Le système de modération d'AliExpress est jugé « dramatiquement sous-dimensionné » par la Commission européenne, qui lui inflige 550 millions d'euros d'amende. La plateforme dispose de trois mois pour corriger ses failles face aux produits illégaux.La Commission européenne a annoncé, ce lundi 20 juillet, qu'elle infligeait une amende de 550 millions d'euros au site d'e-commerce chinois AliExpress. Plus de deux ans après l'ouverture de l'enquête en mars 2024, cette décision est la troisième sanction de non-conformité au titre de la directive européenne sur les services numériques (DSA). Elle fait suite à celles visant X et Temu. Il s'agit de la pénalité financière la plus élevée jamais prononcée par Bruxelles sous ce régime réglementaire entré en vigueur en 2022.
Le cadre législatif européen impose aux très grandes plateformes d'évaluer et de réduire rapidement les risques liés à la distribution de marchandises non conformes. En dépit de ce montant record, la pénalité reste mesurée : rapportée au chiffre d'affaires mondial du groupe Alibaba, qui s'élevait à 122 milliards de dollars en 2025, elle représente moins de 1 % du plafond légal de 6 % autorisé par le texte. Dans son calcul, la Commission a en effet retenu la nouveauté du DSA comme une circonstance atténuante.
L'amende se divise en deux volets distincts. Un montant de 110 millions d'euros sanctionne les manquements relatifs à l'évaluation des risques sur la période 2023-2024. Cette somme est proportionnellement plus clémente que les 200 millions d'euros infligés à Temu pour une seule année, Bruxelles ayant jugé l'évaluation de ce dernier bien plus déficiente.
Le reste de la sanction, soit 440 millions d'euros, punit les défaillances directes dans l'application des mesures d'atténuation. L'an dernier, l'exécutif européen avait accepté des engagements de la plateforme sur la transparence de ses algorithmes pour régler d'autres griefs à l'amiable, tout en poursuivant ses enquêtes sur ces failles opérationnelles critiques.