Les patrons israéliens s'inquiètent du blocage du processus de paix régional

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Les patrons israéliens veulent éviter des sanctions internationales ou un boycott du pays.

De plus en plus de patrons israéliens redoutent un désastre économique si la communauté internationale reconnaît un Etat palestinien en septembre. Plus de quatre-vingt d'entre eux, dont plusieurs très influents, tel Idan Ofer, principal actionnaire d'Israel Corporation, plus important holding du pays, pressent le gouvernement de Benjamin Netanyahu de présenter d'urgence un plan de paix pour parvenir à un accord avec Mahmoud Abbas, le président palestinien. Selon eux, une telle solution permettrait d'éviter qu'Israël soit la cible de sanctions internationales comme l'avait été l'Afrique du sud à l'époque de l'apartheid. "Dans le passé, les patrons se sont abstenus de prendre position sur le processus de paix, mais la situation actuelle nous oblige à agir pour défendre l'économie et éviter un boycott d'Israël", souligne Idan Ofer.

Cette mise en garde sans précédent a été lancée avant le départ de Benjamin Netanyahu pour les Etats-Unis où il doit rencontrer aujourd'hui Barack Obama et prononcer lundi un discours devant le Congrès. La plupart des commentateurs sont toutefois pessimistes. Benjamin Netanyahu a en effet souligné avant son départ que le président palestinien n'est plus un partenaire depuis l'accord de réconciliation que son parti, le Fatah a conclu récemment avec les islamistes du Hamas. Bref, il semble pratiquement certain que Mahmoud Abbas demandera une reconnaissance d'un Etat palestinien à l'ONU qu'il a toute chance d'obtenir.

Dans ce cas, estime une partie des chefs d'entreprises, Israël pourrait se voir imposer des sanctions si l'occupation de la Cisjordanie et de la partie arabe de Jérusalem perdure. Idan Ofer prévoit dans ce cas "des faillites, une fuite des capitaux" et la fin d'une belle croissance qui devrait une nouvelle fois dépasser les 4% cette année.

Un diagnostic partagé d'anciens chefs du Mossad, les services secrets, tels Dany Yatom, du Shin Beth, le service de sécurité intérieure, comme Yaakov Pery devenu patron de la banque Mizhahi-Tefahot, numéro un pour le financement de l'immobilier, l'ex-chef d'état major, le général Amnon Lipkin-Shahak, et Youval Rabin, le fils de l'ancien Premier ministre Yitzhak Rabin assassiné par un extrémiste de droite en 1995. Tous ont présenté récemment une "initiative de paix" prévoyant un retrait total de Cisjordanie et un partage de Jérusalem. Une proposition qui pourrait convaincre Mahmoud Abbas de renoncer à proclamer unilatéralement l'indépendance, mais qui n'a aucune chance d'être adoptée par Benjamin Netanyahu.

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