La Chine toujours déséquilibrée

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Par Jean-Luc Buchalet et Pierre Sabatier, respectivement PDG de Pythagore Investissement et de PrimeView.

La Chine a mieux résisté à la crise que l'Occident, même si la thèse de la déconnexion entre les deux zones a été mise à mal fin 2008 lorsque la croissance chinoise a semblé caler. Mais, face aux difficultés, Pékin a relancé la machine avec un certain succès. Le consensus a ainsi relevé de 1,2 et 0,9 point respectivement les taux de croissances anticipés de 2009 (8,2 %) et 2010 (8,9 %). Gigantesque plan de relance (plus de 590 milliards de dollars étalés sur deux ans) et explosion inédite des crédits distribués via le réseau bancaire (plus de 1.145 milliards de dollars au cours du seul premier semestre 2009) se sont conjugués pour produire leur effet, au moins à court terme.

Mais la croissance chinoise du début d'année (+?7,1?%) a reposé en grande partie sur l'investissement? : il y a contribué à hauteur de +?6,2 points, tandis que les exportations ont eu pour la première fois un effet négatif estimé à -?2,9 points. La consommation est restée le parent pauvre, avec une contribution estimée à +?3,8 points?: les dépenses de consommation des ménages ne représentent que 4?% du PIB mondial, contre 18?% aux États-Unis. L'économie chinoise reste donc toujours très dépendante du monde développé, le G3 captant encore 60?% de ses exportations.

Les mesures prises par les autorités chinoises ne permettront donc pas la réduction des gigantesques déséquilibres mondiaux, bien au contraire. Le yuan, outrageusement sous-évalué, poursuit avec le dollar sa course folle à la dévaluation, creusant un peu plus les déficits commerciaux des Occidentaux. Dans cette veine, l'empire du Milieu n'aura d'autre choix que de poursuivre l'accumulation de réserves de change (évaluées à 2.130 milliards de dollars), déstabilisantes pour le système financier mondial. Pour sortir de l'impasse, Pékin devrait inciter les ménages à puiser d'une manière ou d'une autre dans leur bas de laine pour consommer. Une réforme presque idéologique pour un pays qui mise tant sur l'investissement. Mais rien n'indique qu'un tel virage soit sur le point d'être pris...
 

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