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ÉconomieInternational

L'Europe repousse aux calendes grecques la solution à sa crise de la dette

latribune.fr (avec Reuters)

Publié le 25 mars 2011 à 17:21 - Mis à jour le 25 mars 2011 à 17:23

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Portugal, Espagne, Irlande, Grèce: l'UE ne parvient pas à éteindre le feu de la crise de la dette dans ces pays. Alors que les 27 ont entériné vendredi une gouvernance économique renforcée, la crise politique et financière à Lisbonne laisse l'Europe en plein désarroi.

Face à la crise politique au Portugal, aux incertitudes sur l'état de santé des banques irlandaises et à ses propres difficultés à finaliser les instruments de soutien à l'euro, l'UE s'est donnée vendredi jusqu'à fin juin pour éteindre la crise de la monnaie unique.

Lors d'un sommet consacré de longue date à la réponse "globale" à la crise, les Européens ont certes présenté une vaste réforme de la gouvernance économique et des instruments de soutien à l'euro mais ces annonces risquent de ne pas suffire pour calmer les inquiétudes des marchés à court terme.

"Les avancées enregistrées lors du sommet européen sont, comme attendu, relativement maigres et apparaissent neutres en terme de valorisation des marchés, avec une certaine déception concernant l'Irlande", expliquent des économistes de Goldman Sachs dans une note publiée vendredi.

La perspective d'un plan d'aide au Portugal, où le Premier ministre n'a pas pu faire adopter au Parlement le dernier train de mesures d'économies annoncé le 11 mars et a présenté sa démission quelques heures avant de rejoindre Bruxelle s , a largement parasitée le sommet.

Le Portugal se refuse à demander une aide

Comme attendu, malgré la pression de ses pairs, José Socrates n'a pas formulé de demande d'aide et sa démission repousse désormais la perspective d'un appel à l'aide à dans deux mois au moins, le délai minimum requis pour organiser des élections.

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Le Portugal doit affronter d'ici là une conjoncture difficile, avec neuf milliards d'euros environ d'échéances de refinancement de sa dette d'ici le mois de juin, le tout alors que le pays a dit lundi anticiper une nouvelle récession en 2011 et que deux agences de notation ont abaissé sa note souveraine de deux crans.

Suite à ces annonces, le taux de rendement de l'emprunt portugais à 10 ans a bondi à plus de 8% et touché un nouveau record depuis la création de l'euro.

Vendredi, les responsables portugais ont cherché à rassurer les investisseurs en s'engageant à tenir les objectifs de contrôle budgétaire annoncés début mars, un point sur lequel ont également insisté Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Les dirigeants européens ont également rappelé que l'Union européenne était prête et disposait des instruments nécessaires pour aider le pays en cas de besoin.

L'Espagne dans l'oeil du cyclone

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) dispose largement de la capacité de prêt suffisante pour porter au pays une aide estimée à environ 75 milliards d'euros mais la situation pourrait se tendre si les marchés venaient à tourner à nouveau leur attention vers l'Espagne.

Madrid semble pour le moment à l'abri d'une telle perspective après avoir mis en oeuvre au cours des denriers mois un ambitieux programme de réformes structurelles.
Le président du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a assuré vendredi qu'un accord serait trouvé rapidement sur la révision du cadre national de négociations collectives, dernière pièce du puzzle des réformes structurelles.

La situation irlandaise en revanche est plus préoccupante et l'inquiétude grandit à Bruxelle s sur la bonne santé des banques, actuellement soumises des "stress tests".
Le Premier ministre Enda Kenny a déclaré que les résultats de ces tests de résistance, attendus pour jeudi 31 mars, conditionneraient toute décision sur le plan d'aide, ce qu'a confirmé Herman Van Rompuy. Dublin souhaite par ailleurs renégocier à la baisse les termes de son plan d'aide mais n'a pu encore s'entendre avec ses partenaires européens, qui lui demandent en échange de faire un "geste" pour faire converger son avantageuse fiscalité des entreprises avec le reste de l'UE.

Les situations portugaise et irlandaise sont une ombre importante au tableau de la réponse "globale" à la crise mais la réforme du fonds temporaire de soutien à l'euro, conditionnée au résultat des élections en Finlande, tiendra aussi les marchés en haleine dans les prochaines semaines. Plusieurs partis finlandais s'opposent à un relèvement des garanties apportées au mécanisme pour lui garantir une note maximale AAA et souhaitent renégocier l'accord trouvé en mai dernier une fois le nouveau gouvernement installé après le scrutin du 17 avril.

Il va falloir convaincre le Parlement

S'ils se sont entendus sur une réforme ambitieuse du Pacte de stabilité et de croissance, les Vingt-Sept devront désormais accorder leurs violons avec le Parlement européen, qui co-décide sur ce dossier et dont la position sera arrêtée mi-avril. Ils espèrent valider un accord final lors d'un nouveau sommet européen fin juin.
Enfin, les résultats de la troisième série de "stress tests" bancaires lancés au début du mois afin de rassurer les investisseurs après la crise irlandaise ne seront pas non plus connus avant la fin juin et ouvriront une période de recapitalisation du secteur dans plusieurs pays.

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La crise actuelle de l'euro est vue par beaucoup d'analystes et économistes comme avant tout une crise bancaire mais ces derniers estiment également que l'UE ne s'en sortira pas avant d'avoir réglé le problème de la soutenabilité de la dette grecque qui avait, fin 2009, lancé la séquence actuelle.

latribune.fr (avec Reuters)

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