Les mesures radicales du plan d'austérité britannique

 |   |  703  mots
(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Ce mardi, le ministre des Finances britannique, George Osborne (photo), a présenté un plan d'austérité budgétaire radical, portant sur cinq ans, qui prévoit un relèvement important de la TVA, une imposition plus lourde des hauts revenus, mais également une baisse surprise de l'impôt sur les sociétés.

Alors que la France réfléchit elle aussi à un plan de rigueur, le ministre des Finances britannique, George Osborne, a présenté ce mardi l'un des budgets les plus austères depuis au moins trente ans. L'objectif annoncé est de réduire le déficit public du pays de 10,1% du PIB cette année à 1,1% du PIB d'ici à 2015-2016.

Les mesures annoncées :

- une nouvelle taxe sur le chiffre d'affaires des banques opérant au Royaume-Uni entrera en vigueur en janvier prochain et rapportera 2 milliards de livres (2,4 milliards d'euros) par an. Elle sera calculée sur la base du bilan des banques et groupes mutualistes britanniques ainsi que des filiales locales de banques étrangères.

- l'impôt sur les sociétés passera de 28% actuellement à 24% en quatre ans, à raison d'un point par an à partir de l'an prochain. "Cela nous donnera le taux le plus bas des grandes économies occidentales et le taux le plus bas du G20", a déclaré George Osborne.

- la TVA passera de 17,5% à 20% le 4 janvier 2011, une mesure qui rapportera, selon le ministre des finances, 13 milliards de livres, alors que l'Allemagne envisage de faire l'inverse.

- le gouvernement prévoit également la baisse des dépenses des ministères d'environ 25% sur quatre ans.

- les salaires dans la fonction publique seront gelés pendant deux ans ; une mesure que le gouvernement français hésite pour l'heure actuelle à prendre.

- l'imposition des plus-values pour les plus hauts revenus sera portée à 28% à partir de minuit ; le seuil d'imposition des revenus sera relevé de 1.000 livres en avril 2011.

- les dépenses de protection sociale seront mieux contrôlées afin d'économiser 11 milliards de livres d'ici à 2014-2015.

- le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite à 66 ans va être accéléré.

En revanche, aucune augmentation des taxes sur l'alcool, le tabac et le carburant n'est prévue.

Les prévisions de croissance revues à la baisse

George Osborne a également revu à la baisse les prévisions de croissance. Il a annoncé prévoir une hausse de 1,2% du produit intérieur brut (PIB) cette année, un chiffre inférieur à celui de 1,3% présenté la semaine dernière par l'OBR. La croissance est ensuite prévue à 2,3% en 2011 (2,6% prévu par l'OBR,) à 2,8% en 2012 et à 2,9% en 2013.

Le ministre a déclaré que ces mesures d'austérité permettraient de ramener les emprunts de l'Etat à 1,1% du produit intérieur brut (PIB) sur l'exercice budgétaire 2015-1016. Les emprunts nets de l'Etat devraient ainsi atteindre 149 milliards de livres sterling cette année, soit 6 milliards de moins que prévu la semaine dernière par l'Office for Budget Responsibility (OBR), un nouvel organisme indépendant de surveillance du budget. Ils devraient être ramenés à 116 milliards de livres en 2011-2012, à 89 milliards en 2012-2013, puis progressivement à 20 milliards en 2015-2016.

Pas trop de rigeur, exhorte Barak Obama

Dans une lettre publiée vendredi, en amont de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement du groupe des Vingt (G20) à Toronto les 26 et 27 juin, le président des Etats-Unis, Barak Obama, a exhorté les pays du G20 à accélérer la réforme financière et renforcer les finances publiques tout en prenant garde de ne pas freiner la reprise par des plans de rigueur trop sévères.

"Le rythme de consolidation [de la croissance] doit être ajusté avec souplesse et nous devons retirer les leçons des erreurs importantes commises par le passé, lorsque les mesures de soutien étaient retirées trop rapidement et engendraient de nouvelles difficultés économiques ainsi que la récession", a écrit le président des Etats-Unis.

David Cameron, qui dirige une coalition entre conservateurs et libéraux démocrates au pouvoir depuis le mois dernier, a rejeté ces arguments, brandissant la menace d'un crise budgétaire similaire à celle de la Grèce. En revanche, le parti travailliste, désormais dans l'opposition, a estimé qu'une réduction drastique des dépenses publiques et des prestations sociales pourrait faire replonger l'économie britannique dans la récession. Il a ainsi préconisé d'attendre que la reprise soit plus solide avant d'appliquer une politique d'austérité.

La France se prépare elle aussi à renforcer ses réductions de dépenses.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :