Les fonctionnaires appelés aux urnes pour élire leurs représentants syndicaux

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La CGT va-t-elle rester la première organisation syndicale dans la fonction publique?
La CGT va-t-elle rester la première organisation syndicale dans la fonction publique? (Crédits : reuters.com)
Ce Jeudi 4 décembre, pour la première fois, les quelque 5,4 millions d'agents des trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière) sont appelés ensemble à élire leurs représentants syndicaux . Un véritable test de représentativité pour les organisations syndicales.

Ce Jeudi 4 décembre sera une journée à marquer d'une croix blanche dans la fonction publique. Pour la première fois, les quelque 5,4 millions d'agents des trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière) sont appelés ensemble à élire leurs représentants au sein de 22.000 instances, dont les comités techniques et les commissions administratives paritaires. Un moment important donc pour jauger de la représentativité des huit organisations syndicales qui présentent des candidats : CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FSU, FO, Unsa et Solidaires. C'est la première fois que les élections ont lieu partout le même jour. En 2011, lors du précédent scrutin, seules les deux fonctions publiques de l'Etat et de l'hospitalière avaient voté ensemble. Les dernières élections dans la territoriale s'étaient elles tenues en 2008.

Réforme de la représentativité syndicale dans la fonction publique

Point majeur d'une loi de juillet 2010, la représentativité dans la fonction publique se mesure sur les résultats obtenus par les syndicats aux élections aux comités techniques (CT, assimilables aux comités d'entreprise dans le privé). Aussi, seuls les syndicats ayant obtenu des sièges dans ces comités techniques pourront signer des accords. Autre point important, l'enveloppe des moyens alloués par l'Etat à chaque syndicat dépend désormais des résultats obtenus, c'est-à-dire du nombre de sièges détenus aux élections aux CT. Par ailleurs, toujours en vertu de la loi de 2010, à compter de la fin de cette année 2014, seuls les accords signés par une ou plusieurs organisations ayant recueilli au moins 50% des voix lors des dernières élections professionnelles seront valides. Auparavant, ce seuil était fixé à 20% des voix.

Quel est l'état des forces actuel ? Si l'on prend l'ensemble des trois fonctions publiques, la CGT arrive en tête avec 25,4% des suffrages, suivie par la CFDT (19,1%), FO (18,1%), l'Unsa (9,3%), la FSU ( 8,2%), Solidaires (6,6%), la CFTC (4%), la CFE-CGC (2,9%). Mais, dans le détail, le rapport de force change un peu. Ainsi, dans la fonction publique d'Etat les écarts sont nettement plus refermés. C'est FO qui arrive en tête (16, 6%), suivie par la CGT et la FSU qui font armes égales (15,8%). La FSU est le principal syndicat de l'Education nationale qui emploie près d'un million d'agents. Viennent ensuite la CFDT (14,6%) et l'Unsa (14%).


Les syndicats inquiets du taux de participation

Dans la fonction publique territoriale, la CGT retrouve très largement sa première place (33%) des voix, loin devant la CFDT (21,9%) et FO (17,4%). Enfin, dans l'hospitalière, là aussi la CGT domine (33,6%), suivie par la CFDT (24,4%), FO (22,8%) et Solidaires, notamment avec Sud santé sociaux (8,9%).

Bien entendu, l'enjeu de la participation est important pour rendre la représentativité incontestable. Or, les syndicats sont inquiets du climat de morosité actuelle qui pourrait pousser à  l'abstention. En 2011, le taux de participation avait été de 53% dans la fonction publique d'Etat, avec des pointes à plus de 80% à la Cour des comptes ou à La Poste et aux Finances. Dans l'hospitalière le taux était de 50,9% et dans la territoriale, la participation avait atteint 61% en 2008.

La campagne a été intense, les secrétaire généraux des différents syndicats se sont impliqués. Ainsi, Jean-Claude Mailly (FO) s'est livré à un véritable tour de France pour soutenir ses troupes. La FSU, de son côté, espère reprendre la première place syndicale dans la fonction publique d'Etat. Position qu'elle a perdue lors du scrutin de 2011. Enfin, il faudra aussi suivre le score de la CGT. La centrale de Montreuil espère progresser encore pour effacer ses revers rencontrés dans les grandes entreprises publiques, notamment à la SNCF et à EDF. Mais les dirigeants des fédérations de fonctionnaires CGT sont inquiets. Ils interrogent sur les éventuelles conséquences que pourraient avoir sur le vote les turbulences rencontrées actuellement Thierry Le Paon et le siège confédéral de la CGT.

Toujours est-il qu'après ce scrutin national de ce jour dans la fonction publique -dont les résultats seront pour l'essentiel connus le 8 et le 9 décembre -, on disposera d'une véritable photographie de la représentativité des syndicats en France, puis que « l'opération vérité » a déjà été menée dans le secteur privé en 2013.

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a écrit le 04/12/2014 à 14:24 :
Le cancer de la fonction publique, territoriale, chu, état qui cangrène notre économie défile dans la rue... Vivement un vrai leader politique pour éradiquer cette maladie bien française...
a écrit le 04/12/2014 à 13:16 :
Attention de ne pas enfermer Le Paon dans une trop petite urne: il ne pourra plus faire la roue.........de la fortune (?)
a écrit le 04/12/2014 à 9:56 :
bonne chance a tous ces syndicats ,il sont l ame des avances social en france ,car il sont proche du peuple, ,les gouvernements ont besoin deux, pour resoudre les conflies entre eux est les elites,,???
Réponse de le 05/12/2014 à 6:31 :
Combien représentent-ils de personne ?
a écrit le 02/12/2014 à 21:30 :
Vous croyez que comme l'Europe le veux, les militaires pourront participés?
a écrit le 02/12/2014 à 20:17 :
Au moins un endroit où le communisme triomphe en France.
a écrit le 02/12/2014 à 17:48 :
baisser la masse salariale de ces nantis qui font la dette de la France !
Réponse de le 02/12/2014 à 23:10 :
Encore un jaloux qui n'a jamais pu être fonctionnaire....
Réponse de le 04/12/2014 à 12:12 :
@@objectif: Et encore un qui n'a jamais travaillé dans le privé...Perso, j'ai eu le choix, mais décidemment je ne pourrais jamais me faire à la mentalité du public... Trop ancrés sur les avantages acquis, pas ou peu de remise en cause, pas de possibilité de faire des propositions pour améliorer le fonctionnement, bref trop de pesanteurs...
a écrit le 02/12/2014 à 16:08 :
Les privilégiés, (tous bénéficiaires d'une retraite chapeau, étant donné que l'état cotise chaque mois à 70% pour leur retraite !!) vont élire ceux qui vont oeuvrer pour appauvrir encore plus le reste des français afin de pérenniser leurs avantages indécents... Triste spectacle
Réponse de le 02/12/2014 à 20:48 :
Jugement de valeur totalement infondé ni argumenté. Mais bon, on sait ce que vaut les commentaires de Pat34.
Réponse de le 04/12/2014 à 12:17 :
@Luis: Peut-être... Mais en attendant, il y a de réelles injustices entre le public et le privé... Salaire moyen plus important, pensions de retraites plus élevées, départ à la retraite plus jeunes... Alors il ne faut pas s'étonner que les salariés du privé soient parfois très critiques, voire parfois agressifs, avec la fonction publique, qui, au passage, ponctionne le PIB et n'en crée pas... ou si peu...
Réponse de le 04/12/2014 à 12:24 :
Sauf que l'état ne cotise pas ! il n'y a pas de caisse, cela correspond à un ligne comptable ! les retraite sont payées avec nos impôts. C'est pourquoi le paiement des retraites des fonctionnaires pour les futures années viennent s'ajouter à la dette de l'état (mais ne sont pas comptées) Le taux de 70% par contre est faux. Pour les fonctionnaire c'est autour de 30% (le double du privé, l'état est très généreux) une distinction pour nos amis de la SNCF qui ne sont pas fonctionnaires, mais ont un système de retraite spécial, puisque il y a plus de retraité que de salariés qui cotisent, d'où l'état (c'est à dire nous) paye 60% de leur retraite (soit un bon système de parasite !!!)

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