Et si on calculait autrement la croissance ?

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Et si la croissance n'était pas ce qu'elle était ?
Et si la croissance n'était pas ce qu'elle était ? (Crédits : DR)
France stratégie, le think tank du gouvernement dédié à la prospective suggère la prise en compte de nouveaux indicateurs pour améliorer la qualité de la croissance.

Il ne s'agit pas de casser le thermomètre pour espérer faire retomber la fièvre. Dans une note publiée sur son site Internet, France stratégie, le think tank du gouvernement dédié à la prospective suggère la prise en compte de nouveaux indicateurs pour améliorer la qualité de la croissance.

" Dans la lignée des conclusions de la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi sur la mesure du progrès social, cette note propose sept indicateurs susceptibles d'accompagner le PIB dans un tableau de bord de la qualité de la croissance française : l'évolution des stocks d'actifs productifs, physiques et incorporels, rapportés au PIB ; la proportion de titulaires d'un diplôme supérieur au brevet des collèges parmi les 25 à 64 ans ; la proportion artificialisée du territoire ; l'empreinte carbone française annuelle, importations incluses ; le rapport entre les revenus détenus par le cinquième le plus riche de la population et ceux détenus par le cinquième le plus pauvre ; la dette publique nette rapportée au PIB ; enfin, la dette extérieure nette rapportée au PIB ", explique la note de France Stratégie.

Avec cette nouvelle batterie d'indicateurs, la mesure de la croissance est plus universelle puisqu'elle prend en compte les réalités économiques, sociales et environnementales, ce qui n'est pas du tout le cas du chiffre " brut " de la croissance que l'Insee communique chaque trimestre.

L'Insee se met à la page

Remis en septembre 2009, le rapport commandé par Nicolas Sarkozy aux économistes Joseph Stiglitz, prix Nobel et professeur à l'université de Columbia, Amartya Sen de l'université de Harvard ainsi que Jean-Paul Fitoussi, de l'Institut d'Études Politiques de Paris, président de l'Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE) formulait déjà plusieurs recommandations afin d'optimiser la mesure de la qualité de vie, le développement durable et l'environnement. Des recommandations reprises en partie par l'Insee dès novembre 2009 qui valorise depuis la richesse produite par les ménages via leurs travaux domestiques, comme les tâches ménagères ou l'éducation des enfants.

La France plus riche depuis le 15 mai

Ce n'est pas la seule modification subie par la mesure de la croissance. Depuis le 15 mai, l'Insee publie une nouvelle version des comptes nationaux, actualisée sur les trois dernières années, et reposant sur une nouvelle base qui prend en compte les modifications de tous les grands agrégats (PIB, consommation, investissement...). " Le cadre comptable doit en effet s'adapter pour refléter au mieux les mutations de l'économie. Traiter en investissement les dépenses de R&D permet par exemple de mieux rendre compte du poids de plus en plus important des actifs tirés de la propriété intellectuelle dans l'économie d'aujourd'hui ", expliquait l'Institut en mai qui applique depuis les nouvelles normes de comptabilité nationale édictées par le Système de comptes nationaux (SCN 2008) et sa déclinaison européenne, le Système européen de comptes (SEC 2010).

Même si elles ne sont pas vraiment visibles pour l'instant, ces modifications comptables devaient avoir pour conséquence une révision substantielle à la hausse du niveau du PIB, " pour un impact nettement plus modeste sur les taux d'évolution ", avait précisé l'Insee et, via une augmentation du niveau du PIB pouvant s'élever de 1 à 4 points de PIB, un recul des ratios qui prennent le PIB pour dénominateur. Citons notamment le déficit public, la dette publique et les prélèvements obligatoires.

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Commentaires
a écrit le 20/09/2014 à 10:51 :
Un exemple tout bête qui montre l'absurdité du système actuel : on fait plus de croissance avec des produits qui dure 1 ans que 5 ans. Trouvez vous cela logique?

Un autre point qu'y devrait être pris en compte dans le calcul de la croissance : l'amelioration du cadre de vie. Typiquement l'aménagement des centres villes, des aires de jeux pour les enfants, etc...
a écrit le 17/09/2014 à 7:38 :
Petit traité de manipulation à l'attention des honnêtes gens.
Retournez en chine communiste ou en union soviétique, vous aurez plus de succès.
Comment la tribune peut elle se commettre en diffusant des inepties de la sorte !!!!
a écrit le 16/09/2014 à 15:31 :
Prix Nobel de manipulation... virez moi tout ça à l'ANPE et le peuple Français en sera gagnant! Même pas de Français de souche dans ce trio de bras cassés de theoriciens...
a écrit le 16/09/2014 à 14:01 :
C'est aussi utile que de regarder la température en degrés fahrenheit plutôt qu'en degré celcius. Mais rassurez vous, payer ces guignols à revoir les règles de calcul du PIB, ça créé du PIB. On se sent tout de suite mieux ^^
a écrit le 16/09/2014 à 13:25 :
à qui perd gagne on est médaille d'or !
a écrit le 16/09/2014 à 13:23 :
A défaut de croissance tout court, on a la croissance des indicateurs.
a écrit le 16/09/2014 à 13:16 :
Parfait pour réduire la dette, on n'y aurait vraiment pas pensé ! Pour réduire le chômage je propose d'enlever la période de congés des chômeurs de leur temps de chômage. Ceux qui retrouveront un job en moins de 5 semaines ne compteront plus dans les stats !
a écrit le 16/09/2014 à 13:09 :
Tout ceci n'adresse pas le vrai problème qui est que le PIB n'intègre pas les variations d'endettement. C'est à dire qu'on ne voit pas quand la hausse de PIB est artificiellement boostée par l'endettement (endettement qu'il faut prévoir de rembourser un jour). La seule correction à apporter au PIB serait d'ajouter la variation de l'endettement (public et privé) d'une année sur l'autre. Ainsi, quand le pays s'endette ou se désendette, cela se verrait sur ce "PIB corrigé" de l'endettement. Le reste est secondaire.
a écrit le 16/09/2014 à 12:50 :
rapport entre les plus riches et les plus pauvres ... et les titulaires du brevet des colleges .... ah ah ah ... tout le monde egaux dans la pauvretée et des diplome qui valent rien : voila la nouvelle richesse de la France ... c'est tellement plus simple de casser le thermometre plutot que guerrir le malade ... ca c'est du think tank qui envoie du gros.
a écrit le 16/09/2014 à 12:27 :
C'est des énarques qui ont pondu ça ? Y'en a marre du "pouvoir" aux personnes qui ne connaissent RIEN de la vraie vie. La France est vraiment un pays de fonctionnaires !!! ET on le paye très très cher aujourd'hui...
a écrit le 16/09/2014 à 12:11 :
Elle est pas belle, mon usine..??

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