Etats-Unis : A marée noire exceptionnelle, moyens exceptionnels

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(Crédits : Reuters)
Alors que l'essentiel du pétrole qui s'échappe depuis 10 jours de la plateforme pétrolière située dans le Golfe du Mexique s'approche des côtes de la Louisiane, la mobilisation grandit. Le président américain Barack Obama s'est rendu sur place dimanche. La France se tient prête à aider.

Après avoir précisé que l'essentiel du pétrole qui s'échappe de la plateforme pétrolière qui a sombré le 22 avril devraient plutôt atteindre les côtes dimanche, le gouverneur de la Lousiane a déclaré que "cette nappe de pétrole menace non seulement nos marais et nos pêcheries, mais aussi notre mode de vie". Désignée comme la pire jamais intervenue aux Etats-Unis depuis des décennies, cette marée noire menace notamment la production des huîtres de Louisiane, une source de revenus vitale pour la région et le symbole d'une culture économique locale et beaucoup d'ostréiculteurs craignent la fin pour leurs entreprises.

Les garde-côtes estimeraient d'après la presse américaine,  que la fuite de pétrole pourrait s'aggraver considérablement, déversant des millions de litres de brut chaque jour au lieu des 800.000 litres actuels. S'appuyant sur des images satellitaires, un expert travaillant pour l'université de Miami, Hans Graber, a déclaré à l'AFP que la superficie de la nappe de pétrole était au moins trois fois supérieure à ce qui avait été initialement évalué. Jeudi, elle atteignait 9.000 km2 contre 2.600 lundi selon lui.

Pendant ce temps, la direction de British Petroleum (BP) qui exploite la plateforme à l'origine de cette catastrophe, tente toujours de colmater la fuite. Elle a expliqué que quatre engins sous-marins tentent de fermer à la source la valve de sécurité du puits, sans succès pour l'instant. Pour boucher la sortie du puits, le groupe a indiqué fabriquer aussi un énorme "couvercle" de 70 tonnes à poser sur le fond de la mer, un travail qui devrait prendre plusieurs semaines. Depuis samedi, la compagnie a commencé à forer des puits de secours pour réduire la pression et injecter un enduit pour boucher définitivement le puits.

Parallèlement, plusieurs opérations simultanées sont en cours. Des équipes continuent d'injecter, au moyen de bateaux et d'avions, des produits chimiques dispersants tandis que d'autres se rendaient dans les zones côtières menacées pour les opérations de nettoyage.

Plus de 84 kilomètres de barrages flottants ont été déployés et plus de 3,8 millions de litres de pétrole mélangé à de l'eau ont déjà été retirés. Une partie des eaux du Mississippi, plus grand fleuve du pays, était détournée en direction des marais afin de repousser la marée noire, décrétée "catastrophe nationale" par l'administration.

Le président Obama, qui s'est rendu sur place ce dimanche, a qualifié la marée noire de catastrophe "peut-être sans précédent". "En tant que président des Etats-Unis, je ne ménagerai pas mes efforts pour répondre à cette crise", a-t-il promis, soulignant qu'elle risquait de "se prolonger longtemps" et de "menacer les moyens d'existence de milliers d'Américains".

Le président a défendu son administration, critiquée pour la lenteur de sa réaction. "Le gouvernement fédéral a lancé et coordonné une intervention où tous les acteurs sont impliqués, sans relâche, depuis le premier jour", a-t-il dit. Le président américain a fait état de la présence de 1.900 fonctionnaires fédéraux dotés de 300 bateaux et aéronefs dans la région. Samedi, il a nommé un amiral des garde-côtes, Thad Allen, à la tête des opérations d'urgence.

Pour ce dernier, la marée noire n'a pas entravé de manière significative la production américaine de pétrole et de gaz ni le transport maritime le long des côtes méridionales des Etats-Unis tout en prévenant que la circulation des navires de commerce pourrait finir par être touchée, la nappe de pétrole se déplaçant vers le Mississippi et l'Alabama.

Les premières plaques de pétrole ont touché dès jeudi soir des marais proches de l'embouchure du Mississippi, près de la commune de Venice (sud). Un premier oiseau touché, un fou de Bassan, a été recueilli samedi et démazouté par une association embauchée par BP. Cela "pourrait devenir un cauchemar" a déclaré Mark Floegel, un responsable de Greenpeace qui se trouvait en Louisiane samedi.

Interrogé par Europe 1 et le quotidien Le Parisien Aujourd'hui en France, le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner a déclaré que la France était prête à aider. "Nous avons promis d'être à leur disposition dans le domaine de la chimie du pétrole, des spécialistes du nettoyage, nous avons une petite expérience", a t-il expliqué avant d'ajouter que "pour le moment, aucune équipe n'est partie". "Pour l'heure, les Américains ne nous ont pas demandé une aide précise".

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Commentaires
a écrit le 20/05/2010 à 16:40 :
en france il existe des moyens efficaces pour endiguer cette marée noire . les chaluts thomsea qui on fait leur preuve pendant le naufrage du prestige. pourquoi le gouvernement français n'aide pas ses entreprises a partir en Louisiane
a écrit le 10/05/2010 à 19:00 :
Le problème dans cette affaire est que nous sommes nous ''humains'' tellement gourmands de ce ''maudit pétrole'', source de tous nos malheurs (destruction de la nature..., maladies..., guerres...), c'est que nous recherchons 1 coupable alors que nous le sommes tous (coupables!) ...
Mais il pourrait très bientôt se rajouter un second coupable (et non des moindres pour vos assiettes):
LE GULF STREAM..................................................................................................!
a écrit le 06/05/2010 à 11:51 :
Bonjour,

Et tous ces produits "dispersants",j'imagine bien qu'ils sont totalement inoffensifs pour l'écosystème ...?!
Salutations et bon aprèm'...
a écrit le 06/05/2010 à 11:42 :
Il me semble que la mediatisation de cette catastrophe depasse de loin les consequences qu elle pourrait engendrer.Je m interroge sur le pourquoi de la chose et me demande pourquoi une aide internationale n a t elle pas ete demande?Il doit exister des solutions et les pompiers de l equipe Ader,je crois, l ont montre dans le Sahara et rien n est impossible sauf si derriere cette situation il s en cache une autre!!!
a écrit le 06/05/2010 à 11:07 :
@ alex2603: ne serez tu pas un futur génie de la finance ?

Pour ta culture ...

BP n'a pas d'actionnaire majoritaire et son principal actionnaire (27%) des titres est JP Morgan (je connais plus francais comme manque)
a écrit le 06/05/2010 à 10:26 :
eu je vous rappel que bp est angais et que l'actionnaire majoritaire est français
a écrit le 03/05/2010 à 7:24 :
Faites confiance aux Américains pour trouver la bonne solution une fois qu'ils auront tout essayé. (Winston Churchill)
a écrit le 03/05/2010 à 6:05 :
BP a laissé faire, de toute facon, c'est le contribuable americain qui paiera. Oups, they did it again
Drill baby, drill !
a écrit le 03/05/2010 à 3:33 :
Dans cette affaire, il y a eu une succession de défaillances qui ont une seule et même origine, la négligence ou l'incompétence de BP en matière de management de la qualité de la sécurité et de l'environnement. BP a-t-il fait une AMDEC ou FMEA ? (analyse préventive des modes de défaillances) BP a-t-il fait un plan de sauvegarde en cas de défaillance d'organes vitaux comme la vanne générale ? BP a-t-il testé les moyens de détection et de sécurité ? BP a-t-il effectué des audits de sécurité ? Si comme le déclare Lamar Mc Kay une seule pièce défectueuse serait à l'origine de la catastrophe, il faut arrêter de suite toutes les installations de ce type à travers le monde ! Cette déclaration montre l'irresponsabilité d'un tel dirigeant qui doit être traduit devant les tribunaux pour faute professionnelle lourde.
a écrit le 02/05/2010 à 16:00 :
Ceci prouve une chose: sortir du pétrole dés qu'on le peut. Ca apprendra aux USA à chercher du pétrole alors qu'ils ont du gaz. Je rappelle que le Président Obama a autorisé voilà moins d'un mois une exploration pétrolière accrue au large des côtes de ...Louisianne. Ironique non? Le gaz peut être directement utilisé pour produire de l'électricité propre avec des piles à combustible. Mais il paraît que ce procédé est trop onéreux. Le bilan économique et environnemental actuel va peut-être faire réfléchir l'administration et les lobbies.
a écrit le 02/05/2010 à 15:11 :
30 ans après la catastrophe de la plate-forme Ixtoc 1, il semble que rien n'ait été appris. On rejoue le même scénario.

