La blogosphère des pays arabes, matrice de la "Révolution"

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Les réseaux sociaux ainsi que les blogs Internet ont joué un rôle important dans l'appel à manifester contre les régimes en place en Egypte et en Tunisie. Ils ont aussi relayé des informations sur la tenue des évènements, déjouant les coupures, par le gouvernement, du réseau Internet.

Ce lundi, les autorités syriennes ont condamné Tal al-Mallouhi, 19 ans, une jeune blogueuse, à 5 ans de prison. Elle avait été arrêtée en 2009, lors des émeutes à Damas. Quant à Waël Ghonim, 30 ans, il avait été mis aux arrêts pendant 12 jours, au début de la révolution égyptienne. Ce cadre chez Google, cybermilitant, est devenu un héros de la rue arabe.

Ces deux jeunes, symboles de la génération Internet, rappellent combien les réseaux sociaux jouent un rôle essentiel dans les mouvements populaires qui émergent actuellement dans toute la région. Ces réseaux et les blogs sur Internet ont en effet beaucoup participé à lancer et alimenter les mouvements de révoltes, de Tunis au Caire. Aujourd'hui, c'est à Damas et à Barhein que les bogueurs font feu de tout bois.

"Sans les réseaux sociaux, sans Facebook, sans Twitter, sans Google, sans YouTube, cela n'aurait jamais eu lieu", a ainsi assuré Waël Ghonim. Ces moyens de communication ont en effet permis aux populations de s'organiser et de se rassembler à la suite d'appels lancés sur Facebook, tel celui du 25 janvier, initiant les premiers jours de manifestation place al-Tahrir, au Caire. Mais les réseaux ont aussi permis au monde de suivre l'évolution de la situation, minute par minute. Déjouant les coupures de réseaux Internet et téléphoniques, de jeunes manifestants informaient les médias qui diffusaient ensuite les images, comme par exemple la chaîne Al-Jazeera, montrant à la télévision des vidéos amateurs postées sur le Net.

Le pouvoir d'Internet, les autorités l'ont bien compris. C'est pourquoi elles n'ont pas hésité à le couper. Pourtant, les autorités syriennes ont, depuis la semaine dernière, restauré l'accès à Facebook et Youtube à ses citoyens. Une première depuis trois ans. Et a priori, une avancée vers une plus grande liberté d'expression, sauf qu'il s'agit en fait de plus de contrôle, puisqu'il y est interdit de cacher son identité derrière des pseudonymes...

Dans ces pays où la police est derrière chaque citoyen, les réseaux ouverts et incontrôlables offrent donc le potentiel pour déstabiliser bien des régimes, les autorités étant dépassées par la modernité.

 


 

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