LA TRIBUNE - Quel est le bilan à retenir du rapport sur l’ouverture à la concurrence ferroviaire publié fin juin ?
THIERRY GUIMBAUD - « La loi demande à l’ART d’assurer le suivi de la situation de la concurrence sur les marchés des services ferroviaires. Dans ce cadre, nous publions notamment, tous les quatre ans, un rapport dédié. L’ouverture à la concurrence s’ouvre progressivement depuis une loi de 2015, renforcée par une loi de 2018. Depuis notre précédent rapport, publié en 2022, les choses ont beaucoup évolué. Le premier constat que nous tirons est, qu’aujourd’hui, l'ouverture à la concurrence est effective. Le processus n’est pas achevé, mais il est en marche et nous sommes au milieu du gué. Le deuxième constat, c’est que ses premiers effets sont globalement positifs. Le principal avantage est que là où la concurrence est effective, il y a de l'offre de transport en plus. Par exemple, alors que l’ouverture à la concurrence ne concerne que 2% de l’offre nationale des services librement organisés (les trains à grande vitesse), sur la ligne Paris-Lyon-Marseille, 15 à 20% de l’offre est issue des concurrents. Ce n’est pas du tout anecdotique et on observe que l’offre de places proposées aux usagers augmente deux fois plus vite qu’ailleurs en France et que les prix moyens, par ailleurs, ont diminué de 10%. L’effet extrêmement intéressant de la concurrence, c’est la création nette de l’offre.
Qu’en est-il des services dits conventionnés – les trains régionaux financés par les collectivités territoriales ?
Nous observons également ce phénomène de création d'offres sur les services dits conventionnés, après les appels d’offres et donc la mise en concurrence. Il y a beaucoup plus d'offres qu'avant : c’est souvent plus de 30 ou 40% d'offres supplémentaires voire 100%, et souvent à des prix équivalents pour la collectivité.
Comment se comporte la demande sur le marché ferroviaire ?