Nicolas Sarkozy appelle le G20 à "changer la vie d'un milliard de paysans"

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Dans son discours d'accueil des ministres de l'Agriculture du G20, Nicolas Sarkozy a appelé les pays du G20 à adopter son plan contre la volatilité des prix agricoles.

"En adoptant ce plan, vous pouvez changer non seulement la vie d'un milliard de paysans mais le cours même du capitalisme, pour qu'il retrouve un sens : contribuer au développement et au bien-être des populations". Dans un discours aux accents lyriques, Nicolas Sarkozy a accueilli les ministres de l'Agriculture des pays du G20 en les mettant face à leurs responsabilités : "le monde entier compte sur vos décisions, sur votre action, le monde entier ne peut pas attendre". Selon le président français, hôte du G20 qui doit se tenir à Cannes en novembre, le plan de lutte de la volatilité, fruit de huit mois de tractations et de négociations en coulisses entre la présidence française du G20 et les acteurs mondiaux du secteur de l'agriculture (ministres de l'Agriculture et des Affaires étrangères du G20, organisations agricoles internationales, ONG...), doit ni plus ni moins qu'"assurer la sécurité alimentaire du monde".

Fier de son plan en cinq points, pilier pour l'action à venir, Nicolas Sarkozy a défendu les principes généraux sur lesquels l'ensemble des pays pourrait se mettre d'accord. Caroline Spelman, ministre britannique de l'Agriculture, a affirmé hier qu'elle n'avait "aucun doute" sur le fait d'aboutir à "un accord général sur les principes". Nicolas Sarkozy a ainsi plaidé pour l'augmentation de la production, "car c'est déjà aujourd'hui que la pénurie se fait sentir", et dénoncé le fonctionnement des marchés agricoles, "les moins transparents de tous les marchés". Le président a défendu une plus grande régulation des marchés agricoles, suggéré la création d'un "forum" pour "interdire les restrictions à l'exportation pour l'achat d'aide alimentaire d'urgence".

Mais au-delà des principes généraux, le texte que Nicolas Sarkozy compte soumettre à l'approbation des ministres de l'Agriculture du G20 devrait ne pas comporter beaucoup d'avancées concrètes. Les débats entre ministres ont mis sur le devant de la scène un "système d'information sur les marchés agricoles" (Amis), recensant toutes les données sur l'état de la production et des stocks, soutenue par beaucoup de pays. Problème : la Chine et l'Inde ne veulent pas livrer ce genre d'informations. Le dîner de mercredi soir entre les ministres de l'Agriculture du G20 va-t-il permettre d'obtenir un consensus sur le sujet délicat des stocks, dont l'opacité affole les marchés et pèse sur la volatilité des prix, selon l'OCDE et la FAO ?

Positions difficilement conciliables au delà des principes généraux

Sur la régulation des marchés financiers, également à l'ordre du jour, les positions semblent tout aussi difficilement conciliables. Pour la ministre de l'agriculture anglaise Caroline Spelman, "les ministres de l'agriculture ne sont pas tous d'accord pour dire que la spéculation fait partie des causes essentielles de la volatilité des prix". Preuve de la sensibilité du sujet, notamment pour des pays très attachés à la liberté des marchés tels que le Royaume-Uni ou l'Australie, le terme "spéculation" n'apparaîtra pas, selon la délégation anglaise, dans le texte final.

Les sujets de discorde, ou de mésentente sur les termes, sont nombreux. Si le G20 agricole n'aboutit qu'à une déclaration générale, s'agira-t-il pour autant d'un échec ? Les économistes et spécialistes de l'agriculture sont presque tous unanimes. "Le G20 va certainement accoucher d'une souris, mais l'effort diplomatique est louable", estime Jean-Christophe Bureau, économiste à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Le point de vue est partagé par Jacques Carles, le délégué général de Momagri. "Il ne faut pas oublier que c'est la première fois que l'agriculture est en tête des préoccupations internationales dans un G20. Une déclaration commune sur les principes serait la première impulsion politique, déterminante pour lancer une véritable réflexion sur l'avenir de l'agriculture".

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