Kadhafi recourt aux grands moyens face à la révolte
latribune.fr avec Reuters
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Des soldats ont pris position vendredi dans la deuxième ville de Libye, Benghazi, où des milliers de personnes sont descendues dans la rue durant la nuit à la suite de tirs des forces de l'ordre contre des manifestants, qui ont fait plus de 20 morts selon une ONG.
L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) indique que, selon ses sources en Libye, les forces de sécurité ont tué au moins 24 personnes lors de leurs interventions contre les manifestants mercredi et jeudi.
Aux premières heures de vendredi, le numéro un libyen, Mouammar Kadhafi, est apparu brièvement sur la place Verte, dans le centre de la capitale Tripoli, au milieu de centaines de ses partisans. Il a salué la foule, par le toit ouvrant de sa voiture, mais n'a pas pris la parole.
A Benghazi, les forces de l'ordre ont tiré à balles réelles dans la nuit, tuant sept manifestants, rapporte le journal libyen Kourina, qui cite des sources proches des services de sécurité. Ce journal privé, dont le siège est à Benghazi, publie des photos où l'on voit plusieurs personnes gisant sur des civières, avec des bandages ensanglantés.
Un habitant vivant sur la principale artère de Benghazi, la rue Nasser, a déclaré vendredi matin que le calme était revenu dans la ville. Toutefois, a-t-il ajouté, "la nuit a été très difficile, il y avait beaucoup de monde dans les rues, des milliers de gens. J'ai aussi vu des soldats dans la rue. 'ai entendu des tirs, a-t-il ajouté. J'ai vu une personne tomber, mais j'ignore combien il y a eu de victimes".
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Des tirs à balles réelles sur la foule
Citant un témoin, la BBC-radio rapporte aussi que des heurts se sont produits entre les manifestants de Benghazi et les forces de sécurité, qui ont tiré à balles réelles. Des médecins ont dénombré dix tués dans cette ville de plus de 700.000 habitants, située à un millier de kilomètres à l'est de Tripoli.
De source autorisée à Benghazi, on précise que les heurts de la nuit se sont produits aux abords du pont Giuliana. Un autre habitant de la ville, qui dit avoir été en contact avec des résidents d'Al Baïda, une ville située à 200 km, a déclaré à Reuters: "La confrontation entre manifestants et partisans de Kadhafi se poursuit, certains policiers sont devenus agressifs (...). Il y a beaucoup de morts".
Des sources locales avaient fait état, un peu plus tôt, d'au moins cinq morts à Al Baïda. Deux habitants de Benghazi ont déclaré à Reuters que Saadi Kadhafi, homme d'affaires et fils du colonel Kadhafi, avait pris le commandement dans la ville. Saadi Kadhafi occupe un rang militaire élevé et a brièvement, par le passé, joué dans des clubs de football italiens.
Au total, des affrontements ont éclaté dans plusieurs villes jeudi à l'occasion d'une "journée de colère", inspirée par les mouvements de contestation tunisien et égyptien, qui ont fait tomber les présidents Zine ben Ali et Hosni Moubarak.
Les pires affrontements semblent avoir eu lieu en Cyrénaïque, dans l'est du pays, avec pour épicentre Benghazi, où la contestation du régime est historiquement plus marquée que dans d'autres régions. Les liaisons téléphoniques avec Al Baïda ne fonctionnent que par intermittence, et les autorités empêchent les journalistes de se rendre de Tripoli à Benghazi.
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Les obsèques des personnes tuées à Benghazi et Al Baïda devraient avoir lieu ce vendredi dans ces deux villes, où il n'est pas exclu qu'elles catalysent un peu plus le mécontentement et débouchent sur de nouvelles manifestations.
latribune.fr avec Reuters
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