La fièvre acheteuse gagne les groupes des pays émergents

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Infographie La Tribune/MPOTTIER
Infographie La Tribune/MPOTTIER
Selon le consultant A.T. Kearney, les rachats d'entreprises de pays développés par des sociétés émergentes ont rebondi de 28% en 2010.

L'appétit des entreprises des pays émergents s'aiguise et devrait s'ouvrir encore davantage. Selon un rapport du consultant en stratégie A.T. Kearney, les achats d'entreprises des pays industrialisés réalisés par des sociétés issues de pays émergents ont rebondi de 28% en 2010 pour atteindre 493 transactions, contre 386 opérations en 2009.

La page de la crise financière n'a pas été tout à fait tournée, le record historique de 2008 avec 635 « deals » conclus restant inégalé. Mais David Weill, associé et vice-président du bureau de Paris d'A.T. Kearney prévient : "cette étude confirme la tendance lourde du basculement progressif des forces économiques et le processus va s'accélérer." "Nous prévoyons que 50% du produit intérieur brut mondial sera réalisé par les pays émergents à horizon 2024" ajoute le responsable, ce qui ne manquera pas de renforcer les moyens et les ambitions des sociétés de ces régions.

Sur la période 2002-2010, les entreprises acquéreuses issues des "turbo-économies" sont originaires pour 23,8% d'Inde, 16% de Chine et 11,7% de Malaisie. Des données compilées par Thomson Reuters pour La Tribune confirment le dynamisme retrouvé des entreprises émergentes en matière d'acquisitions. Au premier trimestre 2011, elles ont réalisé ou annoncé 200 rachats dans les pays développés contre 178 pour la période correspondante de 2010. Le montant collectif de ces achats a atteint 34,15 milliards de dollars, contre 13,16 milliards de dollars au premier trimestre 2010.

Les services attirent

Vendredi, la Commission européenne a autorisé le conglomérat chimique China National Bluestar à racheter le producteur norvégien de silicium Elkem. Cette opération avait été annoncée en janvier pour un montant de 2 milliards de dollars. Le conglomérat Quinenco vient pour sa part de reprendre les activités dans l'aval du groupe pétrolier Shell pour 614 millions de dollars. Et, d'après le Wall Street Journal, le géant américain TPG s'apprête à céder 5% de son capital au fonds souverain singapourien GIC et au koweïtien KIA.

Selon A.T. Kearney, le secteur des services a représenté 15% des acquisitions réalisées par les émergents dans les économies mûres entre 2002 et 2010, contre 14% pour celui de la grande consommation et de la distribution, autant pour celui de l'informatique et de l'électronique. L'énergie et les industries de transformation ne pèsent que 11% dans le total, et les exploitations minières, 4%.

"On constate une véritable diversification des intérêts, notamment vers les sociétés de services informatiques, l'automobile ou l'industrie du câble", relève David Weill. "Les opérations restent parfois motivées par le souhait d'acquérir des technologies, mais beaucoup moins que par le passé", affirme le responsable. "Les rachats ont surtout vocation à aider les acquéreurs à occuper rapidement une taille significative sur un marché, en gagnant l'accès aux forces de vente et de marketing des sociétés visées ainsi qu'à leurs grands clients", ajoute-t-il.

Autre motivation : "le rachat de marques prestigieuses afin de nourrir son marché intérieur, comme l'a fait le constructeur automobile chinois Geely en reprenant Volvo". A.T. Kearney s'attend à ce que, à l'avenir, les fusions-acquisitions se renforcent dans la banque et l'assurance, les services informatiques et la sous-traitance en matière de recherche et développement.

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Commentaires
a écrit le 04/04/2011 à 17:37 :
Cela permet 1) d'effectuer un transfert de technologie bon marché; 2) d'avoir des parts de marché immédiates dans les pays développés et 3) pour les Chinois d'investir leurs dollars dans des actifs palpables.

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