour fournir une main d'oeuvre qualifiée à l'australie, la nouvelle zélande, madagascar. Les polynésiens sont un peuple de voyageurs, agissons sur cette culture pour favoriser leur essor ailleurs que dans leur lagon
Réponse de le 11/07/2014 à 11:23 :
Les Chinois étant tout de même un peu plus "vaillants" que les Polynésiens, évidemment travail de commerce sont occupés à 90% par eux! ensuite, on ne fait pas bosser les jeunes , on devrait leur donner des formations, car la France envoie là bas des gens formés qui occupent" en quelque sorte la place des autochtaunes, la marine y reste pour la retraite et se fait sous le soleil, des c....lles en or! beaucoup de choses sont à revoir.....
Réponse de le 11/07/2014 à 12:03 :
mais ces jeunes diplomes ou manuels , ne savent-ils pas que l'Anglais doit etre connu pour ensuite aller dans les pays que vous citez ?
Réponse de le 14/07/2014 à 10:45 :
vous avez tous helàs raison sur le fond du problème , en plus quand on envoie de métropole des agents publics qui profitent de primes et de re-primes et autres avantages fiscaux , que pense le jeune au RSA avec son Bac ?.. il voit rouge , très rouge et sa colère grandit avec l'âge .. de plus pour partir ailleurs il faut de l'argent , un bateau , un avion il va pas en fabriquer comme on le voit dans de vieux films , c'est fini ce temps là .. le problème est bien plus dramatique pour ces populations qu'on le dit en métropole d'ailleurs on evoque jamais le sujet dans les médias nationaux sauf quand il y'a des grèves et des émeutes , toujours au dernier moment en somme ..
a écrit le 01/12/2013 à 8:00 :
les chomeurs jeunes et pas les jeunes chomeurs
a écrit le 30/11/2013 à 11:26 :
La Polynésie...le 9-1 et le 9-3 à ciel ouvert.
Réponse de le 11/07/2014 à 17:42 :
heu...pas tout à fait tout de même....différence de mentalités, vous voyez..?....
a écrit le 30/11/2013 à 11:13 :
La faillite des départements et territoires français d'outre mer où la transposition du modèle métropolitain de l'assistanat financé par un coût du travail élevé est un échec patent.
Réponse de le 11/07/2014 à 10:40 :
Et cela ne date pas d'aujourd'hui. Mais allez le dire à nos dirigeants.
a écrit le 30/11/2013 à 6:58 :
Pourtant, avec le niveau d'excellence des élites politiques locales derrière flosse, temaru et consorts, ils devraient s'en sortir brillamment, non ? vraiment pas ? ;-)
a écrit le 29/11/2013 à 21:09 :
Peut-on réellement parler de PIB pour des territoires ou départements ultra assistés par la métropole? Combien de fonctionnaires par rapport au nombre d'actifs? Combien d'avantages fiscaux pour ces mêmes fonctionnaires? Combien de millions d'aides sociales pour financer une démographie inversement proportionnelle à l'activité économique? La misère est toujours plus douce sous le soleil...
Réponse de le 30/11/2013 à 0:39 :
@miakelle

Je connais très bien l'outre-mer malgré ce que vous prétendez (je n'en dirai pas plus) et votre source est fidèle au relent du racisme antiblanc ambiant notamment aux Antilles françaises (mais pas seulement).
Réponse de le 30/11/2013 à 7:32 :
Chez vous, on sent d'autres relents ...
Réponse de le 30/11/2013 à 11:28 :
PRRROOOUUUUTTT !!!!
Réponse de le 01/12/2013 à 5:04 :
t
Réponse de le 01/12/2013 à 15:08 :
@anonyme

Continuez de m'insulter cela ne changera rien au bilan déplorable de l'outre-mer. La situation des territoires insulaires comporte de fortes similitudes (éloignement géographique de l'hexagone, dépendance alimentaire et économique, démographie importante, etc).
Réponse de le 04/02/2014 à 9:58 :
En même si tu mélanges la vie économique et le niveau scolaire du Pacifique et ces mêmes critères pour les territoires en Atlantique, ne t'attend pas à un argumentaire explicit. C'est comme dire que la côte Bretonne et la côte méditerranéenne c'est la même chose.

Dans les DOM, le niveau scolaire est élevé par exemple..... mais ça. C est un détail pour certains.

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