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ÉconomieInternational

Déficits publics : l'Allemagne renvoie officiellement la Grèce vers le FMI

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Publié le 19 mars 2010 à 09:36 - Mis à jour le 19 mars 2010 à 09:39

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L'Allemagne s'est déclarée ce vendredi ouverte à l'idée d'une aide du Fonds monétaire international (FMI) à la Grèce. Jeudi, le Premier ministre grec George Papandréou (photo) avait pressé l'Union européenne de lui apporter son soutien, tout en menaçant de se tourner vers le FMI en cas de refus.

L'Allemagne vient ce vendredi d'ouvrir officiellement la porte à une intervention du FMI pour soutenir la Grèce, en proie à des déficits publics colossaux. "Au cas où il faudrait en venir là, le gouvernement n'exclut pas (le recours) aux ressources du Fonds monétaire international", a déclaré le porte-parole du gouvernement Ulrich Wilhelm.

Les Pays-Bas ont immédiatement emboîté le pas à l'Allemagne, estimant même qu'une aide du FMI ne suffirait pas. Les besoins financiers de la Grèce s'élèvent à environ 40 milliards d'euros pour cette année, a rappelé le ministre des Finances néerlandais, Jan Kees de Jager.

Ce vendredi, la Finlande a également déclaré être favorable à un financement du FMI. Le voisin suédois, non membre de la zone euro, ne cesse de répéter depuis plus d'un mois qu'un rôle du FMI ne devait pas être "tabou". Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a également estimé ce vendredi que cette solution n'aurait rien d'humiliant.

La France a fait savoir par une source gouvernementale qu'elle n'était pas "hostile" à un appel au FMI mais que, la Grèce n'ayant pas fait de demande en ce sens, il était "prématuré" d'en parler.

Toutefois, une partie des pays de la zone euro s'est montrée hostile au recours au FMI, y voyant un aveu d'échec pour l'Union. Le Premier ministre grec, George Papandréou, lors de son audition jeudi au Parlement européen, a ainsi brandi cette éventualité comme une menace, tout en tentant une fois encore de convaincre ses partenaires européens de lui accorder son soutien dès le sommet de l'UE prévu la semaine prochaine.

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C'est ainsi que vendredi après-midi, les autorités européennes ont commencé à travailler sur une solution intermédiaire, afin de satisfaire toutes les parties. Elle impliquerait, selon plusieurs sources diplomatiques, un mécanisme de court terme prévoyant un rôle du FMI, couplé avec une réforme à plus long terme des instruments de gouvernance économique européens.

L'Union européenne en ordre dispersé

L'Union n'a cessé d'avancer en ordre dispersé sur ce dossier. Lundi 15 mars, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, avait bien annoncé un accord des ministres des Finances de la zone euro (16 pays) sur un dispositif d'assistance financière à la Grèce. Le plan - qui atteindrait 20 à 25 milliards d'euros sous forme de prêts bilatéraux - avait été endossé, dès jour suivant, le mardi 16 mars, par les ministres des Finances de l'ensemble de l'UE (27 pays).

Cependant, le mercredi 17 mars, la chancelière allemande Angela Merkel avait exprimé sans ambiguïté son opposition à l'opération. Or l'accord allemand est indispensable pour mettre en oeuvre ce mécanisme inédit pour la zone euro, qui doit faire l'objet d'une validation politique par les chefs d'Etat et de gouvernement européens pour pouvoir être déclenché le moment venu.

Coûts d'emprunt trop élevés

Le Premier ministre grec a pris soin de préciser jeudi devant le Parlement européen que la Grèce ne réclamait pas d'assistance financière : "Nous ne demandons pas d'argent des Allemands, des Français, des Italiens, ou d'autres travailleurs ou contribuables", a-t-il dit. La Grèce demande en fait essentiellement de pouvoir "emprunter à des taux normaux".

George Papandréou l'a réaffirmé, son pays ne pourra pas mener à bien son programme de réduction des déficits si les coûts de l'emprunt restent aussi élevés. Les taux d'intérêt pour la Grèce s'élèvent à un peu plus de 6%, soit plus du double de ce que doit verser l' Allemagne. "Ce que nous disons, c'est que nous avons besoin d'un soutien politique fort pour nous permettre de faire les réformes nécessaires, et de nous assurer que nous n'allons pas payer plus que nécessaire pour mettre en oeuvre ces réformes", a-t-il expliqué aux Eurodéputés.

Plan d'austérité grec

Le Premier ministre a également estimé aussi que les mesures mises en oeuvre par Athènes, dont un plan d'austérité de 10 milliards d'euros, illustraient la volonté du pays de contribuer à la stabilité de la zone euro.

Mardi déjà, l'agence de notation Standard & Poor's avait estimé que les mesures de réduction du déficit mises en place par la Grèce étaient "adaptées" et avait confirmé les notes de la dette du pays à A-2 à court terme et à BBB+ à long terme et mis un terme à la période de mise sous surveillance , excluant ainsi une dégradation à court et moyen terme.

Georges Papandréou s'est également montré sceptique jeudi concernant l'idée allemande d'exclure en dernier recours de la zone euro un pays trop laxiste en matière budgétaire. "Simplement sanctionner ne pourrait pas être la solution. Et punir et exclure un pays serait un échec non seulement pour le pays [exclu] mais aussi pour l'Union", a-t-il déclaré.

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Les chiffres publiés ce jeudi par le service grec des statistiques (NSS) indiquent un taux de chômage en hausse pour le quatrième trimestre en Grèce, à 10,3%, contre 9,3% au troisième trimestre. Au quatrième trimestre 2008, le taux de chômage n'était que de 7,9%. La moyenne du taux de chômage dans zone euro est restée à 9,9% en janvier, selon Eurostat.

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