L'Irlande sauve sa croissance par l'export

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Brian Cowen et Brian Lenihan, respectivement Premier Ministre et Ministre des Finances de l'Irlande
Brian Cowen et Brian Lenihan, respectivement Premier Ministre et Ministre des Finances de l'Irlande (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Contrainte par sa crise financière à des coupes budgétaires équivalentes à 10% de son PIB, l'Irlande voit son salut dans son industrie exportatrice : cet été, ses exportations ont progressé de 3,6% (par rapport au printemps), poussant sa croissance à 0,5%.

Malgré la sévère cure d'austérité budgétaire qui se met en place en Irlande, le pays peut nourrir quelques espoirs de sortir de la crise. L'été dernier, l'économie irlandaise a en effet progressé de 0,5% par rapport au printemps dernier, vient de révéler l'Office central des statistiques (CSO). Après le recul de 1% du produit intérieur brut (PIB) enregistré au deuxième trimestre, l'ancien "tigre celtique" voit un peu de lumière au bout du tunnel.

Réagissant à ces bons chiffres, le ministre des Finances, Brian Lenihan, a confirmé que sa prévision d'une croissance de 1,7% l'an prochain, inscrite dans le budget d'austérité voté par le parlement mercredi, "demeure valable". La Commission européenne table, elle, sur un PIB irlandais en progression de seulement 0,9% en 2011. "Les chiffres publiés aujourd'hui montrent que l'économie s'est stabilisée et est désormais sur le chemin d'une croissance portée par les exportations", s'est félicité Brian Lenihan.

L'export a en effet progressé de 3,6% au troisième trimestre (par rapport au précédent). "Les exportations ont augmenté à un rythme annuel de 13%, ce qui constitue le plus fort taux de progression depuis début 2001", souligne le ministre des Finances.

L'export a pu ainsi compenser le déclin de la consommation des ménages (-0,5% cet été) et la chute de l'investissement (-18%). L'industrie a enregistré une croissance de 1,4% cet été malgré la chute libre du BTP (-8,2%), qui se ressent de l'éclatement de la bulle immobilière irlandaise, principale cause de la débâcle du secteur bancaire qui, en raison des garanties octroyées par l'Etat irlandais, a fini par plonger les comptes publics en quasi-faillite.

Face aux pertes bancaires grevant son budget, au point de porter le déficit public à 32,3% de son PIB (la limite du Pacte de stabilité étant de 3%...), Dublin a dû faire appel au mécanisme européen de stabilité financière mis en en place par l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) pour venir en aide aux pays de la zone euro en difficulté financière.

L'Irlande doit percevoir un prêt de 85 milliards d'euros de ce mécanisme mais s'est engagée en contrepartie à prendre de plus amples mesures de rigueur. Dublin va ainsi économiser 15 milliards d'euros (soit près de 10% de son PIB) d'ici 2014. L'essentiel de l'effort d'austérité (6 milliards) étant réalisé l'an prochain. Entre réduction des dépenses de l'Etat, notamment des prestations sociales, et hausse des impôts, le revenu moyen d'une famille irlandaise devrait être en recul en 2011 de 7% par rapport à son revenu de l'année 2008, soit l'année de l'entrée en récession de l'économie.

Ce budget de rigueur a certes été voté ce mercredi par une majorité de six voix au parlement mais le parti d'opposition Fine Gael (centre-droit), attendu comme devant diriger le pays après les prochaines élections de cet hiver, a annoncé qu'il veut renégocier les conditions du prêt de 85 milliards d'euros s'il gagne les élections.

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