Pour empêcher que des entreprises mettent la clé sous la porte à cause des indélicatesses de leur principal donneur d’ordres, le gouvernement pourrait se transformer en société d’affacturage. Seul obstacle à l’entrée en vigueur de ce dispositif : son coût potentiel.
Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, a beau montré du doigt les comportements indélicats des grands donneurs d'ordres, le projet de loi Consommation porté par Benoît Hamon et actuellement soumis au vote des parlementaires prévoit bien de sanctionner les mauvais payeurs, rien n'y fait ! Les délais de paiement restent l'un des sujets de préoccupation majeurs des chefs d'entreprises. Selon Pierre Pelouzet, le médiateur national des relations inter-entreprises, une faillite sur quatre est provoquée par des retards de paiement.
La crise n'arrange pas les choses
La crise de confiance actuelle et la dégradation de la conjoncture ajoutent aux difficultés récurrentes des entreprises pour se faire payer en temps et en heure. Publié ces derniers jours, le classement établi par la médiation inter-entreprises et l'association Croissance Plus ne fait-il pas état d'une augmentation des retards de paiement ?
"Cette enquête révèle que pour 86% des fournisseurs interrogés, leurs relations avec les grandes entreprises se sont détériorées ou n'ont pas changé. Le second point qui ressort de cette enquête est la dégradation des délais de paiement : 57% estiment que les délais de paiement ont augmenté par rapport à 2012. Ce chiffre est dramatique, car la trésorerie des PME est en péril permanent et leur développement est freiné", note la médiation.
Selon Croissance Plus, un jour de retard de paiement c'est un milliard en moins de trésorerie pour les TPE/PME
Que reste-t-il de la loi de modernisation de l'économie ?
Les menaces de Bercy restant sans effet, la CGPME formule une proposition. Et si l'Etat devenait une société d'affacturage en avançant aux entreprises ce qui leur est dû par les grands donneurs d'ordre, qu'ils soient publics ou privés ?
Toutes les entreprises pourraient-elles bénéficier de ce dispositif ? Pour éviter qu'il ne plombe les comptes publics, la Confédération suggère que seules les entreprises saines puissent en bénéficier. Saines ? Il faudrait par exemple que leur chiffre d'affaires progresse, que leurs carnets de commandes soient correctement garnis et que leurs difficultés, uniquement de trésorerie, ne trouve leur origine que dans le comportement indélicat des grands donneurs d'ordre. Avec le même souci de limiter l'impact de cette mesure sur les finances publiques, la CGPME recommande que les entreprises ne puissent en bénéficier qu'une seule fois.
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