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ÉconomieInternational

Peut-on recouvrir Fukushima de béton comme on l'a fait à Tchernobyl ?

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Publié le 18 mars 2011 à 12:56 - Mis à jour le 18 mars 2011 à 12:57

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Recouvrir d'une sorte de sarcophage de béton la centrale de Fukushima ? Le recours à cette solution utilisée lors de la catastrophe de Tchernobyl fait débat au Japon. Les autorités se refusent à envisager cette solution tant que les opérations de refroidissement pourront être maintenues. Leurs réticences tiennent au fait que cette opération est très complexe et rendrait inhabitable la région pendant des décennies.

Les autorités japonaises n'évoquent pas volontiers les mesures qu'il conviendrait de prendre si les opérations de la dernière chance à Fukushima n'aboutissaient pas. Pour le moment, elles assurent se concentrer sur le refroidissement des six réacteurs de la centrale nucléaire et de leurs piscines de stockage du combustible usagé. Mais ce discours de circonstance se heurte à la dure réalité. Jusqu'à présent, ni l'armée, ni les pompiers, ni les salariés de la centrale ne sont parvenus à faire redescendre la chaleur dans les piscines où, d'ordinaire, l'eau circule en permanence et garde les barres de combustible à une température raisonnable. Voilà pourquoi Tokyo Electric Power (Tepco) n'exclut plus de recourir aux mêmes moyens qu'à Tchernobyl en 1986.

Il faudrait laisser le site à ciel ouvert pendant au moins plusieurs semaines

L'un des responsables de la société propriétaire de la centrale nucléaire l'a reconnu à mi-mots ce vendredi : "il n'est pas impossible de recouvrir les réacteurs de béton mais notre priorité actuellement est d'essayer de les refroidir". On peut les comprendre. D'abord la chaleur empêcherait de poser un sarcophage durable en béton autour du site. Le sable versé sur du combustible en chaleur risque en effet de se transformer en verre. Installer cette structure supposerait donc de laisser la centrale nucléaire partiellement à ciel ouvert pendant des semaines, voire des mois, au risque de laisser les particules radioactives continuer à s'échapper du site.

Les experts indépendants reconnaissent volontiers que la décision n'est pas facile à prendre. "Les réacteurs sont un peu comme des machines à café. Si on les laisse chauffer, l'eau s'évapore complètement et ils se fissurent, explique Murray Jennex, professeur à l'université de San Diego en Californie. Mettre du béton là-dessus ne rendrait pas la machine à café plus sûre. Mais au final, oui, vous pouvez faire un bouclier de béton et en finir."

A Tchernobyl le premier sarcophage s'est fissuré

On se souvient qu'à Tchernobyl, une armée de "liquidateurs" envoyée par le Kremlin était parvenue à enterrer le réacteur sous des tonnes de sable et à recouvrir l'ensemble d'un container en béton, qualifié de "sarcophage", après des mois d'incendie et d'explosions. Mais il convient de rappeler que cette chappe n'avait pas été posée correctement et qu'avec le temps elle s'était fissurée, laissant s'échapper des particules radioactives dans l'atmosphère et dans l'eau. Le sarcophage, qui reposait en partie sur les murs délabrés du réacteur, avait donc dû être renforcé. En 2004, le gouvernement ukrainien avait lancé un appel d'offre pour construire une nouvelle arche destinée à éviter de nouvelles fuites radioactives. Le contrat avait confié en 2007 à un consortium  dont Bouygues et Vinci sont les chefs de file. Les travaux seront terminés au mieux en 2012.

À lire également

  • Ultime tentative pour refroidir la centrale japonaise
  • Tchernobyl : ce consortium français qui construit le nouveau sarcophage

Compte tenu du nombre de réacteurs endommagés à la centrale de Fukushima-Daiichi, les experts estiment que la réédition de la technique mise en oeuvre à Tchernobyl sera encore plus complexe et risquée. Et personne ne se hasarde à évaluer la distance de sécurité qu'il conviendrait de maintenir autour de la zone pour éviter la contamination des habitants de la région. Vingt-cinq ans après, à Tchernobyl, persiste toujours une zone interdite d'un rayon de 30 km autour du site.

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