Le Japon renoue avec la déflation, le chômage au plus haut depuis 4 ans

La déflation a effectué en mars son retour au Japon, où le taux de chômage a atteint son plus haut niveau en quatre ans et demi alors que les entreprises, aux capacités de production excédentaires à cause de la crise, sont contraintes de baisser les prix et de licencier.

La déflation a bien fait son retour en mars au Japon, où les prix de détail hors produits alimentaires frais ont baissé de 0,1% en rythme annuel, selon les données publiées vendredi par le gouvernement.

La baisse des prix, moins de deux ans après la fin d'une longue période de déflation au Japon - entre 1997 et 2007 - était largement attendue et les analystes estiment même que son rythme va s'accélérer dans les mois qui viennent. Les économistes s'attendaient d'ailleurs en moyenne à un recul des prix de 0,2% hors produits frais, après deux mois consécutifs de prix stables en février et en janvier. En retirant aussi les prix pétroliers, la baisse des prix de détail a été de 0,3% sur un an en mars.

"La déflation va faire des dégâts dans l'économie. Les entreprises vont avoir du mal à augmenter leurs profits et leurs difficultés à emprunter vont croître", a commenté Takeshi Minami, économiste principal chez Norinchukin Research, cité par l'Agence Reuters. Et de poursuivre: "avec le durcissement des conditions du marché du travail, la consommation va rester faible. Ce qui fait que les pressions sur la demande vont alimenter la baisse des prix."

La Banque du Japon a dit s'attendre à une période de déflation de deux ans, mais son gouverneur Masaaki Shirakawa a estimé jeudi que le risque de spirale déflationniste n'était pas élevé.

Dans la région de Tokyo, où les chiffres sont disponibles un mois plus tôt et sont considérés comme un indicateur avancé pour l'ensemble de l'archipel, les prix de détail sont restés stables en avril, après une hausse de 0,4% en mars et alors que les économistes s'attendaient en moyenne à une hausse de 0,2%.

Par ailleurs, le ministère du Travail a annoncé que le taux de chômage avait grimpé à 4,8% en mars en données ajustées des variations saisonnières, contre 4,4% en février et 3,8% en mars 2008. Le chômage atteint ainsi son niveau le plus élevé depuis août 2004, soit il y a plus de quatre ans. A l'époque, il avait aussi touché 4,8% de la population active. Les économistes attendaient une poussée moins rapide du chômage et avaient tablé sur un taux de 4,6%.

Quant au marché de l'emploi, il est tombé à son niveau le plus faible en près de sept ans, avec un ratio ramené à 0,52 contre 0,59 en février, ce qui signifie que les entreprises japonaises avaient en mars 52 postes à proposer pour 100 demandeurs d'emploi. Le nombre des offres d'emplois nouvelles a chuté de 22,3% par rapport à mars 2008, après une chute de 30,1% en février. Les rémunérations ont de leur côté enregistré leur baisse la plus marquée depuis juillet 2002, il y a près de sept ans, en rythme annuel en mars.

Le paiement des heures supplémentaires, considéré comme un baromètre de la vigueur de l'activité des entreprises, a subi une chute record de 20,8% en mars en rythme annuel, après une chute de 17,7% le mois précédent.

Dans ces conditions, les dépenses des ménages japonais n'ont cédé que 0,4% en mars en rythme annuel, mais ce chiffre nettement meilleur qu'attendu (-2,5%) fait suite à un recul de 3,5% enregistré en février.

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