Avant la présentation du pacte de responsabilité, le Medef est déjà en ordre de bataille

 |   |  1009  mots
Le MEDEF veut renforcer les coopérations industrielles avec l'Allemagne
Le MEDEF veut renforcer les coopérations industrielles avec l'Allemagne (Crédits : Reuters)
Au-delà des discours sur la compétitivité et la fiscalité, martelés par Pierre Gattaz son président, l’organisation patronale se met progressivement en ordre de marche pour faire avancer ses idées dans le domaine économique.

Derrière la scène, les coulisses. Comme Laurence Parisot, à qui il a succédé le 3 juillet à la tête du Medef, Pierre Gattaz, le président du Medef donne rendez-vous à la presse tous les mois. L'actualité économique et sociale y est alors abondamment commentée, les initiatives du gouvernement disséquées et le plus souvent critiquées.

Devant son auditoire, Pierre Gattaz joue son rôle. Il avait promis un Medef de combat lors de la campagne pour la présidence du Mouvement. Pour l'instant, cette promesse est tenue. Après la présentation du projet de loi de finances 2014, l'organisation a lutté pied à pied pour que les entreprises soient épargnées par les tentatives de relèvement de fiscalité de l'exécutif.

Beaucoup d'énergie sur les questions sociales

La pression exercée par le Medef explique en très grande sur la marche arrière de Bercy dans le dossier de la taxe sur l'excédent brut d'exploitation. C'est également le Medef qui a imposé à Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, l'organisation des Assises de la fiscalité qui devraient commence à la fin du mois ou au début de février. " Les questions fiscales ont mobilisé énormément d'énergie ", admet Geoffroy Roux de Bézieux, le vice-président de l'organisation en charge du pôle Economie-Fiscalité-Innovation-Numérique au sein de l'organisation. Un exemple, en octobre, le Medef et le cabinet Arsène Taxand ont présenté leur enquête sur les entreprises et le contrôle fiscal avec un focus particulier sur le crédit impôt recherche (CIR) toujours dans le collimateur d'une partie de la majorité bien que le Pacte de compétitivité ait entériné sa sanctuarisation.    

Accepter les mains tendues

Toutefois, cette attitude n'empêche pas l'organisation de saisir la main tendue par le gouvernement dès que l'occasion se présente. Ainsi, le pacte de responsabilité proposé par François Hollande aux entreprises lors de la présentation de ses vœux aux Français a réjoui Pierre Gattaz.

Mais au-delà de cette posture de combat, en coulisses, l'organisation travaille pour faire avancer ses idées et structurer ses discours après avoir, comme le reconnaît Geoffroy Roux de Bézieux, renouveler une partie des effectifs au sein des huit nouveaux pôles, dans les commissions et les comités. Un certain nombre de nouvelles têtes est apparue pour animer les réflexions au 55 avenue Bosquet, dans le septième arrondissement parisien.    

Des hommes de terrain

" Nous avons souhaité plus de panachage. Aux côtés des experts, qui restent indispensables, par exemple dans le domaine fiscal nous avons décidé de faire confiance à des chefs d'entreprises dirigeants d'entreprises de taille intermédiaire, à des hommes de terrain des Medef territoriaux ", explique Geoffroy Roux de Bézieux. Ainsi, Frédéric Bedin, le président du directoire du groupe Public Système Hopscotch, qui présida CroissancePlus, a été nommé vice-président de la commission Innovation pour épauler Gabrielle Gauthey, membre du Comité de direction d'Alcatel-Lucent. Isabelle Boccon-Gibod, le directeur exécutif du groupe Sequana assure la fonction de vice-présidente de la commission Economie.

Ce chantier étant quasiment achevé, le Mouvement est actuellement en ordre de bataille pour élaborer les solutions permettant de créer un million d'emplois d'ici cinq ans, si le Pacte de responsabilité est à la hauteur des espoirs qu'il suscite parmi le patronat. Cette feuille de route sera présentée en mars. Les questions abordées devraient alimenter les travaux et les réflexions de la Commission 2020 pour faire gagner la France.

Le numérique est partout !

Autre dossier en cours, le comité dédié à la « Transformation numérique » présidé par Pierre Louette, le directeur général adjoint d'Orange avec Patrick Bertrand, le directeur général de Cegid Group et Christian Poyau, le PDG de Micropole pour vice-présidents, doit à la fois œuvrer pour le développement du secteur numérique mais aussi élargir ses horizons, son action aux autres secteurs de l'économie. " Quels sont les secteurs qui échappent à la révolution du numérique ? Il faut donc adopter une approche transversale du sujet ", estime Geoffroy Roux de Bézieux.

Un rapprochement avec l'industrie allemande

Autre initiative lancée depuis le 3 juillet, le rapprochement avec le BDI, la fédération allemande de l'industrie, qui avait été imaginé par Laurence Parisot. Le tandem, dont le groupe de contact se réunira deux à trois fois par an, formulera des propositions concrètes sur tous les sujets qui le concerne - politique industrielle et innovation, énergie-climat, Union économique et monétaire… -, en amont des Sommets de l'Union européenne.

Un nouvel outil à l'export

Dans le domaine de l'export, le Medef s'est également mobilisé. Parmi les priorités affichées dans la feuille de route du Pôle Internationalisation et Filières présidé par Jean-Claude Volot : lancer Stratexio, un outil opérationnel qui doit permettre d'accompagner 10.000 entreprises à l'export, fédérer les clubs d'exportateurs ainsi que l'action des différents acteurs de l'aide à l'export (CCI, CCEF, etc.). Ce pôle a également pour ambition de former des « clusters » de business à l'étranger, 10 en 2014, 50 d'ici trois ans et 100 d'ici cinq ans.

Relancer le dossier d'un SBA à l'européenne

Le Pôle entrepreneuriat et Croissance présidé par Thibault Lanxade s'est quant à lui fixé pour objectif de remettre le chantier du " Small Business Act " (SBA) à dimension européenne sur la table afin de flécher davantage la commande publique vers les PME et d'améliorer les relations inter-entreprises grâce à la réduction des délais de paiement. " D'autres chantiers sont également lancés. Nous sommes en train d'élaborer des propositions permettant d'assurer la pérennité des entreprises en optimisant leur processus de transmission, le rebond et l'échec, la création et la transmission. Nous sommes également en contact étroit avec les banques pour trouver des solutions capables de résoudre les difficultés de  financement des entreprises et notamment de celui de l'innovation ", détaille Thibault Lanxade .

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/01/2014 à 9:28 :
...responsabilité ? Avec un casque intégral sur la tête, et des livreurs de croissants ?.soyons sérieux; ce n'est pas l'homme de la situation.
a écrit le 14/01/2014 à 9:03 :
Pipotage nous sommes le seul pays au monde a faire cela!
a écrit le 14/01/2014 à 8:00 :
Tout cela semble être de la communication sur des actes de nature artificielle, des amorces humides pour enclencher une détonation qui ne viendra pas, car décrété mais non désiré par les acteurs!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :