Les réformes d'Obama menacées par une sévère défaite électorale

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le républicain Scott Brown a remporté l'élection sénatoriale partielle dans le Massachusetts. Cette défaite prive le parti démocrate de la majorité qualifiée et menace le vote sur la réforme de la santé. Un échec pour Barack Obama dix mois avant les élections de mi-mandat et après un an de pouvoir.

C'est fait. Ce que craignaient les démocrates depuis quelques jours est finalement arrivé. Le républicain Scott Brown a remporté mardi l'élection sénatoriale partielle dans le Massachusetts.

Victoire surprise et historique des Républicains

Il s'agit d'un sévère camouflet pour le président Barack Obama. De plus, cette élection perdue jette un doute sur le devenir de la réforme de la santé voulue par le président. Cette défaite, inenvisageable il y a encore quelques jours, prive le Parti démocrate de la majorité qualifiée des 60 sièges à la chambre haute qui lui permettait d'empêcher les républicains de bloquer le débat par leurs manoeuvres de "filibustering", l'obstruction systématique.

Présenté dans un premier temps comme une formalité pour les démocrates, le scrutin a pris une dimension nationale sur fond de crise économique et de doutes d'une bonne partie de la population quant au bien-fondé de la réforme de la santé voulue par Obama. C'est la première fois depuis 1952 et la victoire d'un certain John Fitzgerald Kennedy, que ce poste passe dans le camp républicain. Scott Brown a créé la surprise alors qu'il accusait encore un retard de 15 points dans les sondages il y a dix jours. Après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote, Brown, âgé de 50 ans, était donné en tête avec 52% des voix contre 47% à sa rivale. Stimulés par l'enjeu, les électeurs du Massachusetts se sont déplacés en nombre aux urnes pour désigner le successeur d'Edward Kennedy, décédé en août dernier.

La réforme de la santé compromise ?

En effet, les démocrates ne possèdent plus que 59 voix (sur 100) au Sénat. Ils perdent ainsi leur majorité qualifiée, absolument nécessaire pour éviter les pratiques de blocage parlementaire de la part du camp républicain. En jeu: l'avenir de certaines réformes voulues par Barack Obama. Et plus particulièrement celle de la couverture sociale.

La victoire républicaine établie, Obama a adressé mardi ses félicitations à Scott Brown et s'est dit impatient de travailler avec lui sur des "défis économiques urgents", a fait savoir la Maison blanche. "C'est catastrophique pour le président. L'année qui vient va être une année de blocage au Congrès", analyse Jeffrey Berry, professeur de sciences politiques à l'université Tufts du Massachusetts. Le chef de file des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a quant à lui salué la "victoire déterminante" de Scott Brown qui illustre, selon lui, le rejet de la réforme de la santé par la population américaine.

Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a déclaré sitôt l'annonce des résultats que Scott Brown siègerait une fois effectuées les formalités administratives. L'interrogation demeure sur la date à laquelle sera organisé le vote fédéral sur la réforme. Les majorités démocrates du Sénat et de la Chambre ont largement rapproché leurs points de vue la semaine dernière et pourraient parvenir dans les jours qui viennent à un projet commun.
Les deux chambres du Congrès doivent faire fusionner les deux textes qu'ils ont adoptés séparément. Cette mouture sera à nouveau soumise aux élus avant d'être adressée au président Obama pour ratification.

Premier test perdu avant les élections de mi-mandat

Cette défaite, dans un Etat où le président l'avait emporté avec 62% des voix lors de son élection en novembre 2008, sonne aussi comme un coup de semonce avant les élections de mi-mandat de novembre prochain. Un an tout juste après son arrivée à la Maison-Blanche, Barack Obama a vu sa popularité bien entamée, les Américains étant partagés sur sa prestation en tant que président. Sa réforme de la santé est majoritairement rejetée par les sondés.

La totalité des 435 sièges de la Chambre des représentants et un tiers des 100 sièges du Sénat seront renouvelés en novembre. Pour Andy Smith, politologue à l'université de New Hampshire, la défaite dans le Massachusetts confirme que "les démocrates sont en mauvaise posture pour les élections de novembre".

Barack Obama prononcera son discours sur l'état de l'Union le 27 janvier, cinq jours avant de présenter son projet de budget, le 1er février.

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Commentaires
a écrit le 20/01/2010 à 15:58 :
FINIS LES EFFETS DE MANCHES ET LES LUTHER KINGADES, FINIS LES MOUVEMENTS DE MACHOIRES ET LES DENTS BLANCHES SÉDUCTRICES, ET LES BOBOS QUI CHIALENT DE JOIE DEVANT LA TÉLÉ DÉMOCRATE (PUISQU'ILS ONT TOUS VOTÉ OBAMA.....MEME EN TANT QUE FRANÇAIS DE PARIS RIVE-GAUCHE HI HI HI...)
they have a dream, but they cannot !
ON EN GARDERA UN SOUVENIR QUI AURA MALGRÉ TOUT MARQUÉ L'AN 2009, UN PEU COMME WEST SIDE STORY L'ANNÉE 60...

VOUS VOYEZ, JOUER AU PÈRE NOËL AVEC L'ARGENT DES AUTRES EST UN JEUX POLITIQUEMENT MORTEL ET INIQUE POUR LE CONTRIBUABLE COMME POUR LA MORALE NATURELLE , ENFIN... DANS TOUT PAYS MENTALEMENT NORMAL ET ÉCONOMIQUEMENT SENSÉ, ME DIREZ-VOUS !

À BONNE ENTENDEUR.
a écrit le 20/01/2010 à 14:13 :
Saint Obama est venu PERSONNELLEMENT faire campagne au Massachussetts.Resultat apres 50 ans de democrates : Republicains 53% Democrates 47%.Kennedy doit s'en retourner dans sa tombe.Une superbe victoire.Il serait tellement triste de voir les USA sombrer dans le socialisme alors que la Chine s'eclate dans le liberalisme.Probleme pour les journalistes,y compris pour le journaliste Francais en poste aux USA.Comment expliquer que la Obamania,c'etait en fait du PIPO !
a écrit le 20/01/2010 à 9:02 :
Espérons que ce scrutin va secouer Obama qui depuis son élection manque de courage face aux lobbies et ne s'impose pas en prenant des décisions politiques fortes; la négociation et ménager la chèvre et le chou, cela suffit! Il continue de perdre des électeurs dans son camp faute d'une politique courageuse et d'envergure (augmentation des impôts pour les + riches; forte taxation des bonus; décisions autoritaires vis à vis d'Israêl. S'il ne s'affirme pas plus dans ses actes et décisions politiques, il compromet les chances de son parti en 2012.

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