Croissance américaine : 3,2% en début d'année, la consommation en plein boom

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La croissance économique des Etats-Unis a atteint 3,2% en rythme annuel au premier trimestre, selon les chiffres du PIB publiés ce vendredi à Washington. La consommation des ménages augmente de 3,6%, son rythme le plus fort depuis trois ans. La hausse du coût du travail s'est accélérée au premier trimestre, pour la première fois depuis 2008, atteignant 0,6% par rapport au trimestre précédent. L'indice d'activité dans la région de Chicago est au plus haut depuis avril 2005, mais le moral des ménages, calculé par l'Université du Michigan, marque le pas.

Le PIB américain a progressé de 3,2% en rythme annualisé au premier trimestre, a annoncé ce vendredi le département du Commerce, enregistrant un troisième trimestre consécutif de hausse après la pire récession depuis les années 1930. Les économistes anticipaient un chiffre légèrement supérieur, de 3,3% ou 3,4%, après celui de 5,6% du dernier trimestre 2009.

La consommation des ménages s'est accélérée, montre le détail des statistiques, avec une hausse de 3,6% en rythme annualisé sur janvier-mars, plus du double de celle d'octobre-décembre (1,6%). Il s'agit de sa plus forte progression depuis le premier trimestre 2007. La consommation, qui représente environ 70% de l'activité économique globale outre-Atlantique, a ainsi contribué à la croissance du PIB à hauteur de 2,55 points de pourcentage, sa plus importante contribution depuis le quatrième trimestre 2006.

Les stocks des entreprises ont parallèlement augmenté de 31,1 milliards de dollars, leur première hausse depuis le premier trimestre 2008. Cela représente une contribution de 1,57 point au PIB, moins de la moitié de celle du dernier trimestre 2009.

Par ailleurs, la hausse du coût du travail s'est accélérée au premier trimestre, pour la première fois depuis 2008, selon le département du Travail. En données corrigées (CVS), le coût moyen d'un salarié a augmenté de 0,6% par rapport au trimestre précédent. Cette progression est la plus forte depuis le troisième trimestre 2008. Pendant cinq trimestres consécutifs (le dernier de 2008 et les quatre de 2009), ce coût du travail avait enregistré une hausse de 0,4%. Mesurée en glissement annuel, l'augmentation a été de 1,7% au premier trimestre, après 1,5% lors des deux trimestres précédents.

L'augmentation sur un an du coût du travail dans le privé, une mesure communément retenue du pouvoir de négociation des salariés, s'est accélérée (à 1,6%) lors de ce premier trimestre pour la première fois depuis trois ans. Ayant culminé à 3,6% au premier trimestre 2007, cette augmentation s'était ensuite tassée sous l'effet de la récession, pour atteindre un creux à 1,2% lors des deux derniers trimestres de 2009. Dans le secteur public en revanche, l'augmentation du coût du travail, qui avait culminé à 3,2% sur un an au deuxième trimestre 2009, a reculé depuis, pour atteindre 2% au premier trimestre 2010.

Par ailleurs, la hausse de l'activité économique dans la région de Chicago s'est nettement accélérée en avril, l'indice des directeurs d'achat ayant bondi à son plus haut depuis quatre ans, selon l'association professionnelle ISM. L'indice mesurant cette activité a atteint 63,8, niveau jamais vu depuis avril 2005, et nettement supérieur aux prévisions des analystes (59,9). Il était de 58,8 en mars.

Avril est le septième mois de hausse consécutif pour cet indice qui était passé au dessus du seuil de 50, qui marque la limite entre contraction et expansion, au mois d'octobre. Les deux composantes les plus surveillées, les nouvelles commandes (65,2 contre 61,8 en mars) et l'emploi (57,2 contre 53,1 en mars), ont affiché une nette progression. L'ISM-Chicago passe pour être un bon indicateur avancé de la tendance de l'activité dans l'ensemble des Etats-Unis.

En revanche, le moral des ménages s'est dégradé en avril mais moins qu'attendu, d'après l'enquête mensuelle de l'Université du Michigan. L'indice du sentiment des consommateurs ressort à 72,2 alors qu'une première estimation il y a deux semaines l'avait donné à 69,5, son plus bas niveau depuis cinq mois. Les économistes anticipaient en moyenne un chiffre de 71 pour avril après 73,6 en mars.

"La confiance dans les politiques économiques et dans les projets de loi promus par l'administration Obama reste à des niveaux bas même si la confiance a bel et bien enregistré un petit rebond fin avril", a commenté Richard Curtin, directeur des enquêtes, dans un communiqué.

L'indice mesurant le jugement des consommateurs sur la situation économique actuelle est revenu à 81 fin avril contre 82,4 en mars, celui de leurs anticipations à 66,5 contre 67,9. L'indice des perspectives économiques à l'horizon d'un an a lui progressé à 80 contre 78 en mars.

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Commentaires
a écrit le 01/05/2010 à 7:33 :
Et la consommation française en plein plouf.
a écrit le 30/04/2010 à 11:21 :
c'est mieux que chez nous ! Fillon ferait cocorico pour la France qui fait quelque 0,4 % je crois ! chez nous on ne donne pas de pouvoir d'achat a la France d'en bas, on ne favorise pas le travail et on ponctionne trop les classes moyennes ; faudrait revoir notre politique .... la relance fut trop molle - presque rien sinon la prime à la casse...

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