Aide à la Grèce bouclée dans les prochaines heures, nouvelles économies spartiates en vue

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L'ex-Secrétaire d'Etat aux affaires européennes, président de l'AMF, Jean-Pierre Jouyet estime sur RMC et BFM TV que le plan européen d'aide à la Grèce sera présenté ce vendredi soir ou ce week-end. Des sources à Athènes attendent des annonces dimanche. De nouvelles coupes claires dans les dépenses grecques sont attendues.

L'ex-Secrétaire d'Etat aux affaires européennes, aujourd'hui président de l'AMF, l'autorité des marchés financiers, Jean-Pierre Jouyet, estime ce vendredi matin sur RMC et BFM TV que le plan européen d'aide à la Grèce sera dévoilé ce vendredi soir ou ce week-end et il souligne que la situation de l'Espagne et du Portugal est très différente et nettement moins alarmante. Des sources gouvernementales à Athènes attendent des annonces dimanche.La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, estime elle aussi probable une réunion des ministres des finances de l'Eurogroupe ce week-end.

Les discussions entre la Grèce, les autorités européennes et le Fonds monétaire international (FMI) pourraient aboutir à des coupes dans les salaires publics et à une nouvelle augmentation de la fiscalité en échange d'un plan d'aide financière sur trois ans, selon l'agence Reuters citant des sources proches des discussions.

Athènes a déjà mis en oeuvre des mesures de réduction des traitements de la fonction publique, relevé certaines taxes et gelé les retraites dans le cadre d'un vaste plan d'austérité destiné à réduire d'un tiers environ son son déficit budgétaire cette année, suscitant le mécontentement et parfois la colère de la population.

L'Union européenne avait estimé il y a quelques semaines que de nouvelles mesures d'économies ne seraient pas nécessaires cette année mais nombre d'économistes jugent au contraire que la Commission, la Banque centrale européenne (BCE) et le FMI, qui mènent les discussions avec les autorités grecques réclameront de nouvelles réformes en échange des dizaines de milliards d'euros de prêts en vue.

Les mesures discutées portent notamment sur un relèvement de deux à quatre points du taux de la TVA, actuellement à 21%, ainsi que sur une baisse des primes et des avantages sociaux dans le secteur public. Un hausse d'au moins 10% des taxes sur le tabac, l'alcool et les carburants est également envisagée. "Toutes ces mesures sont sur la table", selon une de ces sources. "Elles ne sont pas encore définitives."

Les autorités grecques devraient annoncer les modalités de l'accord d'ici lundi, ont précisé les sources.

A Bruxelles, le commissaire aux Affaires économiques et monétaire, Olli Rehn, s'est dit confiant dans la possibilité de conclure les discussions "dans les prochains jours". Et le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a lui aussi exprimé sa confiance.

Un porte-parole du gouvernement grec a qualifié les négociations de "difficiles", ajoutant que "personne ne peut garantir quoi que ce soit".

Les marchés continuent de surveiller avec attention l'évolution des pourparlers sur l'aide à la Grèce, car celle-ci doit refinancer une émission obligataire de 8,5 milliards d'euros qui arrive à échéance le 19 mai. Athènes doit gérer une dette publique d'environ 300 milliards d'euros et un déficit budgétaire qui a représenté l'an dernier 13,6% du produit intérieur brut (PIB).

Les sources citées par Reuters ont déclaré que les discussions en cours envisageaient une réduction ou une suppression des 13ème et 14ème mois du secteur public, représentant un mois de salaire traditionnellement versées au moment de Noël et de Pâques. Une telle mesure permettrait à l'Etat d'économiser environ 1,4 milliard d'euros par an. Les négociations portent aussi sur le système de primes en vigueur dans le secteur public, qui permet aux fonctionnaires d'augmenter leurs traitements lorsqu'ils qu'ils travaillent sur ordinateur ou lorsqu'ils arrivent au bureau à l'heure. Une réduction de 5% à 15% de ces primes pourrait représenter 300 millions d'euros d'économies.

Mais ces mesures supplémentaires risquent de renforcer la résistance de l'opinion publique. De récents sondages d'opinion montrent qu'une majorité des Grecs s'opposent à une aide extérieure et craignent de voir le plan de soutien amputer leur niveau de vie. Les syndicats ont appelé à de nouvelles journées de grève au cours des prochaines semaines.

Certaines de ces nouvelles mesures pourraient entrer en vigueur avant la fin de l'année tandis que d'autres seraient échelonnées jusqu'à la fin des trois ans du plan de soutien.

Nicolas Sarkozy déterminé

De Chine, Nicolas Sarkozy a déclaré que la France était "totalement déterminée à soutenir l'euro et à soutenir la Grèce". "Le plan décidé par la Grèce est parfaitement crédible, nous faisons confiance au gouvernement grec et nous travaillons d'arrache-pied pour que tout ceci se mette en place sans délai", a ajouté le président dans des déclarations à l'AFP et au Parisien.

"La France prendra toute sa part. Nous serons au rendez-vous", a-t-il ajouté. Il a par ailleurs insisté sur "la parfaite entente entre l'Allemagne et la France" sur les moyens de résoudre la crise de la dette grecque. "J'ai constamment la chancelière (Angela Merkel) au téléphone, on se voit", a ajouté Nicolas Sarkozy. "J'ai été très satisfait des déclarations de (...) la chancelière sur la crédibilité du plan grec, sur sa détermination à mettre en application le plan européen de soutien à l'euro", a-t-il précisé. Pour lui, "il faut bien comprendre que dans cette affaire, il ne s'agit pas seulement de la Grèce. Il s'agit de l'euro, c'est notre monnaie commune. Nous y sommes attachés, ceci nous crée des obligations et un devoir de solidarité, nous assumerons".

"La France s'est mise en position de remplir ses obligations pour lutter contre la spéculation. Le plan qui a été défini par l'Europe sera appliqué de façon importante, nous ne laisserons pas la spéculation agir à son gré pour déstabiliser tel ou tel pays", a martelé le chef de l'Etat au sujet de la crise déclenchée par les déficits abyssaux grecs, qui a entraîné la panique sur les Bourses et une chute de l'euro.

François Fillon pour plus d'harmonisation en zone euro

De son côté, François Fillon a plaidé jeudi pour "une harmonisation progressive" des politiques économiques et sociales des pays de la zone euro afin de renforcer la monnaie unique et éviter les attaques dont elle est l'objet. "On ne peut pas avoir la même monnaie et avoir une organisation complètement différente d'un pays à l'autre", a déclaré le Premier ministre lors de l'inauguration d'un campus des métiers et de l'entreprise en Seine-Saint-Denis. "On ne peut pas avoir la même monnaie et travailler 42 heures dans un pays et 35 ou 37 dans l'autre. On ne peut pas avoir la même monnaie et partir à la retraite à 67 ans dans un pays et à 56 ou 57 dans un autre. Cela ne tiendra pas très longtemps. Ou alors il faut accepter que notre monnaie commune soit menacée".

"Si on veut avoir la même monnaie, si on veut continuer à faire de l'Europe une zone de prospérité, notamment pour se défendre contre la montée des économies des pays émergents, alors il faudra bien que nous harmonisions progressivement nos systèmes économiques et nos systèmes sociaux, pour faire en sorte que notre monnaie corresponde à une réalité économique", a-t-il poursuivi.

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Commentaires
a écrit le 30/04/2010 à 15:50 :
CAVALIERS ET FAUSSAIRES VONT SE FAIRE VOIR CHEZ LES GRECS !


TIRANA Octobre 1991, la Banque Mondiale a décidé de financer un projet de remise en route de la banque agricole de développement de l?Albanie dans le cadre du redéploiement du secteur primaire après les périodes du communisme et de la dictature du sinistre Enver HODJA.

L?expert ayant le projet en charge demande la bilan et le compte d?exploitation de cette Banque Agricole de Développement. Il lui faudra trois semaine pour obtenir un torchon manuscrit authentifié par de multiples tampons.

Première question : « Le poste principal du passif est le capital, par qui est-il souscrit ? »
Réponse : « C?est l?État qui l?a entièrement souscrit. »

Deuxième question : « Figure à l?actif un total de prêts consentis pour le même montant que la capital, à qui ont été consentis des crédits ? »
Réponse : « Á l?État pour la totalité ! »
« Mais c?est impossible ! ». « Mais non ! Vous comprenez l?État n?ayant pas la moindre ressource il fallait bien lui faire un crédit pour souscrire le capital ! ».
« Ah bon ! » Ces braves gens ont inventé le mouvement perpétuel? de l?argent.

ASHGABAT Décembre 1999. L?Union Européenne a dépêché une mission pour définir les conditions dans lesquelles pourrait être financé l?élevage bovin au Turkménistan. Il s?agit d?un pays grand comme la France couvert à 90 % par le désert du Karakoum aussi aride voire plus que le Sahara, on y faisait traditionnellement du mouton.

