Le G20 de Paris accouchera-t-il d'une souris ?

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Les ministres des Finances des 20 plus grandes puissances se retrouvent à compter de ce vendredi à Paris pour établir les indicateurs de mesure des déséquilibres économiques mondiaux.

La rencontre des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des 20 premières puissances, vendredi et samedi à Paris, dans le cadre de la présidence française du G20, ne devrait représenter qu'une modeste étape vers un ordre économique mondial plus stable. Même l'objectif limité de cette rencontre - choisir des indicateurs de mesure des déséquilibres économiques à l'origine de la crise de 2009 -paraît ambitieuse. Il y a quelques jours, Washington prévenait qu'un accord sur cette question ne serait pas jouable dès ce week-end. Un constat que partage le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, pour qui « le G20 n'est pas sur le point d'accomplir des avancées ».

La ministre française de l'Économie, Christine Lagarde, a admis que ces indicateurs sont « fortement débattus pour le moment et le seront au cours de ces deux jours, car certains pays ne veulent pas être identifiés comme faisant telle ou telle politique » aux effets plus ou moins préjudiciables sur les autres économies. Ce débat est pourtant nécessaire car, si la récession de 2009 a atténué les déséquilibres, ceux-ci se sont remis à croître depuis, a rappelé la ministre dans une interview sur France Info.

Quid de la recherche d'indicateurs communs

Parmi les priorités de la présidence française (une croissance mondiale « forte, équilibrée et durable », réforme du système monétaire international, lutte contre la volatilité des prix des matières premières, gouvernance mondiale), la recherche d'indicateurs communs semblait pourtant la plus aisée. Cinq sont en débat : les déséquilibres de la balance courante, les taux de change réels, les dettes et déficits publics, le montant des réserves de change, les taux d'épargne privé. Mais le choix de ces indicateurs est loin d'être neutre car le but est « de quantifier leur limite idéale », précise Christine Lagarde.

En novembre, lors du sommet du G20 de Séoul, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, avait proposé un seuil des déséquilibres des balances courantes de plus ou moins 4 % du PIB. Mais l'Allemagne puis la Chine, les deux premiers exportateurs mondiaux, s'étaient sentis visés et avaient tué dans l'oeuf l'initiative. Inversement, retenir la dette et le déficit public mettrait dans l'embarras les États-Unis qui «consomment et s'endettent», alors que «la Chine épargne et exporte et que l'Europe consomme et croît lentement», selon l'expression de Christine Lagarde. Le choix des indicateurs n'est donc pas seulement économique, mais aussi politique. Il n'est donc pas sûr, qu'une fois ces indicateurs arrêtés le Fonds monétaire international (FMI) «sera le mieux placé pour les faire respecter», estime Agnès Benassy-Quéré, chercheur au Cepii.

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