L'Italie prépare un bouclier anti-OPA étrangères

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L'Italie travaille à un texte limitant la capacité des entreprises étrangères de monter au capital de sociétés italiennes dans des secteurs clés comme l'alimentaire, les télécommunications ou l'énergie. Cela vise, de fait, surtout les entreprises françaises.

Rachat de Bulgari par LVMH, tentative d'OPA de Lactalis sur Parmalat... Considérant que ses fleurons nationaux doivent rester italien, Rome a décidé de riposter. Le gouvernement italien veut à cet effet limiter les prises de participations de groupes étrangers dans le capital de sociétés italiennes jugées stratégiques.

Le cabinet de Silvio Berlusconi a d'abord pris mercredi un décret permettant de repousser à fin juin la tenue d'assemblées générales de sociétés italienens côtées, à l'instar justement de celle de Parmalat convoité par le Français Lactalis, ce qui permettrait aux industriels et financiers de la Péninsule de disposer de plus de temps pour organsier une contre-offre.

Les autres mesures devraient suivre rapidement et être présenétes au parlement italien.

"Le ministre de l'Economie et des Finances [Giulio Tremonti] a exposé au conseil des ministres d'autres hypothèses d'interventions législatives qui pourront d'ailleurs prendre la forme d'amendements à ce décret-loi et, le cas échéant, prévoir une consultation européenne" précise un communqiué de la Présidence du conseil italien. 

A l'étude figueraient des mesures de protection pour les secteurs de l'agroalimentaire, des télécommunications, de l'énergie et de la défense.

Ce dispositif anti-OPA,  déjà évoqué par le ministre de l'Economie Giulio Tremonti la semaine dernière, serait fondé sur un principe de réciprocité. Le système permettrait aux sociétés ciblées de recourir aux mêmes moyens de défense que ceux autorisés dans le pays de l'acquéreur, précise-t-on.

Les Italiens insistent en fait sur le fait que ces mesures s'inspirent du dispositif mis en place par la France en 2005-2006. A l'époque, le gouvernement français avait souhaité mettre à l'abri des OPA initiées par des groupes étrangers, dix secteurs industriels parmi lesquels les casinos, les activités de sécurité, la biotech ou la sécurité des systèmes informatiques, la cryptologie et, bien sûr, l'armement. Il s'agissait pour le gouvernement d'empêcher au cas par cas les vélléités de fusion-acquisition dans ce secteurs.

Mais, bien que Danone fut à l'époque la cible potentielle de PepsiCo, le secteur alimentaire ne fut pas intégré à cette liste. Pas plus que l'énergie alors qu'un groupe brésilien avait, à cette époque, des visées sur Eramet. Or le dispositif italien comprend justement l'alimentaire et l'énergie. Et pour cause ! Deux groupes français tentent depuis quelques semaines de prendre le contrôle ou de conforter leurs positions dans des fleurons de la péninsule opérant, l'un dans l'alimentaire, Parmalat, l'autre dans l'énergie, Edison.

En 2005, l'initiative française, lancée par le Premier Ministre Dominique de Villepin, visait justement à se défendre des vélléités de rachat du groupe français Suez, convoîté par Enel, l'équivalet italien d'EDF...

La liste des secteurs envisagés par l'éxécutif de Silvio Berlusconi est d'ailleurs clairement inspirée des cas les plus médiatiques de tentatives de rachat de firmes italiennes ces dernières années.

Hormis l'agroalimentaire avec les visées du français Lactalis sur l'Italien Parmalat (le groupe français avait déjà avalé il y a quelques années son homologue italien Galbani, producteur, entre autres, de ricotta), les télécommunications est un domaine où le pouvoir politique a pesé de tot son poids pour éviter que l'ex-monopole Telecom Italia ne passe sous la férule de Rupert Murdoch ou même de l'Espagnol Telefonica.

Le décret étudié par Rome devrait en tout cas donner du grain à moudre à la Commission européenne.

Interrogé sur ce possible décret, le porte-parole du commissaire européen au marché intérieur Michel Barnier indiquait mercredi "vouloir être vigilant sur le respect de la législation européenne en matière de concurrence et de marché intérieur".

