Pacte de responsabilité : Pierre Gattaz (Medef) dit "oui, mais..."

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Le président du Medef plaide pour une nouvelle baisse du coût du travail de 35 milliards d'euros en échange  de la création d'environ 1 million d'emplois.
Le président du Medef plaide pour une nouvelle baisse du coût du travail de 35 milliards d'euros en échange de la création d'environ 1 million d'emplois. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le président du Medef estime que les entreprises pourraient créer jusqu'à 1 million d'emploi si le coût du travail baissait de 35 milliards d'euros. Il demande aussi à François Hollande une baisse de la dépense publique et n'est pas contre une nouvelle légère hausse de la TVA.

Le président du Medef semble intéressé par le "pacte de responsabilité" évoqué par François Hollande lors de ses vœux du 31 décembre. Intervenant sur Europe 1 ce 13 décembre, soit la veille de la très attendue conférence de presse présidentielle,  Le président du Medef, Pierre Gattaz, a promis des créations d'emplois, voire des hausses de salaires nets, en contrepartie d'un engagement du président de la République en faveur d'une nouvelle baisse du coût du travail d'environ 30 milliards d'euros. Montant qui correspond grosso modo à ce que les entreprises doivent payer pour financer la politique familiale.

Pierre Gattaz dans les traces de... Yvon Gattaz

Interrogé sur sur le lancement ce  lundi à Lille de la mobilisation du Medef "un million d'emplois", Pierre Gattaz a assuré qu'il s'agissait davantage d'"un objectif que nous nous sommes donnés" plus que d'"un engagement ferme et juridique".

Et de lancer "Un million d'emplois, c'est quoi ? C'est baisser de 11% à 8% le taux de chômage",  convaincu que le patronat pouvait "créer des poches de 50.000 à 100.000 emplois dans les prochaines années, à la condition que certains chantiers s'ouvrent et c'est ça que nous attendons du Président de la République". Décidément, chez les Gattaz on aime prendre des engagements sur l'emploi. Déjà, en 1984, Yvon Gattaz (le père), président du CNPF (l'ex Medef) promettait plus de 450.000 "emplois nouveaux à contraintes allégées" (Enca)  si la majorité socialiste de l'époque assouplissait les règles sur le licenciement économique!

Bis repetita, donc. Saluant dans la proposition de "pacte de responsabilité", "l'électrochoc attendu" Mais le président du Medef pose immédiatement ses conditions .

Le Medef demande des baisses dans la dépense publique, voire une légère hausse de la TVA

"Nous demandons une trentaine de milliards qui permettra d'alléger le coût de travail". Mais il plaide également pour "une optimisation de tout ce système de la sphère publique qui n'a pas été optimisé depuis 40 ans", regrettant que "chaque fois qu'on cherche à faire des économies en France, soit nous enlevons les subventions aux entreprises soit nous faisons de la lutte contre la fraude".

Bref, Pierre Gattaz demande une diminution des dépenses publiques qui permettrait de financer la politique familiale mais ajoute "si on ne peut pas le faire immédiatement, [faisons une] petite hausse de la TVA avec un coup de pouce aux salaires nets".

Ce que François Hollande pourrait annoncer

Mardi 14 janvier, lors de sa conférence de presse, François Hollande devrait aborder le sujet du coût du travail, via une modification dans le financement de la politique familiale qui repose actuellement pour sa plus grande partie sur les entreprises. Un rapport du Haut conseil pour le financement de la protection sociale est attendu sur ce sujet pour le mois de mai. Il n'est pas exclu qu'à l'avenir le financement de la politique salariale soit notamment assuré par une hausse de la CSG, piste à l'étude parmi d'autres. Un autre scénario possible consisterait en un "reprofilage" du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) qui permet déjà en 2014 une baisse du coût du travail de 6% du total des salaire bruts jusqu'à 2,5 Smic.

 

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a écrit le 14/01/2014 à 11:14 :
Prix de l' heure de travail y compris charges sociales dans l'industrie en Europe  (Natixis + Eurostat).
Belgique : 42,9 € de l'heure
France : 36,7 € de l'heure
Allemagne : 36,3 € de l'heure
Pays Bas : 34,1 € de l'heure
Finlande : 33,8 € de l'heure
Autriche : 33,2 € de l'heure
Luxembourg : 30,3 € de l'heure
Irlande : 30 € de l' heure
Italie : 27,1 € de l'heure
Espagne : 22,8 € de l'heure
Grèce : 16,1 € de l' heure.

On peut avoir un prix moyen de l'heure de travail dans l'industrie le plus élevé d'Europe si le niveau moyen en gamme est le plus élevé.
C'est le cas de la Belgique et de l'Allemagne.
Ce n'est pas le cas de la France.
La France souffre de charges sociales et d'un salaire minimum parmi les plus élevés d'Europe incompatible avec un niveau en gamme moyen ou bas de son industrie.
Soit, on fabrique en France en montant en gamme pour le même prix (mais c'est pour dans 15 ans) ou en réduisant les charges par leur transfert hors du prix hors taxes soit on délocalise la production en fonction de divers critères parmi lesquels le prix.
a écrit le 14/01/2014 à 10:50 :
Ce type a une bosse dans le dos!

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