Marisol Touraine s'oppose à la vente des médicaments non remboursables dans les supermarchés

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Des médicaments non remboursables bientôt dans les supermarchés ?
Des médicaments non remboursables bientôt dans les supermarchés ?
Jeudi, l’Autorité de la concurrence s’est prononcée en faveur de la vente des médicaments non remboursables en dehors des pharmacies, qui en avaient jusqu’ici le monopole. Une baisse des prix de plus de 10% est envisageable si l'avis de l'Autorité est retenu et appliqué. Quelques heures après cet avis, la ministre des Affaires sociales s'y est fermement opposée.

Jeudi, l'Autorité de la concurrence s'est prononcée en faveur de la vente des médicaments non remboursables en dehors des pharmacies, qui en détenaient jusqu'ici le monopole.

Dans la foulée, dans un communiqué, Marisol Touraine fermait la porte à cette éventualité réaffirmant " son attachement au monopole officinal sur les médicaments, qui permet à notre pays de sécuriser leur dispensation et d'agir efficacement contre la contrefaçon, tout en garantissant l'accès de nos concitoyens aux médicaments sur l'ensemble du territoire?".

La ministre se dit par ailleurs "?attentive?" à ce que les négociations en cours sur la rémunération des pharmaciens "?débouchent rapidement?" et missionne l'inspection générale des affaires sociales (Igas) « ?afin de dresser un état des lieux de la situation et de proposer des évolutions, après avoir entendu l'ensemble des acteurs de la chaîne du médicament?».

Des baisses de prix étaient envisageables

Quelles auraient pu être les conséquences, pour le consommateur et le patient, d'une entrée des médicaments dans les rayons des supermarchés ? En clair, une baisse des prix est-elle envisageable ? Dans son avis, l'Autorité relève de " très forts écarts de prix ", allant de 1 à 4 d'une officine à l'autre, sur ces produits d'auto-médication. Pour y remédier, elle préconise une libéralisation " limitée et encadrée " de la vente des médicaments non remboursés, qui permettrait de faire baisser leur prix de vente de 11,4% à 16,3%.

Aider le consommateur

" Nous pensons que le statu quo ne peut pas être maintenu. (...) A l'heure actuelle, le consommateur n'est pas en mesure d'arbitrer entre telle pharmacie et telle autre ", a déclaré Bruno Lasserre le président de l'Autorité au cours d'une conférence de presse présentant les résultats de l'enquête menée depuis février dans le secteur du médicament.

L'opacité des prix est d'autant plus regrettable que le marché des médicaments non remboursés est en plein essor. Selon une enquête réalisée par l'association UFC Que Choisir, ce marché pèse 2,2 milliards d'euros par an. Selon ses estimations, permettre la vente des médicaments non remboursés dans les supermarchés et autres points de distribution engendrerait une économie globale d'environ 270 millions d'euros par an pour la branche maladie de la Sécurité sociale.

Un avis consultatif

Concrètement, la vente des médicaments dans les supermarchés est-elle  imminente ? Pas vraiement, l'avis de l'institution étant consultatif. Mais en cas d'application, l'Autorité pose également des limites à la libéralisation de cette vente.

" Il n'est pas question de permettre la vente de ces médicaments sans la présence d'un diplômé en pharmacie ", a expliqué Bruno Lasserre.

Même en supermarché, l'Autorité plaidait pour que les médicaments non remboursés soient vendus sous le contrôle d'un professionnel compétent et soumis aux règles de déontologie des pharmaciens. La vente devrait également avoir lieu dans des " espaces dédiés et délimités, avec un encaissement distinct ", précise bien l'Autorité. L'ouverture de la vente devrait être limitée aux médicaments d'auto-médication, non remboursés par la Sécurité sociale, achetables sans ordonnance, ainsi qu'aux " produits frontières " comme les tests de grossesse et les produits d'entretien pour lentilles.

D'après l'Autorité, la fin du monopole des pharmacies sur la vente de ces produits aurait eu un effet limité sur leurs marges, estimé entre 3,7 et 5%.

" Ce n'est pas de nature à remettre en cause la rentabilité des pharmacies ", a assuré Bruno Lasserre.

Des compensations pour les pharmaciens

Pour compenser cette perte de revenus, l'Autorité avait même proposé de renforcer le rôle des pharmaciens, en rémunérant ses conseils sur un mode forfaitaire, ou encore en l'encourageant à se lancer dans la vente de médicaments en ligne. Les commerçants pouvaient également vendre de nouveaux produits para-médicaux.

Michel-Edouard Leclerc est ravi

Sans surprise, Michel-Edouard Leclerc était ravi de cette décision. "Autant ne pas tourner autour du pot, je me réjouis totalement de l'avis de l'Autorité de la concurrence. Il vient valider point par point ce que le ' E.Leclerc dénonce (et propose!) depuis 30 ans, notamment concernant l'absence de concurrence, prix extravagants, conseils pas toujours donnés spontanément, manque de transparence sur les prix. Les données sont archiconnues et désormais reprises par une Autorité indépendante, après une enquête approfondie et contradictoire", remarque sur son blog le président du groupe de distribution, espérant que l'avis de l'Autorité de la concurrence mette "un terme à nombre de fausses polémiques destinées à empêcher toute réforme". Il a dû ravaler sa joie.

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Commentaires
a écrit le 20/12/2013 à 12:39 :
Il serait dangereux d'introduire une sorte d'automédication !
On ne peut acheter un sirop contre la toux au même titre qu'un liquide-vaisselle ou un tube de dentifrice. Un médicament, même non-remboursable, n'est jamais anodin et il serait grave d'en faire un produit de consommation courante. Quant à la présence du pharmacien diplômé, elle me paraît assez peu efficace, dans la mesure où le médicament sera en libre-service et à portée de main du consommateur. Ou alors, de recréer une ambiance d'officine propre à instaurer un climat de confiance et de responsabilité.
Réponse de le 20/12/2013 à 17:12 :
ça c'est ton avis. Uniquement ton avis.
a écrit le 20/12/2013 à 12:39 :
Il serait dangereux d'introduire une sorte d'automédication !
On ne peut acheter un sirop contre la toux au même titre qu'un liquide-vaisselle ou un tube de dentifrice. Un médicament, même non-remboursable, n'est jamais anodin et il serait grave d'en faire un produit de consommation courante. Quant à la présence du pharmacien diplômé, elle me paraît assez peu efficace, dans la mesure où le médicament sera en libre-service et à portée de main du consommateur. Ou alors, de recréer une ambiance d'officine propre à instaurer un climat de confiance et de responsabilité.
a écrit le 20/12/2013 à 9:23 :
C'est beau une victoire des lobbies au petit matin
a écrit le 20/12/2013 à 6:29 :
Bel exemple de la puissance des lobbies ! Gageons que ce refus ne survivra pas au ministère de M. Touraine ... Combat d'arrière garde d'une profession essentielle dans le dispositif de santé, mais qui n'a plus de raison d'être dans sa forme actuelle.
a écrit le 20/12/2013 à 0:07 :
LES QUEUES EN PHARMACIE VONT DIMINUER !ON VA GAGNER DU TEMPS POUR GAGNER DE L'ARGENT.
a écrit le 19/12/2013 à 22:47 :
alors que Mme Mariol Touraine explique aux français pour les medicaments non rembourses il y a des differences de prix de trois a quatre fois entre des pharmacies differentes!!!!
a écrit le 19/12/2013 à 20:51 :
Après tout pourquoi pas la vente en super marché. Les pharmacies en libre service d'aujourd'hui ressemblent bien au supermarché. Mais on pourrait faire autrement en autorisant librement la création de pharmacies.On ferait d'une pierre 2 coups: la vraie concurrence tout en laissant le monopole de vente aux pharmaciens.
a écrit le 19/12/2013 à 19:39 :
Elle s'est pris en pleine face le lobby des pharmaciens (ben oui, il faut bien changer le Q7 tous les ans et payer les traites de l'appart à Courchevel...).
a écrit le 19/12/2013 à 19:38 :
Elle s'est pris en pleine face le lobby des pharmaciens (ben oui, il faut bien changer le Q7 tous les ans et payer les traites de l'appart à Courchevel...).
a écrit le 19/12/2013 à 18:21 :
médicaments moins chers et moins de taxes et tva .!
a écrit le 19/12/2013 à 18:17 :
M en fiche, j achète déjà tout sur internet chez des pharmacies belges. Fiable et pas cher, il y a en plus plein de produits non accessibles sans ordonnance en France. Internet abolit définitivement les frontières et réglementations nationales.
Réponse de le 20/12/2013 à 12:23 :
J'aimerais tellement que le jour ou vous vous ferez hospitaliser a cause d'un effet indesirable d'un de vos medicamants achetés en belgique ce soit la secu belge qui paie l'addition!!!!
a écrit le 19/12/2013 à 17:17 :
alors qu'en echange du monopole des pharmaciens les tous leurs prix soit conventionnés
a écrit le 19/12/2013 à 16:15 :
Ils sont géniaux.
Ils sont tous a dire il faut réformer, etc etc... mais beaucoup de blabla et surtout pas le moindre changement, ca marche pas, mais c'est pas grave, on continu, ça pourrait fâcher les petits copains... que les autres se réforment donc!
Et le pire c'est qu'a force de parler, etc etc, ils sont persuadés de faire des choses alors qu'ils ne font que du bruit, du vent.
Pauvre France...

Allez du balais, y en a plus que marre de tous ces nantis qui vivent sur notre dos, nous donnent des leçons (qu'ils sont les premiers a ne pas respecter/écouter, elles sont uniquement pour nous, les geux) a longueurs de journées, mais ne font strictement rien à part protéger leurs fesses et celles de leurs copains.
a écrit le 19/12/2013 à 16:06 :
Les lobbyings de la santé sont parmi les plus forts, donc, opposés à un gouvernement faible et intéressé ils font la loi et le peuple trinque, comme d'habitude.
a écrit le 19/12/2013 à 16:00 :
Les lobbyings de la santé sont parmi les plus forts, donc, opposés à un gouvernement faible et intéressé ils font la loi et le peuple trinque, comme d'habitude.
a écrit le 19/12/2013 à 15:46 :
haaaaaaaaaaaa ....... non ! elle a raison !!!!!!!!!! comment se remplir les poches autrement ???????????????
Réponse de le 22/12/2013 à 13:23 :
J. Cahuzac

qu'elle demande à son fiston, la santé ça le connait.
a écrit le 19/12/2013 à 15:44 :
autrefois l'eau minérale état vendue en pharmacie .... alors un pas en arrière et deux pas en avant !
a écrit le 19/12/2013 à 15:41 :
suffit de contrôler son argent de poche pour en savoir plus .... merci les lobbys !
a écrit le 19/12/2013 à 15:19 :
J'ai vu une interview de Marisol Touraine sur FR3 c'était un festival de : moi moi je je moi moi ... en moins 3 fois par phrase.
Réponse de le 19/12/2013 à 17:54 :
Normal: elle a son mentor !
a écrit le 19/12/2013 à 14:56 :
Wait and see ? Les médicaments qui jadis étaient remboursée sont devenus "light" très
allégés, je prends pour l'arthrose de ces médicaments ç base de chondrosulf même
sur internet c'est pas donné ! idem par l'arret des teintures mères, jadis j'en faisais, je vais
donc recommencer .

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