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a écrit le 27/03/2011 à 9:04 :
Il existe des règles européennes et il s'agit de les respecter, sinon pourquoi appartenir à l'Europe.
a écrit le 25/03/2011 à 10:55 :
Chers amis français , voci une petite liste des marques italiennes en possession del la France: BNL, Galbani, Invernizzi , Locatelli ,Coin Oviesse, Upim ,Sma, GS, Bulgari etc.----Je ne crois pas que nous Italiens sommes plus protectionnistes de vous français.....
a écrit le 24/03/2011 à 14:12 :
À défaut de mieux pour se défendre, pourquoi-pas? Dans une zone euro ou règne la loi du plus fort il faut recourir à des stratagèmes et astuces pour pouvoir survivre.
Réponse de le 24/03/2011 à 15:32 :
Surtout quand on n'est pas le plus fort. Aprés ça, si cela ne marche pas ce sera le faschisme! À moins que nos politiciens se décident enfin à créer une union fiscale!
a écrit le 24/03/2011 à 13:55 :
L?Italie n?a pas les moyens de ses ambitions. Prenez ALITALIA et son armée mexicaine sauvée in extremis de la banqueroute par AF qui l?a sévèrement restructurée depuis. Montedison qui s?est offert contre son gré mais pour son plus grand bien EDF, comme opérateur industriel après moult man?uvres dilatoires. Sans compter PARMALAT victime de l?escroquerie retentissante à 14 milliards d?euros de ses anciens propriétaires. Alors loi ou pas du populiste BERLUSCONI qui veut faire oublier ses frasques ; l?Italie par son impéritie aura du mal à conserver tous ses fleurons.
Réponse de le 25/03/2011 à 5:23 :
"pas les moyens de ses ambitions" quels moyens et quelles ambitions?
Mais le fatalisme n'a jamais été Italien ou Romain. On se defend comme on peut avec les moyens qu'on a et si on en a pas on s'en crée. Selon vous alors les pays moins forts devraient se laisser avaler par les plus forts sans essayer de se defendre? Quand il s'agit de survivre même la trahison est acceptable.
Voire la France et son Marechal!
a écrit le 24/03/2011 à 13:09 :
Chers amis français
s'il vous plaît pas de leçons pour nous Italiens , nous avons suivi votre exemple!
a écrit le 24/03/2011 à 8:51 :
Pas très européen ça, M Berlusconi !!!
Réponse de le 25/03/2011 à 5:29 :
Et l'axe Franco-allemand vous trouvez ça européen? L'Europe c'est 27 pays égaux, il faudrait peut-être que quelqu'un explique ça à M Sarkozy et à Mme Merkel!
Réponse de le 25/03/2011 à 10:20 :
Dans un groupe il faut des leaders, vous ne savez pas ça "Axe"
a écrit le 23/03/2011 à 16:46 :
Sarkozy part en guerre, échéance présidentielle 2012.
Berlusconi instaure un bouclier, échéance législative 2013.
Zapatero ne dit plus rien, échéance 2012.
Les Portugais n'ont plus de sous.
Va t-il y avoir une scission Europe Nord / Sud?
Réponse de le 23/03/2011 à 17:17 :
Et la France, vous la mettez ou? On pourrait commencer par rendre aux Italiens la Savoie, la corse et PACA comme-ça se serait forcement le Nord.
Apres la scission est/ouest voilà maintenant le nord/sud?
Réponse de le 24/03/2011 à 12:25 :
Et pourquoi pas toutes les entreprises françaises qui terminent par i : Panzani, Sanofi, Vinci, Cap gemini etc ? Nexity ca compte aussi ?
a écrit le 23/03/2011 à 16:17 :
Je suis peut-être un peu lent alors il faut qu'on explique. Comment se fait-il que les sociétés EU soient considérées comme "étrangères" au sein de l'Union au même titre que des ents US ou autres???? Y a comme un vrai problème alors.....quelle est donc cette EU? Italienne ou allemande elle sont certes "étrangères" à l'état de l'union mais elle sont européennes et donc cette mesure est illégale??????
Réponse de le 24/03/2011 à 11:01 :
c'est parce que votre point de vue est minoritaire, par rapport a ce que pense les citoyens des Etat de l'UE
a écrit le 23/03/2011 à 15:31 :
une différence doit être faite entre fonds hors Europe , où même hors zone Euros.la notion de l' International devrait avoir un autre sens aujourd'hui dans une Europe qui se veut unie .
a écrit le 23/03/2011 à 14:21 :
Pas comme la France où 70% du CAC est détenu par USA
a écrit le 23/03/2011 à 13:19 :
Normal.
a écrit le 23/03/2011 à 13:09 :
BRAVO...IL Y A LONGTEMPS QUE LA FRANCE AURAIT DU LE FAIRE .
Réponse de le 23/03/2011 à 13:37 :
La France l'a fait en octobre 2008 sous l'impulsion de N Sarkozy.Cela s'appelle le fonds stratégique d'investisseemnt (FSI) qui est sous l'égide de la caisse des dépots ( CDC) .Le montant alloué est de 20milliards d'euro alimenté par la caisse.
Vous voyez que l'on a sans le savoir de l'avance !
Réponse de le 23/03/2011 à 15:49 :
Yoplait vendu à General Mills il y a quelques semaines, où etait ce fameux FSI ??
Réponse de le 23/03/2011 à 16:40 :
Dans Yoplait, il n'y a rien de stratégique et tout reste en France. G Mills avait déjà une licence pour les USA.
Réponse de le 23/03/2011 à 17:56 :
Laurent ,vous avez raison car déninir une entreprise stratégique c'est une notion large qui n'a pas interressé les pouvoirs publics.Il y a eu beaucoup de querelles sur ce sujet.
a écrit le 23/03/2011 à 13:09 :
Pourqoi la France n'a-t-elle fait cela pour notre sidérurgie ?nos usines de filatures ,tissages et toutes les autres ? Cela aurait couté moins que toutes les sommes mises pour payer le chomage j'en suis persuadé ....Mais cela n'aurait pas permis l'enrichissement outrancier des grosses fortunes !
Réponse de le 23/03/2011 à 16:41 :
Ce sont des industries sans avenir, à quoi bon dépenser des milliards là dedans ? C'est de l'argent perdue. Il vaut mieux mettre l'argent dans de nouveaux secteurs à forte valeur ajoutée comme l'ont fait d'autres pays avec succès.
Réponse de le 23/03/2011 à 18:21 :
C'était des puits sans fonds
Réponse de le 23/03/2011 à 20:20 :
Que savez vous des aciers spéciaux ? et maintenant avec le pétrole la ferraille pour le gros oeuvre va etre donnée je pense !A force de ne plus rien fabriquer , les " AUTRES " ne pourront-ils pas faire le prix qu'ils veulent ?
a écrit le 23/03/2011 à 12:37 :
C'est une bonne idée

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