Les Français ont-ils réellement retrouvé confiance en l'avenir ?

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Calculé par l'Insee, l'indicateur synthétique mesurant la confiance des ménages a gagné deux points en décembre.
Calculé par l'Insee, l'indicateur synthétique mesurant la confiance des ménages a gagné deux points en décembre. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
L'indicateur synthétique mesurant la confiance des ménages a gagné deux points en décembre. Est-ce de bon augure ?

Chaînon manquant du cercle vertueux qui permettrait à l'économie française de renouer avec la croissance, la confiance serait-elle au rendez-vous ? Calculé par l'Insee, l'indicateur synthétique mesurant la confiance des ménages a gagné deux points en décembre.

L'imminence des fêtes de fin d'année a-t-elle grisée les Français ? Croient-ils possible un retour de la croissance - l'indice PMI publié ce jour indique une nouvelle contraction de l'activité en France - et une baisse du nombre de demandeurs d'emplois ?

Malheureusement, ce timide retour de la confiance n'est pas vraiment porteur de bonnes nouvelles. D'une part, il n'est pas suffisamment prononcé pour permettre à l'indicateur de dépasser sa moyenne de longue période. A 90, l'indicateur se situe 10 unités en dessous de celle-ci !

Une embellie en trompe-l'œil

D'autre part, ce retour de la confiance n'est qu'une embellie en trompe-l'œil. En effet, elle trouve en grande partie son origine dans l'augmentation brutale de l'opportunité d'épargner,  en dépit de la progression attendue du pouvoir d'achat ! Dans sa dernière note de conjoncture, l'Insee table sur une progression de 1,3% du pouvoir d'achat entre juin 2014 et juin 2015. La crainte, toujours plus forte, du chômage explique ce changement  attendu de comportement des Français.

Or, s'ils deviennent des fourmis, les ménages ne seront plus cigales. Et s'ils consomment moins, ce sont les espoirs timides de reprise qui s'envolent.

Sans vouloir verser dans un pessimisme exacerbé, les statistiques du jour de l'Insee sont donc plutôt alarmantes. Elles pourraient présager le pire pour l'économie française. En effet, si ces anticipations devaient se réaliser, la prévision annuelle de croissance, fixée à 1% par le gouvernement, serait très difficile à atteindre, l'investissement des entreprises étant en panne. Les mesures fiscales mises en place par le gouvernement pour relancer la formation brute de capital fixe ne produisent pas encore leurs effets.

La politique de l'offre ne produit pas encore ses effets

Citons notamment le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi ((CICE) dont le taux est passé de 4% à 6% de la masse salariale jusqu'à 2,5 SMIC et les allégements de cotisations prévus par le Pacte de responsabilité qui sont entrés en vigueur le 1er janvier. « En dépit du très bas niveau des taux d'intérêt réels, l'investissement des entreprises n'augmenterait que légèrement d'ici mi-2015, en ligne avec des perspectives de demande modestes et un faible utilisation des capacités de production », résume l'Insee dans sa dernière note de conjoncture. Quant à la dépréciation de l'euro face au dollar, elle est encore insuffisante pour permettre au commerce extérieur de contribuer positivement et de manière significative à la croissance.

Pas de baisse du taux de chômage à court terme

Les espoirs de décrue rapide du chômage seraient également douchés sachant que, comme François Hollande l'a rappelé ce lundi lors de sa rentrée médiatique sur l'antenne de France Inter, une baisse du nombre du demandeurs d'emploi n'est envisageable que si le PIB progresse à un rythme supérieur de 1%.

Pour l'instant, l'Insee est pessimiste. L'Institut, qui table sur une progression de 0,3% du PIB au premier et au deuxième trimestre, anticipe une augmentation du taux de chômage de la population active au cours du premier semestre. Selon ses calculs, il passerait de 10,4% au troisième trimestre à 10,6% fin juin, les créations d'emplois étant insuffisantes pour compenser les destructions de postes, occuper les surreffectifs et absorber la progression de la population active. Chaque année, conséquence du dynamisme démographique, 800.000 jeunes arrivent sur le marché du travail.

Et ensuite ? A moins d'une rupture technologique majeure, d'un emballement des économies des pays de la zone euro qui absorbent près de 60% des exportations tricolores, les prévisions ultérieures du gouvernement pourraient passer pour fantaisistes. Pour l'instant, Bercy vise une augmentation de 1,7% en 2016 puis de 1,9% en 2017.

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a écrit le 07/01/2015 à 13:25 :
D'abord les critères sont dépassés, car on est en train de changer d'époque. On devrait plutôt interroger les gens sur leur estimation quant à leurs chances de survie, et celles de leurs enfants, dans une société française devenue celle de tous les impossibles. Désenchantée, désabusée, vieillissante, sclérosée, repliée vers le passé, aux produits culturels quasi-inexportables, la société française s'est enlisée dans un antagonisme idéologique où il n'est pas de choix qui tienne la route entre un libéralisme destructeur imposé par une UE qu'elle subit, qui lui est étrangère et à laquelle elle se sent étrangère, et un Léviathan étatique inspiré de l'Union Soviétique, que subissent ses précaires, sa classe moyenne et ses éléments entreprenants.

Cette société française est un éteignoir, elle a tué le désir, l'envie, l'enthousiasme et l'ambition, elle hait les électrons libres et les personnalités hors des sentiers battus qui font les conquérants et les aventuriers de l'innovation, des arts comme de l'entreprise, elle n'a plus de figures emblématiques, plus de talents d'exception, plus de créateurs que l'on nous envierait, elle nous accule à des petites vies sans lustre, sa télévision nous entretient dans la peur et la débilité, elle fait de nous des vieux au sens frileux, trouillard, servile du terme. Sa classe politique et ses élites ont beau être vérolées, elles se maintiennent telles quelles, sans remise en cause majeure, par un électorat qui ressemble au consommateur cocu du tripier qui a l'habitude de refiler des abats au prix des morceaux de choix. On pourrait le zapper, on continue à y aller même si on sait qu'on va se faire avoir. C'est la-men-ta-ble ce qu'est devenu ce pays, notre pays, ce que ses politiques en ont fait, ce que l'Europe en a fait, ce que nous en avons fait.
Réponse de le 19/03/2015 à 15:51 :
Sclérosé, c'est le mot.
Quand la jeunesse rêve de devenir fonctionnaire, là il faut se questionner.
Ce pays est guidé par la peur (d'oser, de prendre des risque, d'entrependre)

A juste titre, face à un banquier, le pire statut est celui d'entrepreneur (le top fonctionnaire, puis salarié en CDI etc...)

Puis comme on ose pas, on critique ceux qui se lancent (en espérant qu'ils se plantent pour se rassurer de n'avoir jamais osé).
Tant et si bien que l'élite qui dirige est, je vous le donne...des focntionnaires (enarques). Qui n'ont jamais rien tenté, et fait mais qui prétend pourtant guider ce peuple dans ce monde concurentiel...Pfff
a écrit le 07/01/2015 à 12:43 :
nous avons du faire 10 milliards d'economie budjet sante , en contre partie nous avons du augmenter le budjet de l'eglise de 12 milliards d'euros ,augmentation du clerge de 7 %
Réponse de le 08/01/2015 à 10:46 :
A comparer au budget de la fonction publique. Combien d'augmentation ?
a écrit le 07/01/2015 à 12:02 :
la premiere cause du déclin français sont les médias, qui comptent sur le catastrophisme, le sensationnel et l'info transformée en buzz-people pour attirer le client. Et la seconde c'est la soumission des politiques aux sondages, pour gagner l'electeur.
a écrit le 07/01/2015 à 12:00 :
Il suffirait d'engager 3 millions de fonctionnaires en plus et le moral reviendrait. Qu'attendent les socialistes?
a écrit le 07/01/2015 à 10:57 :
Oui j'avais confiance en les assedic pour me payer mes vacances au soleil... Y a bien une petite aide a venir? Confiance dans la capacité de la France à créer du travail...lol
a écrit le 07/01/2015 à 9:43 :
Les richesses crées ces 20 dernières années ont été investi sur les marchés asiatiques beaucoup plus rentables. Pendant ce temps, notre outil de production s'est dégradé et nous n'avons plus d'argent pour le moderniser. Il faut juste espérer que les pays que nous avons rendu riches avec notre sueur se décident à venir investir chez nous... C'est l'arroseur arrosé...
a écrit le 07/01/2015 à 9:39 :
Arrêtez avec votre politique de l'offre, ce gouvernement n'a aucune politique!
a écrit le 07/01/2015 à 9:37 :
Au lieu de taxer la consommation, l'état devrait plutôt taxer la création de richesse. Cette richesse existe mais elle s'échappe par des avantages fiscaux complaisant. La taxe sur les transactions financières n'existe toujours pas, alors que les banques nous font payer une taxe sur nos achats par carte bleu. La taxe sur les transaction existe donc uniquement pour les consommateurs, mais pas pour les spéculateurs.
a écrit le 07/01/2015 à 9:29 :
"Calculé par l'INSEE" = trafiqué par une bande de malhonnêtes à la solde du pouvoir en place. Le meilleur exemple de leur servilité est le calcul de l'inflation dont le "panier" est régulièrement modifié pour nous faire croire que les prix n’augmentent pas beaucoup.
Réponse de le 07/01/2015 à 10:43 :
mais qui sont ceux qui croient encore aux chiffres de l'Insee ?? je me réponds à moi-même : cherchez toujours à qui profite le crime. :-)
a écrit le 07/01/2015 à 9:19 :
Quand tu n'as plus rien à perdre deux petits points c'est déjà l'exploit, quoi ! :-)

D'ailleurs la photo a été superbement choisie, elle me rappelle celles qu'on voit dans la presse parisienne en illustrations de papiers sur la croissance démographique en France : il n' y a que des bébés blonds aux yeux bleus, que c'est beau ! ma foi, on s'y croirait dans un pays du Grand Nord…… rien à voir pourtant avec le PEUF (paysage ethnique urbain français).
a écrit le 07/01/2015 à 8:50 :
On veut nous le faire croire! Mais la tendance est positive quand on parle de la France souveraine et beaucoup moins quand on dépend du bon vouloir de l'UE!
a écrit le 07/01/2015 à 8:30 :
non,non!!!!
a écrit le 07/01/2015 à 7:59 :
Bien sûr, qu'il faut avoir confiance en l'avenir. Mes trois enfants ont quitté ce pays socialo-égalitariste et ils sont pleins de projets aux Canada et USA. Cette France capable de mettre un Hollande et son entourage au pouvoir n'est plus grand chose ; elle est minable en tous points. Il lui reste le Louvre et ses vestiges d'un passé mort.
Réponse de le 07/01/2015 à 8:29 :
Il y a de quoi désespérer. Surtout quand on voit que l'alternative semble être Sarkozy et l'UMP, eux qui n'ont jamais rien fait comme réforme et n'ont absolument aucun programme politique si ce n'est de reprendre le pouvoir. Sans compter le FN en embuscade qui promet de nous faire retourner 40 ans en arrière. Ce pays est mal barré oui!
Réponse de le 07/01/2015 à 8:49 :
On est dans un cycle infernal: on pénalise l'économie privée à coup de taxe pour maintenir à tout prix l'économie improductive de l'Etat, en priant pour que la reprise, forcément venue d'ailleurs, arrive à amoindrir le fardeau fiscal sans faire aucune réforme structurelle. Ca ne marche pas. Ca fait 40 ans que des abrutis sont persuadé qu'un emploi de fonctionnaire est comparable à celui d'un emploi dans l'économie privée, pour qu'en apparence aucun effort ne soit à faire. C'est vrai qu'à un moment l'espoir c'est le mur, qu'on se le prenne bien dans la figure une bonne fois, comme ca on ne pourra éviter la réforme, la vraie...
a écrit le 07/01/2015 à 7:52 :
L'insee un machin qui affirme que les prix n'augmentent pas en France alors une connerie de plus sans commentaires...
a écrit le 07/01/2015 à 7:11 :
Les français retrouveront confiance en l'avenir le jour où ils pourront avoir confiances aux responsables politiques. Ce qui est très loin d'être le cas.
Réponse de le 07/01/2015 à 9:25 :
Et ce n'est pas le champion de big magouilles qui va aider
Il faut virer toute la clique politique

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