La banque centrale des Emirats au secours de Dubaï

"Nous allons examiner et aborder les engagements de Dubaï au cas par cas. Cela ne veut pas dire que nous allons effacer toutes ses dettes", affirme un responsable d'Abou Dhabi à Reuters.
(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

Abou Dhabi, capitale et principale composante des Emirats arabes unis, aidera son voisin Dubaï, qui ploie sous les dettes, mais d'une façon ponctuelle, a déclaré samedi un responsable des EAU. "Nous allons examiner et aborder les engagements de Dubaï au cas par cas. Cela ne veut pas dire que nous allons effacer toutes ses dettes" a affirmé un responsable d'Abou Dhabi à Reuters.

La crise à Dubaï a surgi mercredi quand l'émirat, célèbre pour son train de vie princier et ses tours vertigineuses, a fait savoir que deux de ses principales entreprises recherchaient un moratoire de leurs dettes de plusieurs milliards de dollars. "Certaines des entités de Dubaï sont commerciales, et d'autres semi-gouvernementales. Abou Dhabi choisira lesquelles aider et quand", a déclaré le même responsable, souhaitant conserver l'anonymat. En jeu, près de 60 milliards de dollars de dettes contractées par la holding gouvernementale Dubai World et sa filiale immobilière Nakhil, qui construit des îles artificielles en forme de palmiers destinées à des célébrités mondiales.

Selon les Premiers ministres britannique et français, Gordon Brown et François Fillon, l'économie mondiale, en voie de reprise après deux ans de crise financière, est désormais assez forte pour absorber un tel choc. Les marchés financiers en ont d'ailleurs témoigné vendredi lors que les cours ont clos en hausse et que les banques situées hors du Golfe ont fait savoir qu'elles n'étaient pas affectées par les dettes de Dubaï. Dans la région, l'impact de la crise immobilière de Dubaï n'est pas encore très clair. Les banques d'Abou Dhabi ont prêté jusqu'à 30% à Dubaï et la question, samedi, n'était pas de savoir si elles allaient venir en aide au petit émirat non pétrolier, mais quand et comment. Abou Dhabi, qui possède 90% du pétrole qui font des EAU le troisième producteur mondial, a déjà procuré à Dubaï 15 milliards de dollars via la banque centrale des EAU et deux de ses banques privées.

L'aider plus dépendra de l'attitude de Dubaï, estime un responsable d'Abou Dhabi. La Banque centrale des EAU a déclaré suivre la situation de très près. Le gouvernement de Dubaï devrait s'exprimer lundi sur cette question, à la réouverture des marchés après la longue pause de la fête musulmane de l'Aïd al Adha.

Tim Clark, le président de la compagnie aérienne Emirates de Dubaï, a reconnu dans le Sunday Telegraph : "nous sommes tous un peu sous le choc de ce qui s'est passé et de la réaction négative dans le monde au cours des dernières 24 heures. Mais Dubaï va s'en sortir, et nous aussi. Je suis certain que la compagnie aérienne ne sera pas affectée par cela".
 

Il assure toutefois que sa compagnie n'a pas l'intention d'annuler de commandes de nouveaux avions, estimant que ses finances ne devraient pas subir l'impact de ces turbulences. "Nous avons nos propres soukouks (obligations islamiques) et obligations qui parviendront à maturité en 2010 et 2011. Je sais que les gens s'attendent à ce qu'on les rembourse ou qu'on les refinance selon le calendrier prévu c'est ce que nous ferons, c'est certain. S'il y a plus de turbulences, alors nous ralentirons notre croissance en pour prendre cela en compte, mais nous n'allons pas arrêter notre croissance".

Enfin, la Banque centrale des Emirats arabes unis, silencieuse depuis le début de la crise, a annoncé ce dimanche la mise à disposition de liquidités supplémentaires pour les banques afin de tenter d'atténuer l'impact de la crise de la dette de Dubaï, assurant que le système bancaire émirati était solide. Elle précise "mettre à la disposition de ces banques des facilités pour des liquidités additionnelles (...) à un taux de 50 points au-dessus" du taux interbancaire dans le pays. Elle était déjà intervenue une première fois en souscrivant en février 10 milliards de dollars sur les 20 milliards de dollars de bons de trésor émis au début de l'année par l'émirat.

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