Question : « Monsieur le Directeur de la Banque centrale du Turkménistan pourriez vous me dire quelle est la structure de la ressource bancaire permettant de faire des crédits ? »
Réponse : « Mais oui : il s?agit pour 20 % des comptes de dépôts, pour 20% également des dépôts à terme jusqu?à deux ans et pour les 60 % qui restent de la ressource du marché interbancaire ! »
« Ah bon ! » Le brave homme a donc réussi à avoir le beurre et l?argent du beurre !

ZONE EURO 2010 : La Grèce au bord de la faillite, endettée jusqu?au cou fait appel à l?aide internationale : zone euro, puis Fonds monétaire international ? la banque de la misère, qui se veut banque du monde- on va lui prêter bien sûr, pour la zone euro au nom de la solidarité européenne, pour le Fonds monétaire au nom de la solidarité mondiale.

Première question : « Où les prêteurs ? c'est-à-dire les divers pays du monde qui alimentent en outre le Fonds monétaire - vont-ils prendre l?argent puisque eux-mêmes sont pour la plupart endettés presque jusqu?au cou ? ».
Réponse : « Mais ils vont emprunter les uns aux autres, - éventuellement à la Grèce - voire à des prêteurs sur gage pratiquant des taux usuraires. C?est bien ce qu?a fait la Grèce jusque là pour rembourser ses emprunts ? »

Deuxième question : « Mais comment allez vous faire pour que de telles pratiques qui nous ont mené à la crise économique dont nous ne sommes qu?au tout début ne nous conduisent pas à une catastrophe financière mondiale ? »
Réponse : « Mais il suffit de mettre en place une bonne gouvernance financière mondiale et de trouver, notamment au travers du G20, la régulation de l?industrie de la finance ! ».

Troisième question : « Vous voulez donc dire que la finance est une industrie comme les autres, alors que tant de braves gens ignares pensent qu?elle ne devrait qu?être et rester l?outil permettant de valoriser à leur juste prix les actes économiques conduisant à la création monétaire, et qui sont en priorité : la production agricole qui assure notre nourriture, la santé et l?éducation ? Les galions chargés d?or en provenance du nouveau monde n?ont-ils pas conduit à la ruine ceux qui prétendaient nourrir les populations avec cet or ? »
Réponse : « Mais vous n?avez rien compris ! Seuls les nouveaux produits financiers permettront à l?argent de produire de l?argent. Ceux qui détiendront cet argent trouveront toujours des imbéciles pour satisfaire tous leurs besoins, ces imbéciles ne subsistant que par les miettes et déchets dont ne voudront pas les nantis. Il suffit simplement de bien réguler le système pour que la machine infernale de production de l?argent par l?argent ne tombe pas en panne !».
« Ah bon ! ». C?est donc le mouvement perpétuel du beurre et de l?argent du beurre !

Ils ont tous réponse à tout ! Nous sommes définitivement entrés dans le monde de la cavalerie et de la fausse monnaie.

La cavalerie bancaire consiste en jouant sur les délais d?encaissement, à tirer un chèque sur un compte sans provision mais lui-même alimenté par un chèque tiré sur un autre compte sans provision, on est tout près de la fausse monnaie !

Cette dernière est de façon connue le fait des contrefacteurs, ceux-là qui font de faux billets, ou de fausses pièces, et qui autrefois étaient chez nous passibles de la réclusion à perpétuité, c?est dire la gravité de la chose ? à l?époque.
De façon moins connue c?est le fait de consentir du crédit - donc de créer de la monnaie par anticipation d?un acte économique- pour un acte économique dont on sait qu?il ne se produira pas.
Dans les deux cas, cavalerie et fausse monnaie, le fait de jouer sur le temps laisse l?espoir que le système ne s?arrêtera pas _ du moins tant qu?il y aura des esclaves pour produire gratuitement les besoins de base, alimentaires notamment - et que l?on continuera sans problème à créer de la monnaie à partir de la monnaie c'est-à-dire à partir du vent.
Il y a là les causes directes de la terrible crise financière que nous vivons. Les banquiers faux-monnayeurs, praticiens des nouveaux produits financiers et notamment du système des supprimes ont créé des masses énormes de fausse monnaie en consentant des crédits pour des achats immobiliers qui n?étaient pas une anticipation de la création monétaire, concrétisée normalement par des rentrées financières contrepartie d?actes économiques, notamment salaires, mais en ne prenant en compte que les garanties hypothécaires ce qui ne pouvait conduire qu?à l?emballement puis à l?effondrement du marché immobilier qui ne saurait, pas plus qu?à l?époque les galions espagnols, être à lui seul générateur de monnaie.

La Dordogne, le pays de l?Homme, comptait en 1968 quelques soixante mille exploitations agricoles, il en reste moins de dix mille et le taux de suicide des agriculteurs y est le plus important de France. Il est bouleversant et lamentable le suicide récent de cet agriculteur qui avec plus de cent hectares dans une zone riche ne pouvait plus faire face à ses dettes.
On découvre au travers de ce drame inadmissible que le système bancaire dont on a hélas abandonné le caractère professionnel, solidaire et mutualiste est non seulement incapable de mesurer correctement le risque des activités qu?il finance, et de conseiller les emprunteurs en conséquence, mais et surtout, qu?il intervient dans un système économique où l?on n?entend ne plus financer l?économie réelle génératrice de vraie monnaie, mais l?économie fictive qui elle ne génère que de la fausse monnaie. Ceci se traduit de façon évidente par le fait qu?une exploitation de plus de cent hectares, ne vaut plus rien en tant que garantie ce qui est au demeurant secondaire, mais surtout en tant qu?outil de base de la création monétaire dans un système où les valeurs étant inversées on ne sait plus dans les actes économiques distinguer l?indispensable du superflus ou de l?inutile.

Le baron Justus von LIEBIG, l?inventeur de l?extrait de viande du même nom, définissait vers les années 1850 l?importante loi sur le minimum, qui sous sa forme générale de loi du maillon le plus faible, dispose que le résultat d?une chaîne de processus est limité par le chaînon le moins performant, et que c?est sur lui qu?il faut agir pour dépasser la limite.

Les chaînons de l?économie globale sont de deux ordres :

-Ceux de l?économie réelle : secteurs primaire, secondaire et tertiaire ;

- ceux de l?économie virtuelle, celle-ci étant absolue quand elle n?est pas créatrice de monnaie (banque considérée comme une industrie, subprimes, produits dérivés et autres hedge funds) ; où relative quand les chaînons qui la composent dépassent en importance ceux de l?économie réelle voire tendent à les remplacer.

Nous somme ainsi parvenus au point où les facteurs essentiels et à développer en priorité sont devenus les facteurs limitants du développement économique. Il ne sert à rien de développer l?industrie automobile ou les services si le système économique ne permet pas d?assurer les besoins prioritaires d?alimentation, de santé et d?éducation.
Lorsque Jacques DIOUF Directeur général de la FAO - à l?Assemblée générale de laquelle n?assistaient aucun chef d?État plus intéressés par les pitreries de COPENHAGUE que par la faim dans le monde - clame haut et fort que la priorité des priorités pour lutter contre la faim est d?atteindre l?autosuffisance alimentaire dans les pays concernés, il ne fait que dire que l?agriculture ne doit pas être le facteur limitant du développement.

« Il faut mettre tous les ?ufs dans le même panier quitte à surveiller le panier » prétendait Mark TWAIN, il faut ouvrir les frontières à tous vents, et surtout ne pas mettre de portes coupe-feu, prétendent nos apprentis sorciers économistes.

Notre incapacité à surveiller un panier trop gros, nonobstant bonne gouvernance et régulation par un G20 voire un G40 ou plus , ne peut conduire qu?à une gigantesque omelette dont nous assistons aux derniers préparatifs.

L?ouverture des frontières à tous vents qui conduisent à la fin de notre agriculture, tantôt première du monde, et au suicide des agriculteurs, à fait s?enrhumer la Grèce qui risque de ne pas s?en remettre et de contaminer l?ensemble de la zone euro.

Le refus de mettre des portes coupe-feu qui permettraient que les composantes essentielles et prioritaires de l?économie, le secteur primaire notamment, n?en soient pas des facteurs limitants, risque de déclencher un incendie généralisé dont nous ne nous remettrons pas.
C?est ce cataclysme que préparent activement les cavaliers et faussaires partis ces jours-ci se faire voir chez les grecs.
a écrit le 30/04/2010 à 11:23 :
après avoir joué a la cigale il est temps que la Grèce devienne une fourmi !
a écrit le 30/04/2010 à 7:57 :
"Les négociations portent aussi sur le système de primes en vigueur dans le secteur public, qui permet aux fonctionnaires d'augmenter leurs traitements lorsqu'ils qu'ils travaillent sur ordinateur ou lorsqu'ils arrivent au bureau à l'heure. Une réduction de 5% à 15% de ces primes pourrait représenter 300 millions d'euros d'économies."
Tout est dit!
Il n'y a plus qu'à tirer le rideau et voir comment la Grèce peut reprendre sa liberté, et libérer la zone Euro de ce boulet! :

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