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Affaire Tapie : Stéphane Richard a toujours pensé que Nicolas Sarkozy "était favorable à un arbitrage"

Photo de Nicolas Richaud

latribune.fr

Publié le 23 décembre 2013 à 14:39 - Mis à jour le 23 décembre 2013 à 16:20

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Le PDG d'Orange a décrit aux juges le climat "favorable" qui prévalait à l'Elysée sous Nicolas Sarkozy pour recourir à l'arbitrage et mettre un terme au long conflit entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas.

Les collaborateurs du chef de l'Etat de l'époque ont-ils pu prendre une position favorable à l'arbitrage dans l'affaire Tapie sans l'aval de Nicolas Sarkozy? "Oui, mais j'ai toujours pensé, même si je n'ai jamais abordé directement le sujet avec lui, que le président de la République était, par principe, favorable à un arbitrage."

Voilà ce qu'a répondu Stéphane Richard, aux juges lors d'une audition le 6 et le 9 décembre dernier. Le PDG d'Orange a une fois de plus été interrogé sur l'arbitrage relatif au long conflit entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas.

"Je suis sorti de cette réunion à l'Elysée avec le sentiment qu'il y avait une orientation très favorable en faveur d'un arbitrage"

Durant ces auditions, les juges ont notamment interrogé Stéphane Richard, alors directeur de cabinet de Christine Lagarde au ministère de l'Economie, sur une réunion fin juillet 2007 à l'Elysée, sans doute le 30, convoquée par le secrétaire général Claude Guéant, en présence de son adjoint François Pérol, du conseiller présidentiel Patrick Ouart, de Bernard Tapie et de Jean-Francois Rocchi, président du CDR, l'organe chargé de solder le passif du Crédit Lyonnais.

Cette rencontre se serait tenue trois mois avant l'accord des parties de s'en remettre à l'arbitrage plutôt qu'à la justice traditionnelle pour clore ce conflit.

"Ce qui est clair, c'est que je suis sorti de cette réunion à l'Elysée avec le sentiment qu'il y avait une orientation très favorable en faveur d'un arbitrage, puisque tous les participants ont fait connaître leur position favorable", a déclaré Stéphane Richard.

Claude Guéant était son interlocuteur principal à l'Elysée

Selon lui,

"les principaux arguments qui militaient en faveur d'un arbitrage (rapidité, simplicité, capacité à limiter les risques financiers pour le CDR) ont été défendus par tous les participants". "J'ai ressenti lors de cette réunion un climat très favorable à l'idée d'une résolution définitive et rapide de ce dossier", insiste-t-il.

Et

"lorsque le secrétaire général de l'Elysée exprime un point de vue sur un dossier comme celui-là, il est clair qu'il a recueilli au préalable l'aval du président", poursuit-il, ajoutant que Claude Guéant était son "interlocuteur à l'Elysée sur ce dossier".

"Je n'ai été personnellement aucunement l'inspirateur du recours à l'arbitrage"

A plusieurs reprises, le PDG d'Orange rappelle qu'"à l'époque, M. Tapie était régulièrement reçu par les plus hautes autorités politiques du pays" et "faisait régulièrement état de la proximité qu'il prétendait avoir" avec Nicolas Sarkozy. Stéphane Richard précise toutefois avoir ignoré que Bernard Tapie avait été reçu par Nicolas Sarkozy le 30 juillet, juste avant la réunion convoquée par Claude Guéant.

L'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde a de nouveau réfuté avoir donné comme "consigne" ou "instruction" aux patrons du CDR et de l'EPFR d'aller à l'arbitrage, les organismes chargés de gérer l'héritage du Lyonnais, se contentant de relayer "quelle était l'orientation du gouvernement". "Je n'ai été personnellement aucunement l'inspirateur du recours à l'arbitrage."

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Christine Lagarde a été placée sous le statut intermédiaire de témoin assisté

Actuellement à la tête du FMI, Christine Lagarde a été placée sous le statut intermédiaire de témoin assisté par la Cour de justice de la République (CJR), chargée d'enquêter sur les actes commis par des ministres.

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Les juges suivent un autre axe d'enquête: le traitement par l'administration fiscale du fruit de l'arbitrage. Sur ce point, Stéphane Richard relève que cette question ne relevait pas de la compétence de sa ministre: "C'est M. (Eric) Woerth", alors ministre du Budget, et ses services, "qui ont intégralement instruit ce dossier".

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