Une femme à la tête du gouvernement australien

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Julia Gillard est devenue, ce jeudi, la première femme à occuper les fonctions de Premier ministre du gouvernement australien suite à à l'éviction surprise au sein du parti travailliste de son prédécesseur Kevin Rudd. Cette élection pourrait profiter aux valeurs minières car contrairement à son prédécesseur, elle ne serait pas favorable à la taxation des géants du secteur.

Une première pour l'Australie. Julia Gillard est devenue ce jeudi la première femme à occuper les fonctions de Premier ministre du gouvernement australien. Elle est considérée par les commentateurs politiques comme une personnalité plus chaleureuse et plus appréciée des électeurs que son prédécesseur, Kevin Rudd. Elle a déjà annoncé son intention de procéder à des élections "dans les prochains mois".

Une élection favorable pour le secteur minier. Lors de sa première intervention dans ses nouvelles fonctions, celle qui était jusqu'alors la numéro deux du gouvernement a expliqué qu'elle accorderait davantage d'importance à la concertation. Elle a aussi ouvert la porte à des négociations avec les géants du secteur minier , dont son prédécesseur souhaitait taxer les "super profits" à hauteur de 40%.  "J'ai demandé à mes collègues de procéder à un changement de leadership parce que je pensais que notre gouvernement, qui est un bon gouvernement, était en train de s'égarer", a-t-elle avancé pour expliquer les raisons de la fronde interne qui a eu raison de Kevin Rudd.

Vice-Premier ministre, ministre de l'Education, du Travail et des relations du travail dans le gouvernement sortant, cette Galloise de naissance âgée de 48 ans s'est révélée au grand public par ses interventions tant au Parlement que dans les médias. "J'ai bien conscience d'être la première femme à ce poste. Mais je ne me suis pas présentée pour détruire je ne sais quel plafond de verre", a-t-elle dit lors de sa première conférence de presse en tant que Premier ministre.

Classée parmi l'aile gauche du Parti travailliste, elle a su toutefois rallier des appuis suffisants pour contester le leadership de Kevin Rudd, qui a finalement préféré jeter l'éponge plutôt que d'être mis en minorité par son propre parti. Elle a été la cible d'attaques concertées de l'opposition sur sa gestion d'une enveloppe de 16 milliards de dollars australiens (12 milliards d'euros) consacrée à la réfection et à la rénovation des infrastructures scolaires dans le cadre des mesures de soutien à l'économie. Mais la campagne n'a pas écorné la popularité de cette femme, qui participait également au "kitchen cabinet" de Kevin Rudd, un cabinet restreint à quatre où se prenaient les décisions stratégiques depuis la victoire des travaillistes en novembre 2007.

Considérée de longue date comme l'héritière de Rudd, elle a longtemps assuré qu'elle ne tenterait pas de le déloger de la tête du parti. Mais l'accumulation d'erreurs politiques et le recul des travaillistes dans les sondages ont eu raison de sa loyauté, et c'est elle qui mènera le Parti travailliste aux urnes pour les élections législatives, qui doivent avoir lieu d'ici la fin de l'année.

Sa promotion devrait marquer un changement de style du gouvernement
, mais pas un changement de politique, estiment les commentateurs.
"Elle est plus à gauche que Rudd. Elle est favorable à davantage de régulation et davantage de dépense publique. Il est donc possible que le déficit budgétaire soit réduit plus lentement", note cependant Su-Lin Ong, économiste chez RBC Capital Markets. Arrivée avec ses parents en Australie à l'âge de quatre ans, Julia Gillard a pratiqué le droit, travaillant notamment pour un cabinet d'avocats spécialisé dans les recours en action collective, avant d'entrer en politique.

Elue pour la première fois au Parlement en 1998, cette célibataire a dû faire face au machisme ambiant. Un député conservateur a même lancé qu'elle ne pourrait jamais gouverner puisqu'elle n'était pas mariée et qu'elle n'avait pas d'enfant. Il a dû par la suite lui présenter des excuses.
Après la victoire des travaillistes en 2007, elle est devenue l'une des ministres les plus en vue du gouvernement. Au cours de l'année écoulée, elle a effectué plusieurs déplacements à l'étranger, se rendant notamment aux Etats-Unis, en Irak, en Israël et en Inde.

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