Affaire Tapie : confrontation périlleuse entre Christine Lagarde et Stéphane Richard

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La confrontation s'annonce délicate. Mercredi l'ancienne ministre des Finances et actuelle directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde est confrontée à son ancien directeur de cabinet, Stéphane Richard, actuellement PDG du groupe Orange, dans l'affaire de l'arbitrage controversé en faveur de Bernard Tapie. C'est sa troisième audition à la Cour de justice de la République (CJR) depuis le début de l'enquête.
Dans le cadre de cette affaire, la directrice générale du FMI, qui a choisi l'arbitrage privé pour solder le litige opposant l'homme d'affaires Bernard Tapie au Crédit lyonnais lorsqu'elle était ministre des Finances, a été placée fin mai 2013 sous le statut de témoin assisté, un statut intermédiaire entre le témoignage classique et la mise en examen.
Stéphane Richard a quant à lui été mis en examen pour escroquerie en bande organisée, au même titre que Bernard Tapie et trois autres protagonistes impliqué dans l'arbitrage contesté. Une "différence de traitement" que le patron d'Orange "n'a jamais compris", selon son entourage.
Les juges de la CJR, seule juridiction habilitée à juger les anciens ministres, pourraient décider, à l'issue de cette confrontation qui durera "probablement" toute la journée, de changer le statut de la directrice du FMI, souligne une source judiciaire.
Au coeur des interrogations, la "griffe", cette signature pré-imprimée qui permet de signer un document au nom du ministre, y compris pendant son absence. Les juges s'intéressent notamment à une lettre datée du 23 octobre 2007, une des seules instructions écrites de Christine Lagarde figurant au dossier, et signée avec de cette fameuse "griffe".
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Selon Le Monde, la directrice du FMI aurait accusé devant les juges Stéphane Richard d'avoir utilisé la griffe en son absence. Mais devant les parlementaires en 2008, la ministre avait confirmé "avoir donné des instructions" pour soutenir "la décision du CDR (la structure chargée de gérer l'héritage du Crédit Lyonnais) d'aller en arbitrage" et assumé "la responsabilité des instructions écrites". Elle avait entre autres évoqué cette lettre du 23 octobre.
Stéphane Richard a de son côté déclaré que sa ministre de tutelle avait été "en permanence informée de toutes les évolutions de ce dossier" et que "le choix de l'arbitrage a été partagé à tous les niveaux de l'État".
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La confrontation se tient une semaine avant un conseil d'administration d'Orange crucial pour le PDG qui brigue un nouveau mandat. C'est la première fois, depuis sa mise en examen, qu'il se retrouve confrontée à son ancienne ministre.
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