David Cameron devient Premier ministre

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Gordon Brown a officiellement démissionné mardi soir, laissant la place à une coalition entre conservateurs et libéraux-démocrates.

David Cameron est enfin premier ministre. Après cinq jours de négociations politiques tendues, le leader des conservateurs est devenu, à 43 ans, le plus jeune leader britannique depuis 1812.

Autre fait historique, il s?agira d?un gouvernement de coalition, pour la première fois depuis les années 1920. La Grande-Bretagne va être dirigée par un accord entre les libéraux-démocrates et les conservateurs. Les détails exacts de l?accord n?étaient pas encore dévoilés soir, mais David Cameron n?a laissé aucun doute lors de son premier discours sur le perron de Downing Street : « j?ai l?intention de former une coalition pleine, pour avoir un gouvernement fort et stable. Nick Clegg (leader des libéraux-démocrates) et moi sommes des leaders politiques qui veulent travailler ensemble. » La coalition entre conservateurs et libéraux-démocrates permet d?apporter une majorité solide à la chambre des communes, avec 363 députés, la majorité étant à 326.

Dans le reste de son discours, avec sa femme Samantha, enceinte de trois mois, à ses côtés, David Cameron a expliqué son objectif. En commençant par abaisser son rôle : « il faut être honnête sur ce qu?un gouvernement peut faire. Un vrai changement n?est pas ce qu?un gouvernement peut faire tout seul. » Il en appelle à la société britannique, pour être active : « il faut se demander non pas ce qu?on vous doit, mais ce que vous pouvez donner. »

Une heure avant l?arrivée de David Cameron, Gordon Brown avait annoncé sa démission. A défaut d?avoir réussi ses trois années à la tête de la Grande-Bretagne, l?ex-premier ministre aura réussi sa sortie. Dans la soirée, il s?est rendu sur le perron de Downing Street pour l?un des discours les plus émouvants qu?il ait jamais donné.

« Je vais donner ma démission à la reine. (?) Elle invitera alors le leader de l?opposition à former un gouvernement. Je lui souhaite bonne chance. (?) J?ai adoré ce ?job?, pas pour son prestige (?) mais pour son potentiel, pour faire de la Grande-Bretagne un pays meilleur. » Il a ensuite rendu un hommage vibrant, la voix légèrement cassé, à sa femme. Et, fait exceptionnel, ses deux enfants, qu?il a toujours refusé d?utiliser à des fins électorales, sont sortis, emmenés par la main par leurs parents jusqu?au côté du 10, Downing Street. Dans sa Jaguar bleue officielle, Gordon Brown s?est ensuite rendu à Buckingham Palace remettre sa démission. David Cameron, le leader des conservateurs, lui a rapidement succédé chez la reine d?Angleterre, « invité » à former un gouvernement.

Lundi, Gordon Brown avait bien tenté un dernier coup, en annonçant sa démission de la direction du parti travailliste. Ce coup de théâtre, en retirant cet homme politique usé et impopulaire, avait permis aux libéraux-démocrates d?ouvrir des négociations avec les travaillistes. Celles-ci ont cependant rapidement échoué dans la matinée de mardi. Elles avaient d?ailleurs été bancales dès le début. L?addition des voix Labour et Lib-dems ne suffisant pas à atteindre la majorité absolue. L?ère du « New Labour » était terminée.

Le coup de bluff des libéraux-démocrates, en reprenant des négociations avec les travaillistes, semble cependant avoir porté ses fruits. Les conservateurs leur offrent désormais un référendum sur le système politique, auquel ils s?opposaient jusqu?à présent. Le mode de scrutin actuel -vote uninominal à un tour- désavantage fortement le parti centriste, qui réclame l?introduction d?une dose de proportionnel. Si les Britanniques votent en faveur de cette réforme, cela changerait profondément le paysage politique du pays.

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Commentaires
a écrit le 11/05/2010 à 18:48 :
Qu'est ce que ca va changer pour la politique anglaise ? Quelles seront les différences avec la politique précédente ?
a écrit le 11/05/2010 à 18:28 :
Ils vont devoir faire le grand écart au sujet de l'Union Européenne. Une occasion de bouter les Anglais hors d'Europe?

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