Les épargnants grecs commencent à vider leurs comptes bancaires

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Selon la Banque centrale de Grèce, les épargnants grecs commencent à s'inquiéter de la situation financière du pays. Ils auraient retiré 5 milliards d'euros de leurs comptes bancaires en janvier et encore 3 milliards en février.

Selon la Banque centrale de Grèce, citée ce jeudi dans le Financial Times, les épargnants grecs commencent à s'inquiéter de la situation financière du pays et retirent progressivement leurs économies de leurs comptes bancaires.

Ils auraient retiré 5 milliards d'euros en janvier et encore 3 milliards en février pour les transférer dans des banques étrangères. Le Financial Times parle même d'un total de 10 milliards d'euros retirés.

Arrivée des équipes du FMI en Grèce

C'est dans ce contexte tendue que les équipes du FMI, le Fonds monétaire international, sont arrivées en Grèce mercredi. "Des salariés du FMI entameront un séjour de deux semaines à Athènes pour apporter leur assistance technique dans le domaine budgétaire, en particulier pour améliorer l'administration fiscale et la gestion des finances publiques", selon un porte-parole du FMI.

La veille, le différentiel entre le taux d'intérêt de la dette grecque à dix ans avec son homologue allemand qui fait référence en Europe a dépassé les 400 points de base, une première depuis dix ans et l'instauration de l'euro.

Athènes a dû démentir vouloir se passer du FMI et surtout remettre en cause l'accord de soutien financier conclu avec les pays de la zone euro. Mais dans le même temps, la Grèce a affiché dans le Financial Times sa volonté de se vendre comme un pays émergent avec des rendements obligataires élevés et recherche 5 à 10 milliards d'euros de fonds.

Ce jeudi, le taux des obligations grecques à dix ans a atteint le niveau historique de 7,322%, du jamais vu depuis l'adoption de l'euro par la Grèce en 2001.

Mercredi, plusieurs voix en Europe tentent de calmer le jeu et de souligner que l'accord européen reste valable. Même les Etats-Unis, très discrets sur le sujet pendant toute cette crise, laissent entendre que l'Europe pourra soutenir financièrement la Grèce sans problème.

Accélérer le rythme des réformes

Par ailleurs, selon la presse grecque, le déficit budgétaire du pays devrait être révisé à la hausse d'environ un point par rapport aux précédentes estimations. Alors que le gouvernement grec table actuellement sur un déficit budgétaire 2009 à 12,7% du produit intérieur brut, ce taux pourrait atteindre 13,5% selon l'édition en ligne du quotidien Imerisia, voire 14,2% à 14,3% selon le journal Naftemboriki.Selon Imerisia, le chiffre définitif sera annoncé par Eurostat le 22 avril.

S'exprimant à la télévision tard mardi soir, le ministre des Finances Georges Papaconstantinou avait reconnu qu'il y aurait vraisemblablement une légère révision à la hausse du déficit budgétaire, mais que cela ne devrait pas affecter les prévisions pour le budget 2010. Pour cette année, le gouvernement grec s'est engagé à réduire le déficit budgétaire à 8,7% du PIB.

Ce mercredi, le Premier ministre grec Georges Papandréou a demandé à ses ministres d'accélérer le rythme des réformes afin que le pays retrouve sa crédibilité et de ne pas s'occuper "des rumeurs" sur l'état de l'économie de la Grèce, selon un compte-rendu du conseil des ministres.

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Commentaires
a écrit le 08/04/2010 à 6:00 :
Drole d'ifdée de comparer un etat avec une entreprise.
Sauf état totalitaire , les citoyens ont un droit de regard et votent..
Dans une entreprise les capitaux appartiennent aux actionnaires et on ne peut pas dire qu'ils aient un droit d'expression.
D'un autre coté ,il 'est vrai que les multinationales dictent leur loi aux états!
a écrit le 08/04/2010 à 4:28 :
@ chr$ : c'est déjà fait ! c'est justement le nouveau gouvernement qui a "sortie du placard les cadavres" de l'ancien gouvernement et qui doit résoudre maintenant les problèmes.
a écrit le 08/04/2010 à 4:01 :
Pas besoin de référendum pour connaitre le degré de confiance des Grecs dans la situation de leur pays. "Vox populi vox dei" comme dirait mon notaire !
a écrit le 08/04/2010 à 3:40 :
Dans le monde réel, quand une entreprise se retrouve dans un tel état de finances, les actionnaires commencent par remplacer sa direction au grand complet...exit donc le gouvernement Grec.

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