L'habileté de M.Valls

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(Crédits : Reuters)
On attendait une prise de position tonitruante des députés PS frondeurs, contre la ligne libérale du nouveau gouvernement: ce sont au contraire 200 députés soutenant l'exécutif qui prennent la parole

Manuel Valls a d'abord été un pro de la communication politique. Et cela se voit en cette rentrée. Après, le jour de la présentation du gouvernement,  la surprise Macron, la nomination de cet ex secrétaire général adjoint de L'Elysée, ex banquier, masquée par un rideau de fumée toute la journée -radios et télés ont été alimentées avec des rumeurs diverses sur l'arrivée des radicaux de gauche, des Verts, de Robert Hue...- vient une gestion habile des élus socialistes. On attendait bien sûr une prise de position tonitruante des "frondeurs", ces députés PS -une quarantaine- réclamant dès le printemps dernier une politique plus à gauche, après l'annonce du nouveau gouvernement et la déclaration d'amour de Manuel Valls au patron. Une prise de position d'autant plus évidente que s'annonce l'université d'été du PS, ce week end à La Rochelle, qui risque pour le pouvoir d'être lieu de tous les déballages.

On imagine bien qu'en ce jeudi matin, les frondeurs phosphorent sur un texte.

Les frondeurs pris de vitesse

Mais le gouvernement leur a coupé l'herbe sous le pied. Dans Le Monde, 200 députés PS -pas moins!- signent une tribune de soutien au président de la République, et donc à l'ensemble de l'exécutif. 200 députés qui dénoncent non pas les débats et désaccords, mais la méthode des frondeurs, conduisant à une mobilisation conte le gouvernement.

Le problème n'est pas qu'il y ait des désaccords, il en a déjà existé. Rappelons-nous les votes de députés socialistes contre la première guerre du Golfe ou contre l'amnistie des généraux félons, lors des septennats de François Mitterrand. Le problème réside dans la permanence d'une défiance a priori à l'égard de l'exécutif, qui a conduit à une mobilisation de socialistes contre d'autres socialistes ou allant jusqu'à mobiliser d'autres groupes pour battre le gouvernement. Le débat entre godillots et déloyaux n'a pas de sens. Si ce n'est notre affaiblissement collectif.

Et d'appeler à

"un rassemblement, car c'est ce qui fait notre force, nous permet de convaincre et d'entraîner avec nous les Français. Ce n'est pas l'argument pour éviter les débats, c'est la condition pour être audibles et crédibles, et donc un jour entendus.

Pour enfoncer le clou, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, estime dans Le Monde qu'aucun ne peut donc souhaiter une « dissolution », dit-il, et la gauche doit « dialoguer, mais ne pas s'affronter » : « Collectivement, il faut être à la hauteur de la conjoncture historique. »

Les frondeurs peuvent toujours intervenir: Manuel Valls leur opposera les 200 députés favorables à la ligne gouvernementale. Habile.

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Commentaires
a écrit le 31/08/2014 à 11:10 :
LE CHANGEMENT SE FERAS DANS LA RUE EN OCTOBRE LES SYNDICATS? LES PARTIE DE GAUCHE? ET LES VERTS FERONT LEURS RENTRES ? CA VA VALSE???
a écrit le 28/08/2014 à 19:27 :
Le mensonge permanent n'est un signe d'habileté ;
tout au plus,
une poignée de 200 Parlementaires ventrachoux béni oui oui peuvent se faire avoir une fois de plus,
tout comme les ventrachoux UMP Nouveau centre se sont fait avoir magistralement par les mensonges de Sarkozy et des instances de l'UMP .
Mensongitude serait le bon mot pour qualifier Valls Hollande
L'on se demande bien comment Ségolène ROYALE a pu et peut encore supporter cette situation sans issue ?
a écrit le 28/08/2014 à 17:34 :
Un homme qui n'a jamais rien réussit, nulle part, jamais au grand jamais, alors VALLSKOZY, pour rien, comme d'hab, noyer le poisson, ils n'ont pas la barre puisque c'est l'Europe qui tient tous ces assujettis!
a écrit le 28/08/2014 à 15:55 :
Tous ces gens qui vont perdre leur poste de député avec certitude, c'est fascinant.
a écrit le 28/08/2014 à 15:33 :
Si le Medef est content alors c'est super, peu importe les électeurs trompés, le niveau désolant des sondages et les chiffres affligeant en Europe (y compris en Allemagne...). Mais alors pourquoi l'UMP ne crie pas sa joie devant ce tournant étonnant et cette politique de l'offre aux entreprises qui est considérable. Etonnant non.
a écrit le 28/08/2014 à 14:39 :
Une politique libérale ? Certainement pas ! Les dispositifs tels que le CICE sont justement tout le contraire du libéralisme et aboutiront aux mêmes résultats que les politiques de redistribution pour les citoyens : un système détourné des intentions initiales avec de grosses boîtes profiteuses, des agents économiques sous la coupe de l'Etat et un état de démotivation générale dans lequel les malins seront mieux servis que les bosseurs. En plus remettre sur le tapis des politiques proposées par l'opposition (déjà pas très libérale) lors de la campagne après deux ans et demi perdus. Tout cela n'a aucun sens !
a écrit le 28/08/2014 à 13:47 :
C'est tout le contraire. Valls essaie de saisir une opportunité car il a compris que le socialisme se nourrit des résultats du capitalisme. Hors la France n'a plus de réserves et il faut recréer de la richesse pour relancer le socialisme.
Quand les syndicats et politiques parlent feignant d'ignorer la dette abyssale de la France (plus de 2.000 milliards d'euros), les charges de structure de l’administration les plus importantes d'Europe, les impôts et taxes les plus élevés d'Europe, ils passent vraiment pour des imbéciles qui n'ont aucune information à leur disposition ou une mémoire de poisson rouge.
Bref, ces gens là ne sont pas à leur place et les syndicats qui représentent 8% des salariés ne devraient plus avoir le rôle que leur donnent les politiques
a écrit le 28/08/2014 à 11:59 :
Ce gouvernement n'est absolument pas libéral:57% de prélèvements obligatoires qui AUGMENTENT chaque année.Le pire c'est que ces 57% ne sont pas également répartis,ce qui veut dire que certains contribuent encore plus!

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