Valls, vers une majorité relative à l'Assemblée ?

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Le Premier ministre pourrait rassembler une majorité relative à l'Assemblée sur le programme de stabilité
Le Premier ministre pourrait rassembler une majorité relative à l'Assemblée sur le programme de stabilité (Crédits : reuters.com)
A minima, le Premier ministre pourra compter sur une majorité relative lors du vote sur le programme de stabilité. Il n'en reste pas moins que si 40 députés socialistes s'abstiennent, l'avenir s'annonce délicat pour Manuel Valls

Manuel Valls devrait, dans le pire des cas, au moins obtenir la majorité relative lors du vote sur le programme de stabilité qui interviendra ce 29 avril peu avant 20 heures. Ce programme doit ensuite être transmis à Bruxelles qui aura un mois pour dire si les trajectoire adoptées par la France pour redresser ses finances publiques et respecter à la fin 2015 ses engagements européens (limitation des déficits, de la dette, etc.) sont bonnes.

Ce programme de stabilité contient le désormais fameux pacte de responsabilité (30 milliards d'euros d'allègements du coût du travail et 10 milliards de baisse de la fiscalité pesant sur les entreprises) ainsi que le plan de 50 milliards d'euros d'économies, dont 18 milliards à la charge de l'Etat, 21 milliards à trouver dans la protection sociale et 11 milliards du côté des collectivités locales). Pour les « frondeurs » du PS, la potion est trop amère.

La grogne des députés  "frondeurs"

Les députés proches de Martine Aubry estiment ainsi qu'un plan d'économies de 35 milliards aurait été bien suffisant si, de l'autre côté, on avait mieux ciblé les nouvelles aides aux entreprises sur les secteurs qui en ont réellement besoin.  Devant cette grogne, qui a pris de l'ampleur, le Premier ministre Manuel Valls a mis les bouchées doubles (rencontre avec le groupe socialiste, envoi d'une lettre à chacun des députés, etc.) pour qu'il ne manque pas une voix chez les députés PS pour voter le programme. Un vote plus symbolique d'ailleurs que nécessaire car, dans tous les cas de figure, le programme partira à Bruxelles. Mais, bien entendu, la France aura plus de poids dans ses discussions avec la Commission dès lors que sa représentation nationale aura largement voté le programme.

Alors, à quelques heures du vote, où en sommes nous ?

Jusqu'à 40 "abstentions" dans le groupe PS?

Parmi les 291 députés socialistes (la majorité absolue à l'Assemblée se situe à 289), certains estiment qu'il pourrait y avoir jusqu'à 40 « frondeurs » qui pourraient s'abstenir.  Un niveau qui semble très haut mais si c'est le cas, Manuel Valls pourrait encore compter sur les 17 voix des Radicaux de gauche. En revanche, du côté des écologistes, douze députés sur dix-sept voteront contre, tout comme les 15 du Front de gauche.

Du côté du centre et de la droite, Manuel Valls va sans doute bénéficier dans ce contexte de "l' abstention d'encouragement" de la grande majorité des 29 UDI alors que la quasi-totalité des 198 représentants de l'UMP votera contre, dénonçant "l'absence de réformes de structure". A noter, toutefois, que deux ancien ministres de Nicolas Sarkozy,  Benoist Apparu et Frédéric Lefebvre ont annoncé qu'il pourraient voter « pour ».

Peut-être 230 voix contre le programme de stabilité

Au total donc, si l'on ajoute la possibilité que un ou deux « chevènementistes » votent contre, ainsi que quelques députés « non inscrits » (les deux FN notamment), le vote « contre » le programme de stabilité pourrait avoisiner les 230. Manuel Valls obtiendrait une majorité relative d'environ 270 voix « pour ». Les autres se seront donc réfugiés dans l'abstention pour des raisons diverses.

Si cette hypothèse devenait réalité, le coup serait quand même rude pour le Premier ministre qui va se trouver largement débordé sur sa gauche. Une partie du PS sera remontée contre lui, idem pour les écologistes, sans parler du Front de gauche. Et ce, alors que d'autres lois s'annoncent difficiles à faire passer : la loi sur la transition énergétique en juin, le collectif budgétaire également au printemps. Et, plus tard, à l'automne, les projet de loi de finances 2015 et de financement de la sécurité sociale qui va contenir les premières mesures d'économies dans la protection sociale...

 

 

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Commentaires
a écrit le 30/04/2014 à 12:20 :
c'est fait... Bof ... Merci quand même aux 41 qui ont osé résister aux menaces, et un peu remonté l'image de la classe politique
Réponse de le 30/04/2014 à 12:42 :
et si c'était du cinéma au sujet des courageux" qui ont "résisté"?.....avec ces gens là, méfiance !
a écrit le 30/04/2014 à 12:19 :
Quand on constate cette fronde, on se rend bien compte qu'il y a encore des responsables politiques en France qui ne réalisent pas l'ampleur de notre déficit et de notre manque de compétitivité, et qui continuent de rêver à des jours meilleurs sans assumer aucune de leur responsabilités en ce domaine. Au plus on attend pour faire les réformes structurelles qui s'imposent, au pire ce sera! Alors tout ceux qui freinent des 4 fers pour sauvegarder leur petits privilèges sont pour moi de dangereux irresponsables, et n'ont rien à faire aux postes qu'ils occupent. La France et les Françaises et Français en ont marre d'attendre que les responsables politiques prennent leur responsabilités et les assument, mais aussi et surtout que cesse ce ridicule clivage droite gauche, dont on doit bien maleureusement constater la totale inefficacité, Et bravo aux députés de droite qui ont l'honnêteté et le courage de soutenir un programme, qui même s'il ne va pas assez loin dans la restructuration de notre pays, prend néanmoins la bonne direction.

Quant aux autres, comme Gilbert Collard l'a dit, ce ne sont que des Tartuffes...
a écrit le 30/04/2014 à 2:30 :
Encore un jeu de dupe au sein du théâtre politique. Ni motion de censure, ni dissolution du parlement sont à l'ordre du jour...
a écrit le 29/04/2014 à 18:29 :
Ils sont exécrables !
a écrit le 29/04/2014 à 17:49 :
Quel culot de parler pouvoir d' achat et précarité alors qu ils en sont les responsables
a écrit le 29/04/2014 à 17:09 :
Manuel Valls s'adresse aux cyborgs socialistes pendant que les autres députes dorment, sont à la recherche des caméras de télé, jouent au golf, ...ou sont à la banque pour recompter leurs frics.

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