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ÉconomieFrance

La nouvelle carte des régions de Hollande fait un flop

Photo de Philippe Mabille

latribune.fr

Publié le 07 juin 2014 à 09:21 - Mis à jour le 07 juin 2014 à 10:36

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Le projet de François Hollande de redécouper les 22 régions pour n'en garder que 14 ne satisfait pas les Français, selon deux sondages réalisés par BVA et Ifop publiés samedi.

Selon un sondage BVA pour iTélé, seules 42% des personnes interrogées disent être satisfaites du nouveau découpage des régions, qui passeraient de 2é à 14 selon le projet arbitré lundi dernier. Le projet du chef de l'Etat n'emporte l'adhésion que chez les sympathisants de gauche (61% contre 29% de satisfaits à droite).

Autre mauvais point pour l'exécutif, une majorité de 54% estime en outre que la réforme est "uniquement destinée à donner une meilleure image du gouvernement" contre 44% qui la jugent "importante pour permettre de donner plus de poids aux régions et de réduire la dépense publique".

Un autre sondage, réalisé par l'Ifop pour Midi Libre, confirme cette tendance. 54% des sondés "n'approuvent pas" la nouvelle carte des régions, contre 46% qui l'approuvent. Elle remporte toutefois l'adhésion de 73% des sympathisants du PS. Seuls 35% des sympathisants UMP et 37% de ceux du Front national l'approuvent.

L'avenir du quinquennat en jeu

François Hollande s'est jeté à l'eau cette semaine en annonçant une vaste refonte des régions et la mise à mort progressive des départements, mais une rude bataille l'attend, les élus, à commencer par ceux de son camp, s'estimant mis devant le fait accompli.

De l'avenir de cette réforme dépend sans doute celui du quinquennat, tant le président de la République a placé la restructuration du "millefeuille français" au coeur de son action réformatrice, l'opposant à l'absence de réforme radicale de Nicolas Sarkozy en la matière. "Là-dessus, et Hollande et Valls jouent leur peau", affirme un député socialiste en vue.

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Dans la majorité, le dossier est considéré comme porteur. "Les Français, ce qu'ils veulent, c'est qu'il y ait moins d'élus et des économies", estime le même. Ce n'est pas, toutefois, un plébiscite, à en croire un sondage Ifop du 11 mai: 55% approuveraient la suppression des conseillers généraux, 44% y seraient hostiles.

"Parce que notre organisation territoriale a vieilli et que les strates se sont accumulées", François Hollande a annoncé mardi une réduction (de 22 à 14) du nombre des régions en métropole -pour qu'elles soient "plus puissantes"- et la disparition "progressive", d'ici 2020, des conseils généraux. Les compétences de ceux-ci seront redistribuées: les régions hériteront des routes, des collèges, de l'équipement numérique du territoire, les intercommunalités devraient récupérer peu à peu les compétences sociales.

Mauvais départ

La réforme a pourtant pris un mauvais départ, lestée par le soupçon d'intrigues entre le pouvoir central et les "barons" PS locaux et les retouches de dernière minute de la nouvelle carte régionale. Une réunion tardive lundi à l'Elysée entre François Hollande, Manuel Valls et les ministres concernés, une tribune du chef de l'Etat à la presse quotidienne régionale, où les signes XXX tenaient lieu de nombre total de régions métropolitaines quelques minutes avant l'arbitrage final ont relancé les accusations de "précipitation", d'"improvisation" voire de "tripatouillage" qui collent à la peau de François Hollande depuis son accession à l'Elysée

Fidèle parmi les fidèles, un ancien baron PS du Nord, Bernard Derosier, se dit "exaspéré" par un lancement "raté". "On ne fait pas une lettre à la PQR quand on joue sa peau, on va au 20h00", se désole un autre élu du même bord.

Radicaux de gauche et écologistes se disent eux heurtés par une méthode "brutale" tandis que même la droite la plus régionaliste a cloué au pilori le projet Hollande, qualifié par l'UMP Jean-Pierre Raffarin d'"acte 1 de la recentralisation", parce que décidé "tout en haut".

Manuel Valls a tenté de calmer les aigreurs en affirmant que le nouveau découpage pourrait connaître "des évolutions" lors du débat parlementaire, qui commencera autour du 20 juillet au Sénat. Elles concerneraient les Pays de la Loire, qui pourraient bien finir par se marier, affirme l'un. "Ca ne va pas bouger", tranche un dirigeant PS.

D'autres sujets de friction devront être réglés: le nom des régions, propice à de belles empoignades, et celui des élus de chaque région, que l'exécutif a pour l'instant fixé pour toutes les régions à 150 au maximum (avec un plancher de deux élus au moins par département), d'après un ministre. Autre casse-tête, la localisation du siège de la région. Elle sera arrêtée par décret d'ici le 1er janvier 2016.

Malgré ces obstacles, les dirigeants du PS ne doutent pas que le premier des deux textes, qui arrête la nouvelle carte et reporte de huit mois (à novembre ou décembre 2015) les régionales et cantonales, "sera voté". "Maintenant, on ferme les écoutilles et on avance", déclare l'un d'eux. Un recours à l'engagement de responsabilité du gouvernement (49.3) n'est pas exclu, toutefois.

C'est que l'entreprise est considérable: les transferts de compétences des départements aux régions portent sur 12 à 14 milliards d'euros et 80.000 agents. "Ca prend trois ans", selon le secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale, André Vallini.

Si les élus régionaux voient d'un bon oeil ce chambardement, la colère gronde dans une bonne partie des conseils généraux, auxquels le gouvernement promet un mort lente mais sûre. Elle a franchi un nouveau palier après le mot malheureux de M. Vallini déclarant que les départements allaient être "dévitalisés". "Il n'est pas question d'accompagner ce mouvement suicidaire", a prévenu jeudi le président du conseil général du Jura, Christophe Perny (PS).

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Ces élus "sont vexés et se sentent humiliés. Ils ont l'impression d'avoir fait leur travail, se sont mobilisés pour aider Hollande à gagner. On s'essuie les pieds sur eux, c'est extrêmement violent", commente le directeur de cabinet d'un élu. Ils comptent donc sur la discussion parlementaire. "Le président va affronter le Parlement", résume Patrick Kanner, président du conseil général du Nord.

latribune.fr

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