Impôt européen : pour Londres c'est "no" et pour Paris "inopportun"

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Londres a sèchement retoqué ce mardi toute idée d'impôt européen, jugée par ailleurs "parfaitement inopportune" par le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche. L'idée avait été relancée lundi par le commissaire européen au Budget, Janusz Lewandowski, qui devrait faire des propositions en ce sens en septembre.

Pour Londres, c'est clairement "no" ! "Le gouvernement (britannique) est opposé à tout impôt direct finançant le budget de l'UE", a tranché ce mardi lord James Sassoon, sous-secrétaire d'Etat rattaché au ministère des Finances. "Le Royaume-Uni estime que la fiscalité doit être déterminée au niveau national des Etats membres et disposerait d'un droit de veto sur tout projet en vue d'un impôt de la sorte", précise un communiqué du responsable britannique transmis à l'AFP.

Côté français, l'accueil n'est pas meilleur. "Nous jugeons cette idée d'impôt européen parfaitement inopportune. Tout impôt supplémentaire aujourd'hui n'est pas le bienvenu, et l'heure est bien davantage, parmi les Etats membres mais aussi pour les institutions européennes, aux économies", a déclaré Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, à l'AFP.

Ce lundi, le quotidien Financial Times Deutschland rapportait que la Commission de Bruxelles envisageait de soumettre en septembre des propositions en faveur de la création d'un nouvel impôt qui alimenterait directement le budget de l'Union européenne (UE). Le commissaire européen au Budget, Janusz Lewandowski, avait déclaré au journal que la nécessité pour les Etats de consolider leurs finances publiques rendait envisageable la création d'un tel impôt.

Il devrait faire des propositions dans ce sens aux Etats membres en septembre, écrit le journal, en notant que des taxes sur les voyages aériens et les transactions financières constituaient deux sources de revenus possibles.

Si l'UE augmentait ses recettes propres, les transferts des Etats membres à Bruxelles pourraient être réduits, a expliqué le commissaire européen. "Je suis à l'écoute d'un certain nombre de capitales, y compris de grandes capitales comme Berlin, qui aimeraient réduire leurs contributions (à l'UE)", a-t-il précisé.

La plupart des pays membres de l'UE se sont jusqu'ici montrés sceptiques quant à la capacité de Bruxelles à lever un nouvel impôt, ajoute le journal, qui évoque la possibilité que les recettes de la vente de permis d'émission de CO2 alimente le budget communautaire.

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