http://www.cedre.fr/fr/accident/ixtoc/ixtoc.php
a écrit le 02/05/2010 à 14:44 :
depuis le temps que les forages sous marins existent il est anormal que les ingénieurs n'ait pas pensés a fabriquer d'avance trois ou quatre cloches de taille conséquente avec cheminée pour récupérer le brut en cas de pépin de ce type on se retrouvent dans une cata sans précédent les pétroliers prélèvent assez de finance sur le dos des utilisateurs pour ne pas prévoir et assumer leurs responsabilités honte a ces gens là il ne méritent pas qu'ils soit considérés comme genre humain ce ne sont que des prédateurs envers leurs semblables il ne pensent qu'a la finance et faire des économies de personnels et voilà ou nous en sommes pauvres gens pauvres milliardaires espérons qu'une technique sera vite trouvée car beaucoup de monde va etre touché( nourriture travail peche tourisme etc...
a écrit le 02/05/2010 à 14:32 :
"Entre la sauvegarde écologique et celle du pétrole, il semble que ce soit la second qui ait été choisie !".
N'importe quoi !! Si BP ne stoppe pas très rapidement la fuite, la facture totale qu'elle devra payer pourrait purement et simplement ruiner l'entreprise ! Elle a des plateformes et des puits dans le monde entier, l'urgence est de mettre fin à ce cauchemar, il sera toujours temps de retourner chercher le pétrole plus tard quel que soit la technique pour boucher le trou actuel !
a écrit le 02/05/2010 à 14:20 :
Les entreprises britanniques ne voient que le profit et ne mettent pas assez de moyens en place pour la qualité, la sécurité et l'environnement. La crise de la "vache folle " déjà, était dûe à une non validation d'un changement de process en baissant la température et permettant ainsi au prion de subsister. Bp a probablement oublié de faire une AMDEC ou FMEA qui est une technique de sécurisation des process qui nous vient des Etats-Unis. Obama serait bien inspiré de demander le document FMEA à BP.
a écrit le 02/05/2010 à 14:15 :
Les ingénieurs n'ont pas imaginé qu'une telle catastrophe pouvait arriver .Ils sont tous débordés et personne n'a la réponse!!!C'est effrayant,et ça peut se
produire sur n'importe quelle plate forme.Gouverner,c'est prévoir,mais pouvait
on prévoir l'imprévisible ?Comment sera le niveau de la couche d'ozone ???
a écrit le 02/05/2010 à 13:12 :
Ils devraient utiliser des mouettes pour éponger le mazout... Ca a marché sur les côtes Bretonnes. Je me rappelle de toute ces mouettes mazoutée.
a écrit le 02/05/2010 à 11:50 :
Nous avons des robots sous-marins hypersophistiqués pour le vol AF447, descendant à très grandes profondeurs.....
a écrit le 02/05/2010 à 11:49 :
quels sont les moyens employés dans le delta du niger ? C'est une énorme catastrophe nationale, ce peuple agriculteur et pecheurs de quoi vont il vivrent?
depuis hier et avant avant hier. Greenpeace help ?
a écrit le 02/05/2010 à 11:23 :
Un missile au fond de l'eau ?

Vous en avez d'autres des idées comme ça ? Extrêmement dangereux et aléatoire, à part créer plein d'autres fuites, je vois pas ce que ça pourra faire ...
a écrit le 02/05/2010 à 11:18 :
Pour nettoyer le site, BP semble proposer des contrats de travail aux pêcheurs pour autant que ceux-ci ne portent pas plainte, et sans savoir pendant combien d'années ils ne pourront pas retourner en mer. Il me semble que la société de forage est basée à Genève, donc peut disparaitre dans quelques semaines. N'est-ce pas TOTAL qui a acheté des actifs BP il y a quelques temps?
a écrit le 02/05/2010 à 10:57 :
vivement que tout soit remis en ordre pr lecho systeme! http://sottch.wordpress.com
a écrit le 02/05/2010 à 10:53 :
Mettre un couvercle de 70 tonnes sur la tête du puits à 1500 mètres de profondeur, cela équivaut à déverser autant de de tonnes de rochers. Ne vaudrait-il pas mieux envoyer un missile au fond de l'eau, pour soulever une teme quantité de matière ? Ou faut-il absolument préserver la possibilité de reprendre plus tard l'exploitation ?
Entre la sauvegarde écologique et celle du pétrole, il semble que ce soit la second qui ait été choisie !

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