La consommation, nouveau relais de croissance en Allemagne

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L'Allemagne affiche une croissance de son PIB de 0,7% au troisième trimestre, ce qui devrait lui permettre d'atteindre 3,9% pour l'ensemble de l'année. Les données publiées ce mardi font apparaître un nouveau facteur de soutien à l'activité, une hausse de la consommation tant publique que privée.

Quel contraste dans la zone euro ! D'une part des pays tels l'Irlande et la Grèce qui s'enfoncent dans la crise, d'autre part l'Allemagne, première économie de la zone, fait de plus en plus cavalier seul en affichant régulièrement ses performances économiques. La confirmation ce mardi, par l'Office fédéral des statistiques allemand, de la progression de 0,7% du PIB au troisième trimestre par rapport au deuxième trimestre fait estimer le rebond de l'activité outre-Rhin cette année à à 3,9%.

Mais cette confirmation laisse surtout apparaître un nouveau relais de croissance : la consommation. Ainsi, les dépenses publiques progressent de 1,1% par rapport au deuxième trimestre où elles avaient reculé de 1,1% tandis que la consommation privée continue d'augmenter, de 0,4% après 0,6% au trimestre précédent. "La hausse de l'emploi (+0,8%) et le niveau modéré de l'inflation (+1,2%) ont vraisemblablement incité les ménages à consommer. La consommation privée a ainsi enregistré sa troisième hausse consécutive et sa première augmentation sur un an depuis le deuxième trimestre 2009", relèvent les experts de BNP Paribas.

Cette hausse de la consommation outre-Rhin devrait réduire les critiques qui stigmatisent un modèle de croissance qui se ferait aux dépends des autres pays, en particulier ceux de la zone euro. "La dernière fois que l'on a connu ce phénomène remonte à la période 1999/2000, quant la hausse du prix des actions en Bourse avaient déclenché des effets de richesse parmi les ménages et favorisé les investissements", indique Andreas Rees, chez UniCredit Bank.

Par ailleurs, indique l'Office fédéral des statistiques, les dépenses d'investissement continuent à être soutenues (+1,3%) après 5,6%, alimentée par l'augmentation des dépenses en machines et biens d'équipements (+ 3,7% après 4,4% au deuxième trimestre). "La réduction des excédents de capacités de production et les perspectives positives de croissance ont en effet incité les entreprises à investir au troisième trimestre", commentent les experts de BNP Paribas.

Enfin, les exportations ont continué de croître durant le troisième trimestre, à un rythme moindre qu'au deuxième, 2,3% contre 7,9%, mais les exportations nettes ont apporté une contribution plus positive à la croissance, 0,3 point après 0,5 point au deuxième trimestre.

Reste une question : quels seront dans les mois à venir les effets sur l'économie allemande de la crise de nombreux pays de la zone euro ? Pour Andreas Rees, "le facteur de risque le plus important n'est pas la crise de la dette en Europe mais la question de savoir si la Chine va pouvoir maîtriser le ralentissement de son économie ou non." Les entreprises allemandes ont, en effet, durant les deux dernières années, développé leurs exportations vers l'Asie émergente, en particulier la Chine.

En tout état de cause, le moral des ménages reste élevé. Il est même en hausse plus forte que prévu à l'approche du mois de décembre et se situe à son niveau le plus élevé depuis octobre 2007, selon un enquête GfK publiée ce mardi. Son indice du sentiment du consommateur, calculé après enquête aupès de 2.000 Allemands, s'est établi à 5,5 après 5,1 en novembre (chiffre révisé à la hausse). Il est progression pour le sixième mois de suite.

Dernier indicateur positif enregistré ce mardi outre-Rhin, la croissance dans le secteur privé a accéléré en novembre et s'est révélée meilleure qu'attendu tant dans le secteur manufacturier que dans le secteur des services, selon les résultats préliminaires de l'enquête mensuelle PMI publiée par Markit. L'indice composite, qui regroupe services et industrie, est ressorti à 58,8 contre 56 en octobre. L'indice du secteur manufacturier a avancé à 58,9 (consensus à 56,8) après 56,6 en octobre, et celui des services à 58,6 (consensus 56) après 56 en octobre.

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a écrit le 27/12/2010 à 13:49 :
Les actions "Volkswagen" on baissé de plus de 5% à Frankfort aujourd'hui.
L'augmentation des taux d'interet en Chine n'augure rien de bon. Les taux qui ont étés particulièrement bas ces dernières années devraient continuer a remonter aussi en Allemagne, freinant ainsi la consommation. Grâce à des prévisions intentionnellement très optimistes on essaye de rétablir la confiance et ainsi encourager les dépenses des particuliers. Je crains que ce ne soit qu'un feu de paille.
Réponse de le 27/12/2010 à 16:19 :
La baisse des actions des constructeurs automobiles allemands ce lundi à la Bourse de Francfort s'explique surtout par la décision de Pékin, annoncée vendredi, de réduire la circulation donc la vente de voitures afin de réduire les embouteillages.

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